La Maison des Reflets – Camille Brissot

 

Titre : La maison des reflets

Auteur : Camille Brissot

Editeur : Syros

Date de Parution : 2 Février 2017

 

 

  • Résumé (éditeur) :

Depuis 2022, les Maisons de départ ressuscitent le morts grâce à des reflets en quatre dimensions qui reproduisent à la perfection le physique, le caractère, et le petit je ne sais quoi qui appartient à chacun. Les visiteurs affluent dans les salons et le parc du manoir Edelweiss, la plus célèbre des Maisons de départ, pour passer du temps avec ceux qu’ils aiment. Daniel a grandi entre ces murs, ses meilleurs amis sont des reflets. Jusqu’à ce qu’il rencontre Violette, une fille imprévisible et lumineuse… Bien vivante.
Qui accepterait de laisser partir un être cher s’il pouvait le garder à ses côtés pour toujours?

 

  • Avis :

Le roman nous présente Daniel qui a grandi dans une maison de départ entre son père, toujours au travail, et sa gouvernante. N’étant presque jamais sorti de chez lui, les seuls rapports amicaux que connait le jeune homme sont ceux des reflets qui peuplent la maison et qui sont, pour lui, aussi réel que les humains qui peuplent la ville alentour.

Ce point de départ propose donc une réflexion sur les reflets eux-mêmes. Sont-ils humains ou non ? Permettent-ils vraiment aux gens de faire leur deuil ou, au contraire, les font-ils entrer dans une phase de déni en leur permettant presque d’oublier la mort de la personne qui leur était chère ? Dans notre monde actuel où les hologrammes commencent à prendre de la place, les Maisons de Reflets deviennent des endroits tangibles assez faciles à imaginer. Et on se prend à se demander ce que l’on ferait, nous, s’il nous était possible de créer le reflet d’une personne aimée et disparue. Un reflet semblable trait pour trait avec lequel discuter et où se retrouverait la personnalité du décédé…

Le roman pose ces questions avec douceur et intelligence, notamment grâce à Daniel qui évolue au fil des pages, découvrant un monde qu’il n’imaginait finalement pas. A ne voir qu’un seul côté des éléments, on oublie souvent qu’il y en a un deuxième, parfois aussi intéressant que le premier ou, tout au moins, différent. Madame Elia, la préceptrice de Daniel, est l’un des pivot du roman, le poussant à se poser des questions et à aller chercher des réponses, au-delà de sa zone de confort habituelle. Le roman nous pousse d’ailleurs à sortir de la nôtre en nous invitant à réfléchir à ce que les nouvelles technologies peuvent permettre de faire. Les Maisons de Reflets sont en quelque sorte une manière de chercher à défier la Mort et j’ai beaucoup aimé le parallèle avec les citations de début de chapitres qui renvoient aussi bien au folklore qu’à des histoires connues de tous.

J’ai trouvé qu’il était vraiment question de dualité dans cet ouvrage, choses qui m’a particulièrement plu. Qu’il s’agisse du monde extérieur en opposition avec l’intérieur de la maison, de Violette en double d’Esther, de la différence entre l’absence du père de Daniel et la présence virtuelle de sa mère, de la communication par lettres alors que la technologie est si présente, de la mort qui ne l’est plus tout à fait alors même que les reflets ne sont pourtant pas totalement la vie… L’histoire navigue entre ces oppositions et entraîne le lecteur à sa suite, l’invitant à réfléchir comme à se laisser porter par l’intrigue qui se dévoile peu à peu, ne rendant que plus avide d’en savoir plus sur le fin mot de l’histoire.

En bref un roman prenant qui propose une réflexion sur le deuil pleine de douceur et très actuelle. Un joli coup de cœur en ce début d’année !

Merci à Véronique et aux éditions Syros pour cette belle découverte ~

 

« Il n’y a rien de pire que de voir un proche nous être arraché, sans nous laisser la chance de poser le point final à l’histoire que nous écrivions ensemble. »

« Face à un deuil, on est toujours seul, il me semble. C’est un gouffre qui se creuse en nous, et personne ne peut en imaginer la profondeur car il faudrait oser s’en approcher, se pencher au-dessus du vide, perdre soi-même une partie de son équilibre. Et tout ça pour quoi ? Pour découvrir l’épaisseur du chagrin qui se cache au fond et réaliser que la petite flamme que l’on a apporté s’y noiera aussitôt. Alors, on fait un pas en arrière. On se dit que la tristesse passera avec le temps, ou des formules de ce genre. Je suppose que c’est vrai, même si c’est un peu cruel. »

 

Entre dans

cof

15 / 50

Et dans

hp5-8110

Bague de Gaunt : lire un livre où la famille est centrale à l’intrigue – 20 points

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4 réflexions sur “La Maison des Reflets – Camille Brissot

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