Le jardin des silences – Mélanie Fazi

 

Titre : Le jardin des silences

Auteur : Mélanie Fazi

Editeur : Bragelonne

Collection : L’Autre

Date de Parution : 22 Octobre 2014

 

 

  • Résumé (éditeur) :

Un bal secret au coeur de l’hiver, une violoniste dont les notes soulèvent le voile des apparences, une dresseuse d’automates dépassée par sa création : à travers ces douze textes ciselés, découvrez ou retrouvez l’univers envoûtant de Mélanie Fazi, auteure rare à la plume délicate, qui joue des mots émotions avec une justesse bouleversante.

 

  • Avis :

Je lis rarement de recueil de nouvelles mais, en cette période de partiels, j’étais contente de pouvoir lire une histoire et en avoir la fin puisque je ne pouvais pas reprendre un roman tout de suite. Le Jardin des silences était LE livre que j’avais décidé de m’offir en allant au Salon Fantastique car les résumés que j’avais lu de certaines nouvelles me tentaient beaucoup.

Et, pour une première dans l’univers de Mélanie Farzi, je dois dire que je suis conquise !

J’ai été totalement entraînée par la mélodie des textes. Aucune nouvelle ne m’a déplu, même si évidemment, j’ai été plus sensible à certaines d’entre elles. La tristesse qui se dégage des mots prend vraiment aux tripes et, en même temps, l’espoir est sous-jacent. J’ai adoré ces textes et j’ai eu du mal à quitter cet univers aussi fantastique que doux.

On vit les histoires, on s’attache aux personnages et on est triste de les quitter, alors même que nous n’avons passé que quelques petites pages en leur compagnie. Chaque histoire à son univers propre, amené et décrit de telle sorte que le lecteur à l’impression de le connaître déjà. On se perd entre les mots et on y revient après chaque fin de nouvelle, attiré par la plume envoûtante de Mélanie Farzi.

En bref un petit bijou ! Qui me donne très envie de découvrir les autres textes de l’auteur.

 

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Item éphémère Gilderoy Lockhart : lire un livre dédicacé – 105 points

L’attaque des titans, Hope of the City – Ryô Kawakami

Titre : Hope of the city

Série : L’attaque des titans

V.O. : Shingeki no Kyojin Kakuzetsu Toshi no Jyouou

Auteur : Ryô Kawakami

Basé sur l’oeuvre de : Hajime Isayama

Traducteur : Yukari Maeda et Patrick Honnoré

Illustrateur : Range Murata

Editeur : Pika Roman

Date de parution : 9 Novembre 2016

 

 

  • Résumé (éditeur) :

Avec la chute du Mur Maria, les habitants du district Quinta ont été coupés du reste de l’Humanité engendrant la famine et le chaos. Rita, jeune recrue tente de protéger la ville malgré les actions de brigands qui profitent de la peur de la population

 

  • Avis :

N’ayant pas lu le manga, je découvre donc l’univers via ce roman et, une chose est sûre, il n’a rien d’un monde où l’on voudrait vivre ! (A part si vous aimez risquer votre vie à chaque coin de rue, évidement).

Au niveau de l’ambiance, le lecteur est directement mis dans le bain et j’ai bien souvent grimacé. Entre les mâchouillages de bustes, les gens qui meurent et les chairs qui volent, on ne peut pas dire que les titans font dans la dentelle. Si vous êtes sensible à ce genre de description, nul doute que vous allez certainement avoir un peu de mal avec le début du roman. Néanmoins, il permet de se rendre bien compte du monde dans lequel Rita et Mathias évoluent.

Concernant Rita, elle fait partie de ces personnages qui grandissent rapidement et qui prennent les décisions qui s’imposent parce qu’elles leur semblent juste et ce, quelles que soient les difficultés. Malgré son jeune âge, le monde dans lequel elle vie l’a obligé à devenir une guerrière et à apprendre à compter sur ses points forts pour ne pas mourir durant une attaque de titans. Éprise de justice, elle est parfois naïve concernant ceux qui l’entourent. Ce trait de caractère se retrouve aussi en Mathias. Lui l’enfant de nanti, qui n’a jamais vraiment eu à se confronter aux difficultés autres que celles que son père a placé devant lui, se rend soudainement compte qu’il doit revoir sa façon d’appréhender le monde.

Sa volonté de retrouver Rita l’oblige à prendre des décisions qu’il n’aurait jamais envisagé et j’ai beaucoup aimé la loyauté qu’il a envers son amie d’enfance. Les dangers qu’il rencontre au fil du roman et les personnages qu’il croise l’amènent à mûrir doucement.

Malgré tout, et c’est là le point faible du roman selon moi, si l’univers est parfaitement bien exploité, les personnages manquent un peu de substance. On les comprend mais il est difficile de s’y attacher réellement malgré l’intrigue qui, elle, est bien menée et amène le lecteur à avoir envie de savoir la suite de l’histoire.

Les dernières pages sont un joli cliffhanger qui donne envie de découvrir le second (et dernier) tome pour connaître le fin mot de l’histoire et avoir les réponses à nos questions concernant les personnages.

Un point aussi sur les quelques dessins qui parsèment l’ouvrage et qui sont graphiquement très jolis.

En bref un roman assez court mais qui nous plonge dans un tout nouvel univers en compagnie de personnages qui doivent faire des choix radicaux pour survivre.

Merci aux éditions Pika roman pour cette découverte.

 

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25 / 50

Bodyguard, T4 La Cible – Chris Bradford

 

Titre : La Cible

V.O. : Target

Série : Bodyguard

Auteur : Chris Bradford

Traducteur : Antoine Pinchot

Editeur : Casterman

Date de Parution : 08 Mars 2017

 

 

  • Résumé (éditeur) :

Fraîche recrue de Bodyguard, Charley Hunter doit assurer la protection d’Ash Wild, jeune rocker britannique à succès, lors de sa tournée américaine. Car, au-delà des fans hystériques et des paparazzis prêts à tout pour obtenir un scoop juteux, un homme semble déterminé à abattre Ash. Les incidents se succèdent, des proches se comportent de manière suspecte. Charley est en alerte maximum. Mais comment repérer un tueur dans une foule de cinquante mille fans en délire ?Praticien de haut niveau en arts martiaux, Chris Bradford a suivi une véritable formation de garde du corps dans le but d’écrire cette série. Il est une célébrité dans le monde anglo-saxon.

 

  • Avis :

Ayant adoré les trois premiers opus de la série, j’étais impatiente de pouvoir retrouver les différents personnages et l’ambiance qui se dégage des romans. Concernant les premiers, comme il s’agit ici d’un préquel, ils ne sont donc pas tous là mais cela permet de se concentrer sur les prémisses de l’histoire.

Pour ce tome, nous découvrons donc Bodyguard à ses débuts, lorsque l’association ne compte que quelques élèves. Et surtout, nous apprenons pourquoi Charley est entrée dans Bodyguard et ce qui lui est arrivée. Charley est l’un des personnages les plus attachants de la série et j’étais vraiment curieuse d’en apprendre plus sur elle.

Le début nous met directement dans l’action et celle-ci ne s’arrête jamais, allant crescendo jusqu’à la phrase finale. Même si je savais déjà comment cela allait se terminer pour Charley, j’ai malgré tout espéré que cela n’allait pas arriver et c’est l’une des choses que j’ai aimé dans le roman : j’ai été emportée dans l’histoire et je me suis une nouvelle fois attachée à Charley. Ce tome nous met face à son courage et à sa détermination mais aussi face à ses doutes et ses faiblesses. Personnage en souffrance, elle trouve toujours au fond d’elle-même la force d’aller jusqu’au bout. Charley fait partie de ces personnages qui force l’admiration et qu’on a envie de consoler tout à la fois.

Au niveau de l’intrigue, l’auteur réussi encore une fois à la rendre prenante. Si la résolution me semble logique, tous les moments qui se passent entre deux m’ont souvent surprise et c’est ce qui rend cette série aussi addictive. On se prend au jeu de chercher le coupable et de réfléchir à une manière de savoir comment déjouer les différents pièges qui se trouvent sur la route des Bodyguards.

L’histoire en elle-même propose une plongée dans le monde effrayant du show-biz et notamment dans celui des fans extrêmes. Le concept est réaliste et on frissonne en songeant que certains fans sont réellement comme cela, prête à tout pour approcher leur idole.

Le fait que ce tome soit raconté par une fille amène une douceur étonnante au vue du sérieux de l’histoire et permet de voir l’envers du décors de Bodyguard d’un autre point de vue. La manière dont Charley doit faire ses preuves est différente des autres tomes puisqu’il s’agit là de démontrer le sérieux d’un garde du corps adolescent ET féminin.

En bref une nouvelle plongée réussie dans la série, avec une héroïne qui ne s’en laisse pas compter et qui reste diablement attachante.

Vivement le prochain !

 

« On ne choisit pas les cartes que la vie nous donne, mais on peut toujours choisir la façon dont on les joue. »

 

Merci aux éditions Casterman pour cette lecture ~

 

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23 / 50

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Auror : lire un roman policier – 30 points

Les Filles déchues de Wakewater – V.H. Leslie

Titre : Les Filles déchues de Wakewater

V.O. : Bodies of Water

Auteur : V.H. Leslie

Traducteur : Mélanie Trapateau

Editeur : Denoël

Date de Parution : 2 Février 2017

 

 

  • Résumé (éditeur) :

Londres, époque victorienne. Le sanatorium de Wakewater est une sinistre bâtisse située sur les bords de la Tamise qui accueille les jeunes femmes dépressives. On retrouve régulièrement des cadavres de noyées échoués à proximité… Londres, de nos jours. Délaissé pendant des années, Wakewater a été transformé en immeuble dernier cri. C’est ici que s’installe Kirsten, à la suite d’une rupture. Elle espère y trouver la paix, grâce au calme réparateur de la Tamise. Au fil des jours, la jeune femme devient de plus en plus obsédée par les secrets que recèle l’ancien sanatorium. Et si les noyées de Wakewater n’avaient pas dit leur dernier mot ?

 

  • Avis :

Il faut d’abord que je vous avoue quelque chose : je suis une flipette (oui, voilà, c’est dit). Par conséquent, je lis/regarde assez peu d’histoires qui peuvent me faire peur. Malgré tout, j’aime beaucoup les histoires de fantômes (non, ce n’est pas forcément logique je sais…). Du coup, lorsque j’ai lu le résumé, la curiosité l’a emportée et je n’ai pas pu résister à me lancer.

L’alternance entre l’histoire de Kristen et celle de Evelyn m’a beaucoup plu. L’Histoire se répond à plus de cent ans d’intervalle et je n’ai pu qu’apprécier le ping-pong entre leurs deux vies. Ces femmes, si différentes et en même temps si semblables, vivent toutes deux dans la même maison mais, si Evelyn y est alors que cette dernière est neuve, Kristen en voit la version décrépie. Décrépie et surtout pleines d’histoires. Glauques peut-être mais surtout intriguantes. Et, comme Kristen, on ne peut que se poser des questions et vouloir savoir ce qui s’est réellement passé. Mais, à la différence de Kristen, nous avons en parallèle l’histoire d’Evelyn et apprenons donc peu à peu ce qui s’est déroulé durant son époque à elle.

J’ai d’ailleurs trouvé que l’histoire passée de Kristen était finalement assez peu exploitée alors que celle d’Evelyn est la clef de voûte du roman. C’est donc plutôt à celle-ci que je me suis attachée et j’ai aimé en découvrir plus sur les mœurs de l’époque (pas forcément sympathiques) qui ancre le récit dans la réalité et lui donne une vie tangible. Ce côté très historique contribue à ce que l’on croit finalement au surnaturel qui s’intègre peu à peu à l’histoire de manière subtile.

L’eau est un personnage aussi important que les femmes et tout aussi féminin. J’ai beaucoup aimé cette personnification du fleuve qui ajoute à l’ambiance du roman et m’a parfois fait frissonner. Je peux parfaitement comprendre cette fascination pour le fleuve de Kristen, tout autant que la répulsion d’Evelyn car l’auteur réussi parfaitement bien à nous retranscrire les émotions qu’elles ressentent vis à vis des flots.

En bref un roman intriguant qui propose une histoire prenante dont le lecteur ne peut que tourner les pages sans s’arrêter pour en découvrir la finalité.

Merci aux éditions Denoël pour cette découverte ~

 

« N’était-ce pas cela l’amour ? Le fait de s’abandonner, de se livrer à l’autre et de le laisser entrer, sans aucune garantie qu’il aimera ce qu’il découvrira. Et parfois l’autre est déçu. Car ce qu’il veut vraiment, c’est la poupée. Il n’apprécie pas qu’une belle enveloppe soit gâchée par des faiblesses et des imperfections humaines. »

 

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hp5-8110

Mimi Geignarde : un livre dont vous n’aimez pas la couverture – 15 points

Les Décharnés, Une lueur au crépuscule – Paul Clément

Titre : Les Décharnés, Une lueur au crépuscule

Auteur : Paul Clément

Date de Parution : 1er Décembre 2015

 

 

  • Résumé (4ème de couverture) :

Une journée de juin comme une autre en Provence. Blessé à la cheville, Patrick, un agriculteur de la région, asocial et vieillissant, ne souhaite qu’une chose : se remettre au plus vite pour retrouver la monotonie de sa vie, rythmée par un travail acharné.

Mais le monde bascule dans l’horreur lorsque les automobilistes, coincés dans un embouteillage non loin de chez lui, se transforment soudain en fous assoiffés de sang… de sang humain. S’il veut survivre, Patrick doit non seulement faire face à ces démons qui frappent à sa porte mais aussi à ceux, plus sournois, qui l’assaillent intérieurement. Et si cette petite fille, qu’il prend sous son aile, parvenait à le ramener, lui, vieux loup solitaire, dans le monde des vivants ?

 

  • Avis :

Si je n’en lis pas régulièrement, j’aime bien les histoires de zombies et j’étais donc curieuse de lire celle-ci dont le résumé me tentait bien. D’autant plus que l’auteur est français et que l’histoire se passe donc en France (soyons chauvins !)

Le début démarre sur les chapeaux de roues et on entre directement dans l’histoire par l’arrivée des zombies, provoquant aussitôt une vague de panique et d’horreur parmi la population présente. Le fait qu’on soit loin de la ville au départ du roman, permet d’amener une attente sur le moment où les gens voient arriver les zombies puis comprennent ce qu’il se passe et cherchent alors, non plus à endiguer le problème, mais bien uniquement à sauver leur peau.

Le premier point qui m’a dérangé à la lecture est arrivé à ce moment-là : je fais partie de ces gens qui ont besoin de s’attacher au personnage principal pour entrer dans l’histoire et je n’ai pas du tout accroché au caractère de Patrick. Je ne comprends pas ses décisions, je le trouve contradictoire et du coup, j’ai du mal à l’apprécier. S’il était tout simplement réellement préoccupé uniquement par sa survie, j’aurai peut-être réussi à le comprendre mais, le fait de sauver une enfant qui ne sera, dans ce contexte-là, qu’un poids sur les épaules alors qu’il n’a pas ce réflexe pour un adulte m’a paru illogique. Au-delà de cela, leur relation est mignonne est on comprend bien que la petite sera celle qui fera évoluer l’adulte.

Au niveau de l’intrigue, je l’ai trouvé sympathique et j’ai beaucoup apprécié l’écriture. J’aurai donc pu passer au-dessus du personnage qui gagne malgré tout en empathie au fil du roman mais le deuxième point qui m’a fait m’arrêter souvent dans ma lecture concerne les descriptions. Ce n’est pas nouveau : je n’aime pas ça. Mon souci ici concerne le fait qu’il y a finalement assez peu de dialogues et plutôt beaucoup de descriptions justement. J’aime avoir une part laissée à ma propre imagination quand je lis et ce n’était pas possible dans ce contexte-ci. Donc certes, nous sommes totalement bien guidés sur l’endroit où se trouvent les personnages et il est facile d’en avoir une idée très précise. Trop précise pour moi qui suis vite lassée par les descriptions…

En bref une histoire à l’écriture agréable mais dont le personnage principal et les nombreuses descriptions ultra détaillées m’auront finalement fait décrocher.

Merci à Paul Clément pour sa confiance et sa patience ~

La Maison des Reflets – Camille Brissot

 

Titre : La maison des reflets

Auteur : Camille Brissot

Editeur : Syros

Date de Parution : 2 Février 2017

 

 

  • Résumé (éditeur) :

Depuis 2022, les Maisons de départ ressuscitent le morts grâce à des reflets en quatre dimensions qui reproduisent à la perfection le physique, le caractère, et le petit je ne sais quoi qui appartient à chacun. Les visiteurs affluent dans les salons et le parc du manoir Edelweiss, la plus célèbre des Maisons de départ, pour passer du temps avec ceux qu’ils aiment. Daniel a grandi entre ces murs, ses meilleurs amis sont des reflets. Jusqu’à ce qu’il rencontre Violette, une fille imprévisible et lumineuse… Bien vivante.
Qui accepterait de laisser partir un être cher s’il pouvait le garder à ses côtés pour toujours?

 

  • Avis :

Le roman nous présente Daniel qui a grandi dans une maison de départ entre son père, toujours au travail, et sa gouvernante. N’étant presque jamais sorti de chez lui, les seuls rapports amicaux que connait le jeune homme sont ceux des reflets qui peuplent la maison et qui sont, pour lui, aussi réel que les humains qui peuplent la ville alentour.

Ce point de départ propose donc une réflexion sur les reflets eux-mêmes. Sont-ils humains ou non ? Permettent-ils vraiment aux gens de faire leur deuil ou, au contraire, les font-ils entrer dans une phase de déni en leur permettant presque d’oublier la mort de la personne qui leur était chère ? Dans notre monde actuel où les hologrammes commencent à prendre de la place, les Maisons de Reflets deviennent des endroits tangibles assez faciles à imaginer. Et on se prend à se demander ce que l’on ferait, nous, s’il nous était possible de créer le reflet d’une personne aimée et disparue. Un reflet semblable trait pour trait avec lequel discuter et où se retrouverait la personnalité du décédé…

Le roman pose ces questions avec douceur et intelligence, notamment grâce à Daniel qui évolue au fil des pages, découvrant un monde qu’il n’imaginait finalement pas. A ne voir qu’un seul côté des éléments, on oublie souvent qu’il y en a un deuxième, parfois aussi intéressant que le premier ou, tout au moins, différent. Madame Elia, la préceptrice de Daniel, est l’un des pivot du roman, le poussant à se poser des questions et à aller chercher des réponses, au-delà de sa zone de confort habituelle. Le roman nous pousse d’ailleurs à sortir de la nôtre en nous invitant à réfléchir à ce que les nouvelles technologies peuvent permettre de faire. Les Maisons de Reflets sont en quelque sorte une manière de chercher à défier la Mort et j’ai beaucoup aimé le parallèle avec les citations de début de chapitres qui renvoient aussi bien au folklore qu’à des histoires connues de tous.

J’ai trouvé qu’il était vraiment question de dualité dans cet ouvrage, choses qui m’a particulièrement plu. Qu’il s’agisse du monde extérieur en opposition avec l’intérieur de la maison, de Violette en double d’Esther, de la différence entre l’absence du père de Daniel et la présence virtuelle de sa mère, de la communication par lettres alors que la technologie est si présente, de la mort qui ne l’est plus tout à fait alors même que les reflets ne sont pourtant pas totalement la vie… L’histoire navigue entre ces oppositions et entraîne le lecteur à sa suite, l’invitant à réfléchir comme à se laisser porter par l’intrigue qui se dévoile peu à peu, ne rendant que plus avide d’en savoir plus sur le fin mot de l’histoire.

En bref un roman prenant qui propose une réflexion sur le deuil pleine de douceur et très actuelle. Un joli coup de cœur en ce début d’année !

Merci à Véronique et aux éditions Syros pour cette belle découverte ~

 

« Il n’y a rien de pire que de voir un proche nous être arraché, sans nous laisser la chance de poser le point final à l’histoire que nous écrivions ensemble. »

« Face à un deuil, on est toujours seul, il me semble. C’est un gouffre qui se creuse en nous, et personne ne peut en imaginer la profondeur car il faudrait oser s’en approcher, se pencher au-dessus du vide, perdre soi-même une partie de son équilibre. Et tout ça pour quoi ? Pour découvrir l’épaisseur du chagrin qui se cache au fond et réaliser que la petite flamme que l’on a apporté s’y noiera aussitôt. Alors, on fait un pas en arrière. On se dit que la tristesse passera avec le temps, ou des formules de ce genre. Je suppose que c’est vrai, même si c’est un peu cruel. »

 

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cof

15 / 50

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Bague de Gaunt : lire un livre où la famille est centrale à l’intrigue – 20 points

Another, T1 Celle qui n’existait pas – Yukito Ayatsuji

Titre : Celle qui n’existait pas

V.O. : Another, vol. 1

Série : Another

Auteur : Yukito Ayatsuji

Traducteurs : Momomi Machida

et Patrick Honnoré

Editeur : Pika Roman

Date de Parution : 13 Avril 2016

 

 

  • Résumé (éditeur) :

Collège de Yomiyama-Nord, 1972.

Lorsque Misaki, élève de 3e-3, trouve la mort, les autres élèves de la classe refusent de l’accepter, et font « comme si Misaki était toujours en vie ». Tant et si bien que leur camarade apparaît, pâle mais avec le sourire, sur la photo de classe de fin d’année ! Depuis, la « classe maudite » est le théâtre d’accidents en série, terrifiant élèves aussi bien que professeurs. Et si la 3e-3 était devenue l’antichambre de la mort… ?

 

  • Avis :

Je l’avoue, je m’y suis prise un peu à l’envers puisque j’ai commencé par le spin-off Où est le mort ? et c’est en lisant ce dernier que je me suis vraiment intéressée à l’histoire de Another dans son ensemble. Si je connaissais donc le contexte dans lequel se déroulait ce roman, j’ai malgré tout commencé à me poser des questions au fil des pages, alors même que le roman que j’avais lu me fournissais les réponses… Cela pour dire que l’ambiance que l’on trouve dans « Celle qui n’existait pas » a réussi à semer le doute dans mon esprit !

L’écriture est finalement assez particulière, comme dans l’opus que j’avais lu et c’est elle qui contribue à cette ambiance étrange, un peu glauque parfois, où le lecteur se pose beaucoup de questions. Il est ici aidé en la personne de Sakakibara, le personnage principal, qui arrive au collège de Yomiyama, dans la 3e-3 et se retrouve confronté à des règles bizarres et parfois même inexpliquées. Curieux, le jeune homme va tenter d’en savoir plus, notamment en s’intéressant à la fille à part de la classe, celle qui, semble-t-il, cache un secret. Mais ce qu’il découvre au fil des pages va lui démontrer que ce n’est tant elle que toute la classe qui dissimule quelque chose.

Malgré que l’on en sache finalement déjà pas mal sur l’intrigue avec la quatrième de couverture, on ne peut s’empêcher de se poser des questions. Qu’on y croit ou non, on se laisse emporter par l’ambiance qui donne un suspense étrange à l’intrigue… On se demande si ce qu’on pense est juste, s’il n’y a pas derrière toutes ces révélations quelque chose d’autre…

J’ai trouvé très intéressant d’avoir le personnage de Sakakibara comme point d’ancrage car il est similaire au lecteur : il débarque et ne sait rien de ce qui se passe autour de lui. Ici, on ne se pose pas la question de savoir si les décisions prises par le groupe sont justes ou non, uniquement de savoir s’il s’agit d’une année « avec » ou « sans » et de voir comment l’atténuer dans le second cas.

Le roman permet de voir la moitié de l’année et le second tome se concentre certainement sur cette seconde moitié que j’ai hâte de découvrir ! Car une fois commencé… on ne peut que vouloir en savoir plus !

En bref un roman à l’ambiance dérangeante qui le rend complètement addictif !

 

Merci à Laure et aux éditions Pika pour cette découverte ~

 

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Cho Chang : un livre où le héros est asiatique – 60 points