Les Seigneurs de Bohen – Estelle Faye

 

Titre : Les Seigneurs de Bohen

Auteur : Estelle Faye

Editeur : Critic

Date de Parution : 02 Mars 2017

 

 

  • Résumé (éditeur) :

« J’avais seize ans quand j’ai quitté la steppe. Mais je ne vais pas vous narrer mon histoire. Je ne vais pas non plus vous relater les exploits de grands seigneurs, de sages conseillers, de splendides princesses et de nobles chevaliers. Je croyais, quand j’étais jeune, que c’était dans ce bois qu’on taillait les héros. Je me trompais.
Je vais vous narrer les hauts faits de Sainte-Étoile, l’escrimeur errant au passé trouble, persuadé de porter un monstre dans son crâne. De Maëve la morguenne, la sorcière des ports des Havres, qui voulait libérer les océans. De Wenceslas le clerc de notaire, condamné à l’enfer des mines, et qui dans les ténèbres trouva un nouvelle voie… Et de tant d’autres encore, de ceux dont le monde n’attendait rien, et qui pourtant y laissèrent leur empreinte. Leur légende.
Et le vent emportera mes mots sur la steppe. Le vent, au-delà, les murmurera dans Bohen. Avec un peu de chance, le monde se souviendra. »

 

  • Avis :

J’ai craqué pour Les Seigneurs de Bohen pour, approximativement, trois grosses raisons :

  • Le résumé et la couv’ qui, il faut le dire, sont bien sympas !
  • Le feuilletage et la lecture des premières pages qui m’ont convaincue que l’écriture allait me plaire.
  • La discussion avec l’auteur. Estelle Faye sait comment parler de son histoire et de ses personnages, donnant envie de les connaître et de les suivre dans leurs aventures.

La première chose à savoir en commençant ce roman c’est qu’il est dense. Le fait qu’il s’agisse d’un one-shot (tiens, encore une raison qui m’a fait craqué…), oblige l’histoire à se concentrer dans les 600 pages de l’ouvrage. Pas de temps à perdre donc puisqu’il n’y a pas de tome de mise en place pour nous présenter les différents personnages, leurs histoires et le monde dans lequel ils vivent. Cependant, je ne me suis jamais sentie perdue et ce, malgré le nombre de personnages. Chacun apporte sa pierre au roman et chacun à sa propre personnalité. Je me suis attachée à chacun d’entre eux, mes affinités variant au fil des chapitres.

A vrai dire, je n’ai pas vu passer ces 600 pages… Une fois plongée dans le roman, la seule chose qui m’importait était de connaître la suite de l’histoire. De savoir ce qui c’était passé, de voir comment aller évoluer Sainte-Etoile, Maeve, Wens, Sorenz…

Bon… J’avoue m’être spoilé un moment pour vérifier que le chouchou de mon perso chouchou survivait… me rendant difficile les derniers chapitres. Et, si je comprends parfaitement cette fin (Merlin, une fin ouverte que j’aime !), je ne suis pas du tout d’accord T.T

Concernant l’histoire… Je ne sais trop que vous dire pour ne pas vous en dire trop. On parle bien souvent des grands auteurs anglophones lorsqu’on aborde la fantasy mais on oublie de regarder nos auteurs français et il serait vraiment dommage de passer à côté des Seigneurs de Bohen. L’intrigue est passionnante, le côté politique est très bien mené, le monde est recherché et ses règles sont parfaitement expliquées. Estelle Faye ne fait aucun cadeau à ses personnages et ces derniers sont loin d’être tout noir ou tout blanc. Ils souffrent, ils aiment… ils vivent au fil des pages et il est impossible de ne pas vouloir les suivre pour savoir ce qui va leur arriver, même si on sait parfois qu’ils courent droit à la mort ou font de mauvais choix.

Que vous dire d’autres… Lisez-le ?

En bref, j’ai voyagé, j’ai aimé et j’ai eu du mal à ressortir de ce monde dans lequel j’avais vécu tant d’aventures… Un véritable régal !

 

« Il parlait de changement. Il expliquait que le peuple pouvait renverser un Empire, que cela s’était déjà vu, que cela se verrait encore. Mais aussi, il disait que les hommes n’avaient pas uniquement besoin de pain, de toits lorsqu’il pleuvait, de bois pour le feu en hiver. Ils avaient besoin d’être libres. Libres quels que fussent leurs talents, leurs religions, leurs amours. Libres de pratiquer la magie, de vénérer le Verbe Créateur, le Feu ou la Dame des Mers tant qu’ils laissaient en paix leurs contemporains. Libres d’aller et venir dans tout l’Empire, sans servage, sans péage, sans murs et sans barrières. En l’écoutant, en absorbant ses paroles à l’unisson de l’auditoire, [elle] comprit qu’il n’y avait pas que la magie, que les golems qui pouvaient abattre les grilles du ghetto. Il n’y avait pas que les chiens de guerre et la poudre qui pouvaient renverser les seigneurs et les maîtres. Il y avait la colère, et il y avait l’espoir. »

 

Roman sélectionné pour le prix Imaginales des collégiens et lycéens 2018 !

Publicités

Amies à vie – Pierre Bottero

 

Titre : Amies à vie

Auteur : Pierre Bottero

Editeur : Flammarion Jeunesse

Date de Parution : 24 Mai 2017

(réédition)

 

 

  • Résumé (éditeur) :

«J’ai regardé Sonia dans les yeux et j’y ai lu tout ce qu’elle avait si souvent entendu, tout ce qui était si vain que cela finissait par sonner faux.
– On va s’en sortir, je te le jure!»

Brune a treize ans et partage tout son temps entre le collège et ses copines. Pourtant, il lui manque une véritable amie. Celle à qui l’on raconte ses joies et ses peines. Un jour, Sonia arrive en classe. Brune comprend tout de suite qu’elle sera cette amie dont elle rêve. Mais Sonia cache un lourd secret. Brune décide d’aider son amie… pour la vie!

 

  • Avis :

Ce petit roman nous permet de rencontrer Brune qui, si elle a plusieurs amies qu’elle aime beaucoup, rêve de l’encontre UNE amie, L’amie suprême, celle qui vous fait vous sentir spéciale et en même temps similaire à elle. Tout en expliquant qu’elle aimerait bien avoir une amie comme ça, Brune nous présente ces quatre amies, leurs différences et leurs ressemblances ainsi que sa famille, ses parents profs et sa petite sœur attachiante.

Le quotidien de Brune est tel qu’il est facile d’entrer dans l’histoire, de s’y retrouver et de s’attacher à cette petite famille somme toute sans histoire. Jusqu’à l’arrivée de Sonia. Sonia qui va chambouler Brune.

Au fil des pages, nous allons voir celle-ci mûrir et ses réflexions sont d’une douceur et d’une justesse étonnantes. Pierre Bottero aborde ici un sujet dur et y lance ses personnages sans aucune fioriture. Mais il le fait de façon à ce que l’on ressente tout le courage de ses personnages, à ce qu’on les aime, à ce qu’on les encourage et, jamais, jamais, à ce qu’on les prenne en pitié.

Les moments sont plein de tendresse, parfois tristes, parfois joyeux et on vit dans ce roman une petite bulle de vie en compagnie de Brune et Sonia, ces deux amies qui se sont tellement bien trouvées.

En bref un roman plein d’émotions qui donne envie d’aller voir ses amies pour les serrer dans ses bras avant de parler de tout et de rien. Une totale réussite.

 

Entre dans

54 / 50

et dans

Item : Cognards : lire deux livres différents d’un même auteur – 50 pts (1/2)

Silence Radio – Alice Oseman

Titre : Silence Radio

V.O. : Radio Silence

Auteur : Alice Oseman

Traducteur : Anne Guitton

Editeur : Nathan

Date de Parution : Juin 2017

 

 

  • Résumé (éditeur) :

Et si tout ce que vous vous fixiez était faux?
Frances a toujours été une machine d’étude avec un but, l’université d’élite. Rien n’empêchera son chemin : pas des amis, pas un indigne secret — pas même la personne qu’elle est à l’intérieur.
Mais lorsque Frances rencontre Aled, le génie timide derrière son podcast préféré, elle découvre une nouvelle liberté. Il ouvre la porte à la VRAIE Frances et, pour la première fois, elle vit une véritable amitié, sans peur d’être elle-même. Mais le podcast devient viral et la confiance qu’il y avait entre eux est cassée. Pris entre qui elle était et qui elle désire être, les rêves de Frances s’écroulent.
Suffocant de culpabilité, elle sait qu’elle doit affronter son passé…
Elle doit avouer pourquoi Carys a disparu…
Pendant ce temps, Aled est seul, luttant contre des secrets plus sombres.
C’est seulement en faisant face à vos peurs que vous pouvez les surmonter. Et ce n’est qu’en étant votre véritable moi que vous pouvez trouver le bonheur.

 

  • Avis:

A dire vrai, je ne savais pas à quoi m’attendre en débutant ce roman. Je n’ai pas lu L’année solitaire et je ne connaissais donc pas la plume de l’auteur.

Rapidement, j’ai pourtant été convaincue que j’allais aimer ce roman tant les chapitres glissaient tout seul. L’appréciation d’un roman est toujours quelque chose de très personnel et j’ai, via celui-ci, totalement rebasculé dans mon adolescence. Dans ces moments où l’on se sent mal dans sa peau et où, avec mes amis, nous écoutions des sagas Mp3 totalement barrées.

Je me suis reconnue en Frances, j’ai reconnu l’une de mes amies en Aled et je n’ai aimé le roman que d’autant plus.

Entre la pression des études et celles de la famille, à ce moment où l’on sait qu’il faut décider de toute notre orientation future, nous sommes souvent perdus. Voulons-nous toujours ce que dont nous rêvions lorsque nous étions petits ? Et quel est la part entre la passion et la sagesse ? Faut-il être raisonnable tout le temps ?

A travers Frances, l’auteur pose de nombreuses questions, aussi bien sur le système scolaire que sur l’importance de l’amitié. Les dangers de la solitude comme ceux de la peur d’être qui on est. La si sérieuse Frances, toujours plongée dans les études, contre la Frances passionnée qui dessine des fan-arts. Au fil des pages, la question se développe : est-ce la société qui ne permet pas à Frances d’être elle-même ou bien est-ce elle et ses propres attentes ?

Tous les personnages sont terriblement attachants et on s’attendrit pour ces adolescents tellement sous pression qu’ils ne savent plus finalement qui ils sont vraiment. Universe City est un exutoire obligatoire pour leur fournir une bouffée d’oxygène quotidienne et j’ai vraiment regretté que la saga n’existe pas réellement.

En définitive, l’important n’est plus de savoir si tel personnage a de bonnes notes, si tel autre est gay ou si celui-là est solitaire mais bien de se rendre compte que, qu’importe que vous aimiez porter des leggins tortue ninja, que vous soyez amoureux de votre meilleur ami ou que vous ne vouliez pas aller à la fac… Car, autour de vous, quelqu’un vous aime tel que vous êtes et pour ce que vous êtes. Et que le plus difficile est parfois tout simplement d’y croire.

En bref un roman qui encourage son lecteur à se poser les bonnes questions et à se battre pour ce qui le rend heureux.

 

Entre dans

48 / 50

La vie de Merlin – Mathilde de Montségur et Carole Bajot

Titre : La vie de Merlin

Illustrations  et calligraphie : Mathilde de Montségur

Texte : Carole Bajot

Editeur : Ouest-France

Date de Parution : 23 Juin 2017

 

 

  • Résumé (éditeur) :

Ce petit livre objet conte l’histoire de la vie de Merlin, héros intemporel et mythique. Destiné au grand public, ce livre donne l’illusion d’un manuscrit qui aurait traversé le temps grâce aux enluminures originales de Matilde de Montsegur exécutées sur du papier épais qui imite le parchemin. Matilde de Montsegur, artiste peintre enlumineur de France, raconte ici la belle épopée de Merlin.

 

  • Avis :

Ce qui m’a tout d’abord attiré, c’est bien évidemment le côté calligraphie de l’ouvrage. J’ai toujours été admirative pour les enluminures et les textes anciens qui allient textes et dessins tout au long des pages.

Ici, on retrouve tout autant les enluminures que le texte calligraphié et la somme des deux est un vrai régal à regarder. Les couleurs vivres rehaussées à la feuille d’or mettent en valeur des dessins d’une finesse impressionnante alors que la calligraphie entraîne le lecteur vers des temps anciens. On tourne donc tout d’abord les pages pour le plaisir des yeux avant de s’intéresser au plaisir du texte.

Concernant l’histoire en elle-même, elle permet une plongée claire dans l’histoire de Merlin et raconte les grands moments de la vie de l’Enchanteur. On y retrouve sa naissance, ses rencontres avec Vortigern et Uther et son rôle de conseiller auprès d’Arthur. Les chevaliers s’y croisent et partent à la conquête du Graal alors que Merlin succombe au charme de Viviane.

Les chapitres sont assez courts et permettent de s’intéresser aux dessins qui entourent le texte sans devoir s’arrêter en plein paragraphe.

En bref un ouvrage sublime, aussi bien à lire qu’à regarder et qui plaira à tous.

Et comme, parfois, les images valent plus que les mots, vous trouverez ci-dessous quelques photos de l’intérieur de l’ouvrage. A savoir qu’avec le téléphone, qui est la seule chose que j’ai sous la main, les photos sont loin de rendre hommage à l’ouvrage et j’en suis désolée.

 

 

Rencontres de l’Imaginaire de Brocéliande 2017

Comme un rituel, le retour à Brocéliande signifie le moment de souffler un peu, de respirer un peu de magie et de se ressourcer.

Les Rencontres de l’Imaginaire de Brocéliande, c’est une semaine entière événements en tous genres qui se déroulaient cette année du 17 au 23 Juillet 2017. Nous avions prévus d’en faire une bonne partie mais, entre le temps qui n’était pas au beau fixe et l’année qui nous a laissé sur les rotules, nous y avons finalement été doucement. Ce qui ne nous a pas empêché d’en profiter 😛

Le mardi, nous nous sommes rendus au cinéma de Plélan-le-Grand pour visionner Willow. Qui n’a pas vu Willow ? (qu’il lève la main, aille acheter le DVD et le regarde ce soir, nan mais oh !). Ce film est toujours un régal et pouvoir le voir sur grand écran permet encore mieux d’en savourer la douceur et l’humour. Je n’ai absolument pas vu le temps passer et le débat qui a suivi à mis en lumière d’autres perspectives sur ce film qui n’a absolument pas vieilli.

Le jeudi, nous sommes allés au Château de Comper pour une balade de contes sous les chênes orchestrée par Pascal et Bruno. Ils nous ont conté les différentes naissances de Merlin dans une bonne humeur contagieuse et chaque visiteur s’est facilement laissé porter par leurs voix pour entrer dans l’histoire.

Le soir, nous nous sommes rendues jusqu’à Tréhorenteuc pour écouter un récital de harpes en deux parties, la première assurée par Dana et la seconde par Lawena. J’ai tellement craqué que j’en suis repartie avec le CD de Dana (et bon, puisqu’il faut l’avouer, si l’église du Graal est sublime, les bancs ne sont pas des plus confortables).

Le vendredi avait lieu les Rencontres Professionnelles permettant aux auteurs et illustrateurs en herbe de rencontrer auteurs, illustrateurs et éditeurs pour une discussion à cœur ouvert et des conseils avisés sur le monde de l’édition. Un moment très intéressant où j’aurai beaucoup appris et beaucoup reçu.

Un détour par le marché de Paimpont pour flâner entre les échoppes (et tenter de résister) pour finalement retourner au cinéma, cette fois pour visionner Kérity, la maison des contes, avec la présence de Rebecca Dautremer. Un conte poétique sur la magie des mots et des belles histoires.

Le week-end avait lieu le Salon du livre. Je vous en parle depuis déjà quelques années et je ne résiste pas à le faire cette fois encore. C’est un moment bien particulier pour moi dans l’année puisque j’ai grandi avec cette Légende Arthurienne et que ce week-end me permet de rencontrer des auteurs et des illustrateurs avec lesquels j’ai évolué au fil des ans, bercée aussi bien leurs mots que par leurs dessins. La passion qui anime chacun des bénévoles est contagieuse et la bonne humeur toujours au rendez-vous, quel que soit le temps.

Cette année, j’ai eu la chance de pouvoir animer le débat entre Pierre Dubois et Anne Smith autour du thème Féerie et sentiments de la nature. Une manière de participer à cette belle réunion que sont les Rencontres de l’Imaginaire.

Encore une fois, je suis repartie avec des étoiles dans les yeux et la chaleur au cœur. Un rendez-vous que j’espère pouvoir remettre l’année prochaine ❤

Le Silence des Sirènes – Sarah Ockler

Titre : Le Silence des Sirènes

V.O. : The Summer of Chasing Mermaids

Auteur : Sarah Ockler

Traducteur : Anne Guitton

Editeur : Nathan

Date de Parution : 6 Juillet 2017

 

 

  • Résumé (éditeur) :

Elyse, promise a une belle carrière de chanteuse, doit partir en tournée avec sa sœur jumelle. Mais elle perd sa voix suite a un accident en mer. Du jour au lendemain, sa joie de vivre et ses rêves s’envolent… Elle se réfugie chez sa tante, a Atargatis Cove, une petite ville portuaire. La bas, elle s’isole, passant ses ses journées a écrire des poèmes sur le flanc d’un bateau échoué. Mais le navire n’est pas aussi abandonné qu’elle le croit: elle est bientôt surprise par Christian, le fils du propriétaire. Ce dernier ne semble pas indifférent a son charme mais il a tout du Bad Boy a fuir…

 

  • Avis:

Ayant eu un beau coup de cœur pour Cet été-là, ce nouveau roman de Sarah Ockler me faisait donc de l’œil. Et je peux définitivement avouer que j’adore la plume de cette auteure.

Elle nous propose ici une histoire dans laquelle il est facile d’entrer et qui provoque en nous des échos. On se retrouve évidemment dans l’un ou l’autre des personnages et on s’attache à eux. Chacune de leur faille nous pousse à les comprendre et à les aimer davantage. Aucun n’est parfait et, comme tout un chacun, ils se comportent parfois avec égoïsme ou stupidité.

Donner la parole à Elyse est une belle manière de nous faire parvenir sa voix, de nous conter son histoire et ses peines. Nous apprenons ce qui lui est arrivé au compte-goutte et la peine qu’elle ressent est tangible, comme un petit démon perché sur son épaule.

Si la manière de raconter les choses est finalement assez douce, les événements qui se déroulent sont pourtant assez violents. Tout est ici centré sur les mots, sur la manière dont ceux-ci peuvent blesser, de façon parfois bien plus tranchante que les actes, du courage qu’il faut pour réussir à s’exprimer et à dire ce qui nous tient à cœur.

En vérité, je ne sais pas quoi vous dire d’autres de peur de vous dévoiler des passages. Le ton est poétique, le message est fort et on se laisse entraîner par les mots. Un chapitre après l’autre, je ne suis laissée emmener par le flot des phrases. Certains passages sont plein de remous tandis que d’autres sont aussi calmes qu’une mer sans vague.

Vie et Mort se lie ici dans une étreinte très réelle et, pour une fois, cette fin assez ouverte ne m’a laissé aucun sentiment de frustration.

En bref un roman que j’ai dévoré, un régal à lire et à vivre. Une histoire qui donne la parole à des personnages qui ne l’auraient peut-être pas eu dans la vraie vie et qui pousse les lecteurs à dire ce qu’ils ont sur le cœur. Pour que, justement, chacun fasse entendre sa voix.

 

« Intentionnellement ou non, la gratitude se transforme en une forme d’attente, d’espoir. Or, c’est une chose que de conserver une petite lueur d’espoir au fond de soi, comme une braise sur laquelle on peut souffler quand tout devient sombre. Si elle s’éteint, ça ne regarde que nous, et on est libre de la rallumer ou de baisser les bras. Mais quand on porte cette brase avec quelqu’un d’autre, pour quelqu’un d’autre, ça devient un rêve dangereux. Aussi traître que la mer, aussi fragile qu’une bulle de savon. »

« L’amour est parfois un moteur, et parfois une arme. Bien souvent, il est presque impossible de faire la différence. »

 

Entre dans

45 / 50

Dynasties, tome 1 : Entre les flammes – Ilona Andrews

 

Titre : Entre les flammes

Série : Dynasties

V.O. : Hidden Legacy

Auteur : Ilona Andrews

Traducteur : Guillaume Le Pennec

Editeur : J’ai Lu pour Elle

Date de Parution : 26 Avril 2017

 

 

  • Résumé :

Il y a plus d’un siècle, des scientifiques ont créé un sérum permettant de développer des dons d’ordre surnaturel. Depuis, ces gènes se transmettent de génération en génération…

Détective privée, Nevada Baylor peut détecter les mensonges chez autrui. Alors qu’elle s’apprête à affronter le challenge le plus ardu de sa carrière, retrouver un certain Adam Pierce, elle se fait kidnapper. Son ravisseur ? Rogan, un séduisant milliardaire aux grands pouvoirs. Entre le désir de fuir et celui de s’abandonner à lui, Nevada hésite…

 

  • Avis :

Bon, premier point, je trouve le résumé un peu simplet au vu de l’histoire. Ne vous y fiez donc pas si vous pensez en le lisant qu’il s’agit d’une petite amourette saupoudrée de paillettes magiques. Pour avoir lu les quatre premiers tomes de Kate Daniels (avant que leur traduction ne s’arrête mais c’est une autre histoire et, en plus, Kate Daniels revient *-*), je connaissais déjà la plume du couple Ilona Andrews.

L’intrigue est menée d’une main de maître et les événements s’enchaînent rapidement sans pourtant jamais perdre le lecteur. Si le roman prend soin de présenter les personnages, c’est par petites touches, au moment opportun et lorsque l’intrigue a besoin de montrer un nouveau jour de leur personnalité ou de leur histoire. Nevada est une héroïne totalement badass qui garde néanmoins un côté très humain. Son amour des siens et sa volonté de tout faire pour préserver les autres la pousse à se mettre elle-même en danger. Cependant, elle réfléchit toujours aux conséquences de ses actes et ne choisi de faire quelque chose que si elle le juge juste. Sa répartie est un régal à lire et on ne peut que s’attacher à cette jeune femme qui cache beaucoup de failles sous une carapace forgée au fil des ans.

On ne sait finalement pas tant de choses que cela sur Rogan mais il arrive à être aussi insupportable qu’attachant et j’ai vraiment hâte d’en apprendre plus sur lui. Dans ce tome-ci, son caractère comme ses manières sont aussi rigides qu’attirantes (oui, Rogan est tout en nuances 😛 ) et j’ai adoré le binôme qu’il forme avec Nevada. Leurs dialogues sont de jolis moments d’humour entre des moments d’actions véritablement prenants qui permettent à la tension de redescendre. Les passages Augustin/Rogan sont d’ailleurs des petits moments bienvenus d’ambiance cours de récré que j’ai adoré.

La hiérarchisation des maisons est présentée de manière assez rapide pour le moment, le roman se concentrant vraiment pour mettre en place le background tout en présentant une histoire à la résolution complète (même s’il y a évidemment beaucoup plus derrière celle-ci). On comprend malgré tout que les maisons dominent et s’affrontent autant qu’elles se soutiennent. J’imagine qu’on en saura beaucoup plus lors du second opus qui devrait avoir une intrigue plus complexe politiquement parlant, notamment au niveau de la représentation des maisons entre elles. Le côté rigide de leur éducation et de leur manière de voir le monde s’oppose radicalement à la famille où Nevada a grandit, la loyauté des premiers étant faite par devoir alors que celle de Nevada réside dans l’amour et le respect qu’elle voue à ceux qui l’entourent.

Ce premier tome pose donc les bases d’une histoire prenante, permettant la résolution d’une intrigue pour en annoncer une beaucoup plus vaste. On ne s’ennuie pas un seul instant et les pages se tournent à toute vitesse, amenant autant de résolution que de questions.

En résumé une intrigue qui vous emmène tambour battant et des personnages totalement irrésistibles. Que demander de plus ?