Merveilles & Légendes de Korrigans « Petits contes secrets » – Pascal Moguérou

Titre : Merveilles & Légendes de Korrigans « Petits contes secrets »

Auteur : Pascal Moguérou

Editeur : Au Bord des Continents

Date de Parution : 23 Avril 2014

 

 

  • Résumé (éditeur)

On trouve dans ce ‘grimoire ancien’ dédié aux lutins vivant dans les contrées septentrionales de l’Europe, une présentation de chacune des tribus (ceux des landes, des forêts, des rivages…) mais aussi de nombreux contes, concoctés et illustrés par le maître en la matière, Pascal Moguérou, où le merveilleux, la nostalgie de l’enfance et l’amour associé au respect de la nature transparaissent entre chaque ligne.

 

  • Avis:

La date de sortie de Sombres Féeries étant venue, je me suis dit qu’il était VRAIMENT temps de sortir cet ouvrage-ci de ma PAL avant d’en ajouter un autre. Ça tombe bien : avec les week-end de trois jours, j’ai du temps pour me poser tranquillement !

Je dis tranquillement car, si en général je lis un peu partout, les livres illustrés sont plutôt pour moi des moments où j’aime avoir ma bulle pour pouvoir les parcourir visuellement tout autant que les lire. Et puis, pensez donc si je lisais ce genre d’ouvrage dans le métro ! Que direz les gens en me voyant baisser le nez sur ma lecture pour le relevez un long moment plus tard, les cheveux ébouriffés par le vent de la lande et des feuilles dans les cheveux ?!

Bref, j’ai donc profité d’un moment « bulle » pour partir sur les traces des Korrigans. Je me suis perdue entre les pages, j’ai visité des lieux empreints de magie, j’ai rencontré des personnages attachants, j’ai regardé passer les saisons et je suis revenue… La première chose à savoir concernant cet ouvrage, c’est finalement qu’il laisse rêveur. Qu’il nous conte des histoires qui trouvent un écho dans des lieux qu’on croit connaître et qui nous donnent envie de les retrouver pour les découvrir à nouveau, les yeux cette fois grands ouverts.

Ce sont des histoires qui parlent d’amitié qui défient le temps, qui raconte les liens familiaux, l’amour qu’on porte à sa terre et à ceux qui nous entourent. C’est un ouvrage qui parle des fondamentaux de l’humanité, cette dernière n’étant pas forcément là où on l’attend le plus. Et puis, bien sûr, il y a de la malice, de la sournoiserie et des défis en tout genre.

Les illustrations nous donnent une image de ce dont les mots nous avaient déjà donné un aperçu et nous permettent de nous ancrer encore un peu plus entre les lignes, mettant des visages sur des noms et des couleurs sur les paysages. Ils sont autant d’histoires racontées que de traits esquissés, les deux invitant sans peine à voyager.

A la sortie de cet ouvrage, je n’ai finalement qu’un seul regret : ne pas avoir pu le partager à voix haute avec quelqu’un. Je suis sûre que ces mots auraient encore une autre résonance de cette manière !

En bref une plongée réussie dans les landes en compagnie d’une myriade de Korrigans farceurs.

Quelques photos pour vous donner un aperçu ~

 

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Grimoire poussiéreux : un livre qui prend la poussière dans ta pile à lire depuis au moins 1 an – 10 points

 

Le jardin des silences – Mélanie Fazi

 

Titre : Le jardin des silences

Auteur : Mélanie Fazi

Editeur : Bragelonne

Collection : L’Autre

Date de Parution : 22 Octobre 2014

 

 

  • Résumé (éditeur) :

Un bal secret au coeur de l’hiver, une violoniste dont les notes soulèvent le voile des apparences, une dresseuse d’automates dépassée par sa création : à travers ces douze textes ciselés, découvrez ou retrouvez l’univers envoûtant de Mélanie Fazi, auteure rare à la plume délicate, qui joue des mots émotions avec une justesse bouleversante.

 

  • Avis :

Je lis rarement de recueil de nouvelles mais, en cette période de partiels, j’étais contente de pouvoir lire une histoire et en avoir la fin puisque je ne pouvais pas reprendre un roman tout de suite. Le Jardin des silences était LE livre que j’avais décidé de m’offir en allant au Salon Fantastique car les résumés que j’avais lu de certaines nouvelles me tentaient beaucoup.

Et, pour une première dans l’univers de Mélanie Farzi, je dois dire que je suis conquise !

J’ai été totalement entraînée par la mélodie des textes. Aucune nouvelle ne m’a déplu, même si évidemment, j’ai été plus sensible à certaines d’entre elles. La tristesse qui se dégage des mots prend vraiment aux tripes et, en même temps, l’espoir est sous-jacent. J’ai adoré ces textes et j’ai eu du mal à quitter cet univers aussi fantastique que doux.

On vit les histoires, on s’attache aux personnages et on est triste de les quitter, alors même que nous n’avons passé que quelques petites pages en leur compagnie. Chaque histoire à son univers propre, amené et décrit de telle sorte que le lecteur à l’impression de le connaître déjà. On se perd entre les mots et on y revient après chaque fin de nouvelle, attiré par la plume envoûtante de Mélanie Farzi.

En bref un petit bijou ! Qui me donne très envie de découvrir les autres textes de l’auteur.

 

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Item éphémère Gilderoy Lockhart : lire un livre dédicacé – 105 points

La Lettre – Lily Haime

Titre : La Lettre

Auteur : Lily Haime

Editeur : MxM Bookmark

Date de Parution : 25 Janvier 2007

 

  • Résumé (éditeur) :

Il suffit d’une lettre pour tout changer…

 

  • Avis:

Après avoir entendu parler de l’auteur de nombreuses fois, j’ai fini par craquer et par me laisser tenter par La Lettre.

Que vous dire… Je pense que je suis tombée amoureuse… Si, si, rien que ça ! J’ai ouvert ma kindle, j’ai commencé ma lecture et… je ne l’ai refermé qu’une fois celle-ci terminée.

L’histoire nous présente plusieurs personnages dont les plus importants sont Harley et Phœnix. Si les projets de Harley sont très clairs, sa rencontre avec Phœnix les remet en question. Mais à quel point ? Que doit-il abandonner pour modifier ses plans tout tracés ? Qui doit-il sacrifier ?

Le roman pose des questions vraiment intéressantes sur le fait que nous grandissons tous et que, parfois, ce qui nous paraissait un rêve étant adolescent devient une corvée ou quelque chose d’approchant lorsque nous avons finalement le doigt dessus. Mûrir est souvent douloureux et se rendre compte qu’on a changé peut l’être encore plus. D’autant plus si vous savez que cela va blesser les gens que vous aimez.

Ni Harley, ni Phœnix ne sont parfaits et leurs coups de gueule comme leurs coups de sang font autant évoluer leur histoire qu’ils la freinent. Le fait d’avoir choisi de les laisser parler tour à tour permet aux lecteurs de les connaitre un peu plus, chapitre après chapitre.

Par petites touches, une réflexion de l’un ou de l’autre, un dialogue, une description, Lily Haime nous présente les failles de ses personnages. Elles proviennent de leur passé, de leur caractère ou de leurs ressentis et, si l’histoire ne s’y étend pas, elles nous permettent néanmoins de comprendre les réactions de chacun d’eux. J’ai autant aimé Harley que Phœnix et Brody et j’ai vraiment apprécié que l’épilogue s’attarde sur eux et se termine de cette manière, me convainquant totalement que, oui, j’étais tombée amoureuse de cette histoire.

Parce que les sentiments sont tangibles, parce que les personnages sont attachants, parce que les émotions qu’ils véhiculent m’ont émue, parce que l’écriture est addictive… Parce que toutes ces petites raisons combinées à d’autres ont fait que je me suis totalement laissée emporter.

Et là, je me dis que si une nouvelle de 89 pages a réussi à me faire ressentir tout ça, que va donner un roman ?! Heureusement pour moi, Lily Haime a écrit suffisamment pour que j’ai l’embarras du choix !

En bref une histoire qui, malgré sa brièveté, arrive à faire passer beaucoup d’émotions.

Les Puissants, T1 Esclaves – Vic James

 

Titre : Esclaves

Série : Les Puissants

Auteur : Vic James

Traducteur : Julie Lopez

Editeur : Nathan

Date de Parution : 4 Mai 2017

 

 

  • Résumé (éditeur) :

Dans le jeu du pouvoir, chacun risque sa vie.

Dans une Angleterre alternative, chacun doit donner 10 ans de sa vie en esclavage.

Seuls quelques privilégiés, les Égaux, riches aristocrates aux pouvoirs surnaturels, restent libres et gouvernent le pays.

Abi, 18 ans, et son frère Luke, 16 ans, voient leur destin bouleversé quand leurs parents décident de partir tous ensemble accomplir leurs jours d’esclavage. Abi devient domestique au service de la puissante famille Jardine. Le somptueux décor dans lequel elle évolue dissimule en réalité de terribles dangers, car chez les Égaux, les luttes de pouvoir sont sans pitié. Et lorsqu’elle tombe amoureuse d’un de ses maîtres, c’est sa vie même qui est en péril…Luke, quant à lui, a été exilé dans la ville industrielle de Millmoor. Dans un environnement brutal et pollué, il s’épuise à la tâche. Cependant, d’autres, comme lui, partagent ses idéaux de liberté. Il découvre alors qu’il existe un pouvoir bien plus grand que la magie : la rébellion.

 

  • Avis:

Wow… Cela faisait un moment qu’un roman ne m’avait pas fait cet effet-là !

Si le résumé me tentait déjà beaucoup, les premières pages n’ont fait que confirmer que le roman allait me plaire et ce sentiment s’est intensifié au fil des chapitres. Jusqu’à ce que j’en referme la dernière page avec le sentiment de « Nooooon c’est fini ! Où est la suite ?! ». Bref, j’ai dévoré et adoré ce roman.

S’il s’agit d’un tome de mise en place, aussi bien des personnages (assez nombreux) que de l’intrigue, ce premier opus n’oublie absolument pas d’être riche en actions. Plusieurs situations se font et se défont au fil du récit, amenant de nouvelles questions, en résolvant d’autres et faisant entrer toujours un peu plus le lecteur dans le monde ainsi créé. Kyneston ou Millmoor deviennent des endroits que le lecteur connait pour y vivre en compagnie des personnages, pour y voir leur évolution et constater leur souffrance et leurs joies. Moi qui n’aime pas les descriptions, je n’ai ici jamais eu l’impression d’en lire tant les passages sont simplement nécessaires à la compréhension et à l’ambiance. Le décor posé, celui-ci devient un endroit où il est facile d’évoluer et où s’y distille les nouveautés par petites touches discrètes et bien amenées.

Sept personnages prennent tour à tour la parole au fil des chapitres et je n’ai pourtant jamais été perdue. Si les principaux sont Luke et Abi, le fait que certains des autres prennent de l’importance permet de découvrir d’autres facettes de leur personnalité. L’auteur sait parfaitement où elle mène ses lecteurs et comment leur faire apprécier ou non un personnage. Et pourtant, aucun d’entre ces derniers n’est parfait. On les aime parfois, on les déprécie ensuite mais on ne peut pas rester neutre face à eux. C’est là l’un des gros points forts du roman : les personnages suscitent tous des émotions. Si Luke m’a beaucoup touché, si son courage et celui d’Abi ne peuvent que forcer l’admiration, j’ai trouvé très intelligent de la part de l’auteur de nous permettre d’en savoir plus sur Silyen et Gavar dont j’ai hâte de connaître l’évolution, en espérant que Jenner gagne un peu en charisme.

Je pourrais citer une pléthore de personnages m’ayant marqué dans ce roman mais je vais m’arrêter là pour vous parler de l’autre point génial de cette lecture : l’intrigue. Le récit pose des questions importantes sur la notion de justice et de soumission. Avoir une compétence en plus à la naissance donne-t-elle le droit de disposer des autres ? Est-ce qu’une coutume est forcément juste parce qu’elle a été instaurée il y a des décennies de cela ? Ceux qui détiennent le pouvoir le font-ils de manière justifiée ? Le peuple a-t-il plus de pouvoir que ceux qui le gouverne ? Qui possède le plus de tords : ceux qui soumettent ou ceux qui trouvent normal d’être soumis ? Autant de questions qui sont finalement d’actualité et qui prennent ici un sens bien différent en prenant l’esclavage comme la perte de son humanité. Durant dix ans, vous ne disposez plus de vous. Le seul choix que vous ayez est de décider de quand commencer ces fameux dix ans.

Pour la famille Hadley, ce sont les parents qui décident de les faire tous ensemble, entraînant leurs trois enfants, Abigail, Luke et Daisy avec eux dans le but de faire leurs jours d’esclavage en famille. Par un concours de circonstance, Luke ne peut suivre la famille et est envoyé dans la ville d’esclaves de Millmoor alors que les autres prennent le chemin du domaine de la famille la plus puissante du pays : les Jardine.

Moi qui aime les intrigues politiques, j’ai été plus que servi dans ce premier opus et j’imagine que le second gardera la même dynamique, ajoutant des alliés ou des opposants à la révolution qui s’annonce dans ce tome-ci. Si le lieu très fermé de Kyneston regorge de ragots et d’intrigues en tout genre, l’action se concentre plutôt à l’intérieur de Millmoor, là où se retrouve en majorité le peuple opprimé.

Je ne sais que vous dire de plus pour ne pas vous gâcher le plaisir mais, si vous en avez l’occasion, n’hésitez pas : lisez-le !

En résumé un premier opus qui remplit parfaitement son office de mettre en place une intrigue passionnante et des personnages vivants tout en instillant une dynamique qui n’augure que du bon pour la suite. Un gros coup de cœur !

Merci aux éditions Nathan pour cette découverte ~

 

« Les gens avaient moins tendance à se soucier des autres quand leur propre survie accaparait leur attention. »

« C’était la confiance qui rendait tout ça possible. La confiance qui vous prêtait les yeux d’une autre personne, ses bras puissants, son cerveau rapide. Qui vous faisait plus grand que vous ne l’étiez tout seul. »

« La technologie, lui avait-il expliqué, était un outil simple dont tout le monde s’était convaincu de la complexité. Faillible, mais que tout le monde croyait parfait. Les gens avaient délégué leur jugement critique – et même ce que leur indiquaient leurs propres sens – au pouvoir de la technologie. si on arrivait à tromper celle-ci, il n’était alors plus nécessaire de chercher à tromper les gens. »

 

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32 / 50

Fées & Déesses – Erlé Ferronnière et Aurélie Brunel

 

Titre : Fées & Déesses

Auteur : Aurélie Brunel

Illustrateur : Erlé Ferronnière

Editeur : Au Bord des Continents

Date de Parution : 15 Octobre 2009

 

 

 

  • Résumé (éditeur) :

Déesses celtiques aux allures de guerrières, fées et enchanteresses du royaume d’Arthur, fées médiévales, fées issues du folklore breton ou bien, même petites fées-papillons, s’unissent pour vous ouvrir les portes des royaumes cachés et vous dévoiler leur origine commune…

 

  • Avis :

Je connais le travail d’Erlé Ferronnière depuis plusieurs années, les cartes postales de ses dessins se retrouvant régulièrement sur les murs de ma chambre, aussi n’ai-je pas pu résister en apercevant cet ouvrage durant Les Rencontres de l’Imaginaire de l’année dernière.

Je découvrais par contre la plume d’Aurélie Brunel qui m’a beaucoup plu ! Le côté cyclique du roman, qui démarre par nous rappeler de regarder autour de nous et termine de la même façon, se marrie bien avec les histoires qui nous sont présentées au fil des pages. Cette notion de cycle et de lien se retrouve tout au long de la lecture et pousse donc le lecteur à se laisser entraîner, naviguant entre textes et images et allant de l’un à l’autre avec autant de facilité que d’attirance.

Si certaines histoires sont très connues telles Dahut, Morgane, Mélusine ou Iseult, certaines le sont un peu moins. Je pense à Présine notamment que je n’ai pas vu dans beaucoup de textes avant cela.

Le fait que les passages consacrés à chaque personnage soient très courts et racontés à la première personne nous permet de nous attacher aux différents protagonistes et d’entrer totalement dans leur histoire. Même en connaissant certaines d’entre elles, j’ai aimé les redécouvrir ici et les sentiments qui se dégagent de ces moments, sommes toutes assez tristes, ressortent bien sous la plume de l’auteure.

Ces émotions sont renforcées par les illustrations qui se marient totalement bien aux textes. On y découvre les paysages comme les personnages, les rendant parfaitement tangibles. Si j’ai en général un faible pour les crayonnés, la mise en couleur ne les rend que plus réels et je n’aurai pas été si surprise de les voir quitter le papier pour débarquer dans la pièce.

En bref une belle plongée dans un monde féerique qui nous permet de découvrir ou de nous remémorer les histoires de fées ayant traversées les âges.

Ci-dessous quelques dessins, les premiers sont des photos faites par mon téléphone, merci beaucoup à Erlé Ferronnière pour les suivantes ❤

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Je suis ton soleil – Marie Pavlenko

 

Titre : Je suis ton soleil

Auteur : Marie Pavlenko

Editeur : Flammarion Jeunesse

Date de parution : 8 Mars 2017

 

 

  • Résumé (éditeur) :

Déborah démarre son année de terminale sans une paire de chaussures, rapport à Isidore le chien-clochard qui s’acharne à les dévorer. Mais ce n’est pas le pire, non.
Le pire, est-ce sa mère qui se met à découper frénétiquement des magazines ou son père au bras d’une inconnue aux longs cheveux bouclés ?
Le bac est en ligne de mire, et il va falloir de l’aide, des amis, du courage et beaucoup d’humour à Déborah pour percer les nuages, comme un soleil.

 

  • Avis :

c’est plutôt intriguée et ne sachant pas trop à quoi m’attendre à la lecture du résumé que je me suis lancée dans ce roman. Si vous avez un peu suivi l’actualité du blog ces derniers mois, vous avez sûrement remarqué que j’ai assez peu le temps de lire. C’est donc en mode « pause entre deux dossiers » que j’ai commencé ma lecture. Et là… comment vous dire ? Dossiers, partiels, révisions… Tout est aussitôt passé au second plan et j’ai enchaîné les chapitres de la même manière que mon chien enchaîne les siestes (c’est-à-dire que j’ai parfois changé de position).

Le premier point qui ressort de ce roman, c’est la manière dont il est écrit : à la première personne et à l’humour décapant. Déborah est une adolescente qui, si elle n’est peut-être pas décalée extérieurement, ne mâche pas ses mots lorsqu’elle nous raconte sa vie et ses impressions. Souvent ironique et ayant des expressions sur tout, Déborah est le genre de personnage vivant et réaliste auquel on s’attache rapidement. Tout ceux qui l’entourent ont eux aussi une véritable personnalité et peuvent rappeler des personnes que nous avons croisé ou que nous connaissons.

Je suis ton soleil nous parle la Vie, de la manière dont certaines découvertes influent sur nos pensées, de la façon dont certains choix nous suivent des années durant. De nombreuses questions sont posées et nous ramènent à celles que nombre de lecteurs se sont sûrement déjà posées en étant spectateur ou acteur d’une relation. « J’ai vu ça, dois-je le dire ? » Déborah passe par beaucoup d’émotions dans le roman et, si j’ai beaucoup rit de ses réflexions, j’ai aussi souvent eu les larmes aux yeux.

Le roman nous livre une « leçon » qu’on apprend finalement avec l’âge : ce n’est pas parce que nous ne sommes plus totalement en symbiose avec nos amis que nous les perdons. Mais nos amis, justement, deviennent les gens à qui l’on peut royalement dire qu’ils craignent lorsque c’est vrai. Et de qui on peut attendre la même franchise. Ce sont ceux qui vont vous remonter le moral ou pleurer avec vous. Ceux qui ne sauront pas forcément quoi faire mais qui seront là parce qu’ils considèrent que c’est leur place. Ceux avec qui vous aurez des fous-rires pour un rien et des disputes, parfois grosses, mais toujours passées. Ceux qui ne vous jugeront pas. A mon sens, si Je suis ton soleil est une histoire de vie familiale, c’est aussi et surtout une histoire d’amitié. De la force qu’à celle-ci dans notre vie à tous.

Il s’agit aussi d’un ouvrage qui nous invite à comprendre que personne ne peut tout gérer tout seul et que nous avons besoin des autres pour avancer. Et puis aussi… que l’amitié d’un animal dépasse tous les préjugés.

En résumé, un gros coup de cœur pour ce roman plein de tendresse et d’humour qui nous rappelle que, si la vie est parfois dure, elle l’est beaucoup moins lorsqu’on est bien entouré.

Merci à Marieke, Brigitte et aux éditions Flammarion pour cette belle découverte ~

 

« Je fais non et braie de plus belle. Le monde est flou. Soudain, je suis certaine que c’est la raison pour laquelle on pleure : s’extraire du monde qui nous fait souffrir. Les larmes brouillent les visages, les gens, elles protègent des méchants et de la réalité. »

 

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Éclair de feu : lire un livre de plus de 400 pages en moins de 24h – 70 points

La Maison des Reflets – Camille Brissot

 

Titre : La maison des reflets

Auteur : Camille Brissot

Editeur : Syros

Date de Parution : 2 Février 2017

 

 

  • Résumé (éditeur) :

Depuis 2022, les Maisons de départ ressuscitent le morts grâce à des reflets en quatre dimensions qui reproduisent à la perfection le physique, le caractère, et le petit je ne sais quoi qui appartient à chacun. Les visiteurs affluent dans les salons et le parc du manoir Edelweiss, la plus célèbre des Maisons de départ, pour passer du temps avec ceux qu’ils aiment. Daniel a grandi entre ces murs, ses meilleurs amis sont des reflets. Jusqu’à ce qu’il rencontre Violette, une fille imprévisible et lumineuse… Bien vivante.
Qui accepterait de laisser partir un être cher s’il pouvait le garder à ses côtés pour toujours?

 

  • Avis :

Le roman nous présente Daniel qui a grandi dans une maison de départ entre son père, toujours au travail, et sa gouvernante. N’étant presque jamais sorti de chez lui, les seuls rapports amicaux que connait le jeune homme sont ceux des reflets qui peuplent la maison et qui sont, pour lui, aussi réel que les humains qui peuplent la ville alentour.

Ce point de départ propose donc une réflexion sur les reflets eux-mêmes. Sont-ils humains ou non ? Permettent-ils vraiment aux gens de faire leur deuil ou, au contraire, les font-ils entrer dans une phase de déni en leur permettant presque d’oublier la mort de la personne qui leur était chère ? Dans notre monde actuel où les hologrammes commencent à prendre de la place, les Maisons de Reflets deviennent des endroits tangibles assez faciles à imaginer. Et on se prend à se demander ce que l’on ferait, nous, s’il nous était possible de créer le reflet d’une personne aimée et disparue. Un reflet semblable trait pour trait avec lequel discuter et où se retrouverait la personnalité du décédé…

Le roman pose ces questions avec douceur et intelligence, notamment grâce à Daniel qui évolue au fil des pages, découvrant un monde qu’il n’imaginait finalement pas. A ne voir qu’un seul côté des éléments, on oublie souvent qu’il y en a un deuxième, parfois aussi intéressant que le premier ou, tout au moins, différent. Madame Elia, la préceptrice de Daniel, est l’un des pivot du roman, le poussant à se poser des questions et à aller chercher des réponses, au-delà de sa zone de confort habituelle. Le roman nous pousse d’ailleurs à sortir de la nôtre en nous invitant à réfléchir à ce que les nouvelles technologies peuvent permettre de faire. Les Maisons de Reflets sont en quelque sorte une manière de chercher à défier la Mort et j’ai beaucoup aimé le parallèle avec les citations de début de chapitres qui renvoient aussi bien au folklore qu’à des histoires connues de tous.

J’ai trouvé qu’il était vraiment question de dualité dans cet ouvrage, choses qui m’a particulièrement plu. Qu’il s’agisse du monde extérieur en opposition avec l’intérieur de la maison, de Violette en double d’Esther, de la différence entre l’absence du père de Daniel et la présence virtuelle de sa mère, de la communication par lettres alors que la technologie est si présente, de la mort qui ne l’est plus tout à fait alors même que les reflets ne sont pourtant pas totalement la vie… L’histoire navigue entre ces oppositions et entraîne le lecteur à sa suite, l’invitant à réfléchir comme à se laisser porter par l’intrigue qui se dévoile peu à peu, ne rendant que plus avide d’en savoir plus sur le fin mot de l’histoire.

En bref un roman prenant qui propose une réflexion sur le deuil pleine de douceur et très actuelle. Un joli coup de cœur en ce début d’année !

Merci à Véronique et aux éditions Syros pour cette belle découverte ~

 

« Il n’y a rien de pire que de voir un proche nous être arraché, sans nous laisser la chance de poser le point final à l’histoire que nous écrivions ensemble. »

« Face à un deuil, on est toujours seul, il me semble. C’est un gouffre qui se creuse en nous, et personne ne peut en imaginer la profondeur car il faudrait oser s’en approcher, se pencher au-dessus du vide, perdre soi-même une partie de son équilibre. Et tout ça pour quoi ? Pour découvrir l’épaisseur du chagrin qui se cache au fond et réaliser que la petite flamme que l’on a apporté s’y noiera aussitôt. Alors, on fait un pas en arrière. On se dit que la tristesse passera avec le temps, ou des formules de ce genre. Je suppose que c’est vrai, même si c’est un peu cruel. »

 

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cof

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Bague de Gaunt : lire un livre où la famille est centrale à l’intrigue – 20 points