Your Name – Makoto Shinkai

 

Titre : Your Name

V.O. : Kimi no na wa

Auteur : Makoto Shinkai

Traducteur : Jean-Louis La Couronne

Editeur : Pika Roman

Date de Parution : 5 Juillet 2017

 

 

  • Résumé (éditeur) :

Mitsuha, une jeune fille élevée dans une famille traditionnelle, s’ennuie dans ses montagnes natales et voudrait connaître la vie excitante d’une grande ville. À Tokyo, Taki est débordé, entre le lycée, son travail à temps partiel et ses amis.
Un jour, Mitsuha rêve qu’elle est un jeune homme à Tokyo, tandis que Taki se voit en rêve dans la peau d’une adolescente du Japon rural… Contre toute attente, leurs rêves respectifs sont devenus réalité : leurs corps se sont échangés et chacun vit la vie de l’autre !
Attirés de façon inexplicable, Mitsuha et Taki vont tout faire pour se retrouver bien que le temps et l’espace semblent les séparer…

 

  • Avis :

Ayant vu le film et l’ayant adoré, j’étais curieuse de voir si le roman était différent ou non. En général, on s’aperçoit vite que le film ne reprend pas tous les éléments. Ici, le roman fait suite à l’idée du film et a été écrit durant le tournage de ce dernier. Cette création des deux éléments simultanément se trouve à la fin du roman, raconté par l’auteur et les explications permettent au lecteur de bien comprendre le processus et le pourquoi de l’écriture de ce texte.

Je vous parlerai certainement du film lorsque je le visionnerai de nouveau et je vais donc laisser de côté l’esthétique des images pour me concentrer uniquement sur celle des mots.

L’histoire nous présente deux adolescents qui, un beau matin, se retrouvent dans le corps l’un de l’autre. S’ils ne semblent avoir rien en commun, leurs « rêves » vont peu à peu les faire évoluer, chacun ayant une incidence sur la vie de l’autre lorsqu’il prend possession de son corps.

Il y a d’ailleurs toute une réflexion sur les souvenirs et sur leur lien au corps, par exemple sur les automatismes que notre corps intègrent sans que nous ne nous en rendions compte. L’histoire se concentre vraiment sur cette notion de lien. Lien de l’esprit au corps, lien des gens entre eux, liens familiaux, amicaux, amoureux. Liens du passé au présent. Notre vie est un enchevêtrements de liens qui se tissent au fil du temps, qui grandissent ou s’amenuisent et qui ne sont pas toujours le fait de notre propre volonté. Certains liens sont créés bien avant notre naissance et auront pourtant une incidence importante sur notre vie.

Si cette notion est particulièrement intéressante en elle-même, elle est ici proposée avec une poésie toute particulière. Le texte va crescendo pour une ambiance tout d’abord très humoristique puis plus douce avant de se dramatiser peu à peu. On ressent la fébrilité des personnages, leur détresse et leur volonté de se rappeler.

Grâce au film, je connaissais déjà l’histoire et, pourtant, je me suis de nouveau prise au jeu de l’intrigue. J’ai espéré avec eux et je suis totalement entrée dans cette vision très onirique du monde. Qu’il s’agisse de Taki ou de Mistuha, je me suis attachée à ces deux héros courageux et profondément attendrissant.

En bref un roman d’une poésie exquise, qui amène son lecteur à comprendre la profondeur des liens qui l’unissent au monde.

L’Attaque des Titans, Harsh Mistress of the City – Ryô Kawakami

 

Titre : Harsh Mistress of the City

Série : L’Attaque des Titans

Auteur : Ryô Kawakami

Basé sur l’oeuvre de : Hajime Isayama

Illustrateur : Range Murata

Editeur : Pika Roman

Date de Parution : 8 Mars 2017

 

 

  • Résumé (éditeur) :

Shinganshina est tombée et une grande partie de l’humanité s’est réfugiée derrière le mur Rose. Le district de Quinta, situé à l’extrémité ouest du mur Maria, tient encore, encerclé par les Titans. Dans le second et dernier opus de cette aventure, Rita Iglehaut, commandant des forces encore en place, lutte pour que sa ville natale, coupée de tout, survive. Cependant, ses méthodes draconiennes secouent non seulement les habitants mais aussi Mathias Kramer, son ami d’enfance.

 

  • Avis :

On retrouve les personnages plusieurs mois après la fin du premier tome et un nouveau statu quo s’est installé sur la ville. Rita mène ses troupes d’une main de fer, faisant régner l’ordre par la terreur alors que Mathias est obligé de se cacher pour échapper à la vengeance de son ancienne meilleure amie.

Si l’histoire est assez simple de base, les réflexions qu’elles véhiculent sont intéressantes. Les raisons de chacun des personnages pour faire ce qu’ils font sont compréhensibles même si le lecteur n’est pas forcément d’accord avec leurs décisions. Le texte montre différentes sortes de violences, directes, brutes, dissimulées…

Je me suis plus attachée aux personnages dans ce volume-ci puisqu’ils se concentrent plus sur leurs ressentis. J’ai apprécié que les titans soient un arrière-fond de ce qui se déroulent dans la ville. Cela permet de se concentrer sur les personnages et de poser bon nombre de questions. Comment s’organiser lorsqu’on est coupé de tout ? La peur est-elle nécessaire à l’ordre ? Peut-on encore rêver d’utopie lorsque tout semble perdu ? Tous les moyens sont-ils bons à être utilisés ? Peut-on tout justifier ?

L’intrigue est bien menée et on se laisse prendre au jeu, se demandant comment (ou si) ils vont s’en sortir.

Je n’ai, pour une fois, pas été dérangée par le fait qu’il s’agisse d’une fin ouverte. Tout a été dit et les personnages n’ont plus qu’à continuer à se battre pour tenter de survivre tout en essayant de garder leur humanité.

En bref un roman qui m’a plus accroché que le premier et dont j’ai trouvé les réflexions vraiment intelligentes et bien posées.

 

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38 / 50

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Duel de sorciers : lire deux romans d’une même saga – 20 points

avec Hope of the City

Les lutins urbains, T4 Le péril Groumf – Renaud Marhic

Titre : Le péril Groumf

Série : Les lutins urbains

Auteur : Renaud Marhic

Editeur : Editions P’tit Louis

Collection : Romans Jeunesse

Date de Parution : Mars 2017

 

 

  • Résumé (éditeur) :

On a volé le jouet préféré du pacha-héritier ! C’est en visite dans la Grosse Cité que le jeune prince du Pépettochistan a été dévalisé. Du coup, son père menace de déclencher la 3e Guerre mondiale si le responsable n’est pas retrouvé…
Voilà un travail pour Gustave Flicman. Car selon les autorités, aucun doute : encore un coup des Lutins Urbains ! De retour à l’Université d’Onirie, c’est pourtant un tout autre voleur que notre héros découvre…
L’étrange coupable et son complice, Le Troll, ne tardent pas à quitter la ville. En voiture Simone ! Gustave décide de suivre le duo. Il ne sait pas que l’attend le plus fou, le plus périlleux des voyages qu’il n’ait jamais imaginé…

 

  • Avis :

Nous retrouvons Gustave, monté en grade, et sa volonté de vivre une vie loin, bien loin d’Onirie et des lutins. Malheureusement pour lui, heureusement pour nous, Gustave n’a pas perdu sa capacité à voir ce qui est invisible pour d’autres. Encore une fois, il se retrouve donc plongé jusqu’au cou dans les ennuis. Cette fois, c’est un énorme yéti, Groumf, qui est la cause de son émoi . En volant le doudou de l’héritier du Pépettochistan, Groumf entraîne Gustave dans une course-poursuite effrénée.

J’avais beaucoup aimé les précédents tomes des Lutins Urbains, notamment au niveau des jeux de mots présents dans le texte. Je les ai trouvé ici un peu moins nombreux et, finalement, si le roman garde son humour et se lit tout seul, il m’a manqué un peu de « Lutins ». Si Groumf et le Troll permettent de lancer l’histoire et y joue un grand rôle, c’est surtout sur les pensées de Gustave qu’on se focalise et, s’il est adorablement à l’ouest, il m’a manqué un petit quelque chose pour être totalement prise dans l’intrigue. Cette dernière s’intéresse aussi au professeur et à son « ennemi » au casque noir, ce que j’ai trouvé intéressant car cela permet de garder un fil rouge à la série.

J’ai néanmoins passé un bon moment avec ce roman qui se lit facilement et amène un peu de magie et une douce folie dans le quotidien.

En résumé, un ouvrage pour petits et grands qui rappelle de toujours ouvrir l’œil pour essayer de repérer les lutins urbains.

Merci à Renaud Marhic pour sa confiance ~

 

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37 / 50

et dans

Champifleur : un livre avec un troll dans l’histoire – 40 points

Le Paris des Merveilles, T3 Le Royaume Immobile – Pierre Pevel

 

Titre : Le Royaume Immobile

Série : Le Paris des Merveilles

Auteur : Pierre Pevel

Editeur : Folio SF

Date de Parution : 4 Mai 2017

 

 

  • Résumé (éditeur) :

Alors que tout le monde ne songe qu’aux prochaines élections du Parlement des Fées, Griffont doit aider un ami soupçonné de meurtre. De son côté, Isabel se trouve aux prises avec de dangereux anarchistes venus de l’OutreMonde et décidés à ensanglanter Paris pour se faire entendre. Mais ces deux affaires pourraient bien être liées, et nos deux héros ne tarderont pas à lever le voile sur un secret ancien susceptible d’ébranler le trône d’Ambremer. Un secret que convoite le Reine Noire, jumelle maléfique et ennemie acharnée de la reine des fées.

 

  • Avis:

Comme pour les deux tomes précédents, quelques lignes ont suffit pour que je me retrouve propulsée dans le Paris des Merveilles et que j’y retrouve des personnages que j’avais tant apprécié dans les deux précédents opus. Les événements s’enchaînent rapidement et beaucoup de questions et de non-dits planent au long des chapitres. Si l’action est tout aussi présente (si ce n’est plus), j’ai trouvé que ce tome contenait aussi beaucoup de tristesse. De par les événements qui s’y déroulent évidemment mais aussi de par les personnages eux-mêmes. Comme s’ils vieillissaient soudain et regardaient en arrière. Des chemins pris qui, on s’en rend compte finalement après, n’ont pas toujours été les bons, des années écoulées qui ne reviendront plus, des amitiés disparues.

Et, malgré cela, il y a toujours l’espoir que rien n’est terminé. Il y a des amitiés et des amours qui traversent les mondes comme elles traversent le temps. La loyauté indéfectible et les discussions qui sont autant de preuves de la présence de l’autre.

L’intrigue nous démontre comment le passé se mêle toujours de l’avenir et nous présente de nouveaux méandres de Paris. On s’y croirait et on y prend un fiacre pour aller de rues en rues. Je me suis laissée bercée par les mots de Pierre Pevel et j’ai suivis les déboires de Gryffont et d’Aurélia, croisant les doigts pour leurs résolutions sans jamais m’ennuyer un seul instant.

Je regrette cependant qu’on n’en sache pas plus sur le monde des fées et notamment sur la guerre qui oppose Méliane et Lyssandre. Je suis vraiment très curieuse de les voir plus jeunes ! Rien que pour cela, il aurait fallu un autre tome 😛

Que dire de plus sinon que j’ai refermé ce tome avec un petit pincement au cœur car la trilogie est terminée… Et en même temps, l’appel à texte de Pierre Pevel sur le Paris des Merveilles implique qu’il y aura donc d’autres textes autour de cet univers. Malgré tout, dire au revoir à Gryffont et Aurélia revient à se séparer de vieux amis.

En bref un troisième tome qui clôture en beauté une histoire merveilleuse, refermant la porte sur un monde enchanté que j’aurai pris grand plaisir à parcourir.

 

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Touffu = lire une trilogie (25 points)

et dans Le Printemps de l’Imaginaire Francophone

Merveilles & Légendes de Korrigans « Petits contes secrets » – Pascal Moguérou

Titre : Merveilles & Légendes de Korrigans « Petits contes secrets »

Auteur : Pascal Moguérou

Editeur : Au Bord des Continents

Date de Parution : 23 Avril 2014

 

 

  • Résumé (éditeur)

On trouve dans ce ‘grimoire ancien’ dédié aux lutins vivant dans les contrées septentrionales de l’Europe, une présentation de chacune des tribus (ceux des landes, des forêts, des rivages…) mais aussi de nombreux contes, concoctés et illustrés par le maître en la matière, Pascal Moguérou, où le merveilleux, la nostalgie de l’enfance et l’amour associé au respect de la nature transparaissent entre chaque ligne.

 

  • Avis:

La date de sortie de Sombres Féeries étant venue, je me suis dit qu’il était VRAIMENT temps de sortir cet ouvrage-ci de ma PAL avant d’en ajouter un autre. Ça tombe bien : avec les week-end de trois jours, j’ai du temps pour me poser tranquillement !

Je dis tranquillement car, si en général je lis un peu partout, les livres illustrés sont plutôt pour moi des moments où j’aime avoir ma bulle pour pouvoir les parcourir visuellement tout autant que les lire. Et puis, pensez donc si je lisais ce genre d’ouvrage dans le métro ! Que direz les gens en me voyant baisser le nez sur ma lecture pour le relevez un long moment plus tard, les cheveux ébouriffés par le vent de la lande et des feuilles dans les cheveux ?!

Bref, j’ai donc profité d’un moment « bulle » pour partir sur les traces des Korrigans. Je me suis perdue entre les pages, j’ai visité des lieux empreints de magie, j’ai rencontré des personnages attachants, j’ai regardé passer les saisons et je suis revenue… La première chose à savoir concernant cet ouvrage, c’est finalement qu’il laisse rêveur. Qu’il nous conte des histoires qui trouvent un écho dans des lieux qu’on croit connaître et qui nous donnent envie de les retrouver pour les découvrir à nouveau, les yeux cette fois grands ouverts.

Ce sont des histoires qui parlent d’amitié qui défient le temps, qui raconte les liens familiaux, l’amour qu’on porte à sa terre et à ceux qui nous entourent. C’est un ouvrage qui parle des fondamentaux de l’humanité, cette dernière n’étant pas forcément là où on l’attend le plus. Et puis, bien sûr, il y a de la malice, de la sournoiserie et des défis en tout genre.

Les illustrations nous donnent une image de ce dont les mots nous avaient déjà donné un aperçu et nous permettent de nous ancrer encore un peu plus entre les lignes, mettant des visages sur des noms et des couleurs sur les paysages. Ils sont autant d’histoires racontées que de traits esquissés, les deux invitant sans peine à voyager.

A la sortie de cet ouvrage, je n’ai finalement qu’un seul regret : ne pas avoir pu le partager à voix haute avec quelqu’un. Je suis sûre que ces mots auraient encore une autre résonance de cette manière !

En bref une plongée réussie dans les landes en compagnie d’une myriade de Korrigans farceurs.

Quelques photos pour vous donner un aperçu ~

 

Entre dans Le Printemps de l’Imaginaire Francophone

Et dans

Grimoire poussiéreux : un livre qui prend la poussière dans ta pile à lire depuis au moins 1 an – 10 points

 

Le jardin des silences – Mélanie Fazi

 

Titre : Le jardin des silences

Auteur : Mélanie Fazi

Editeur : Bragelonne

Collection : L’Autre

Date de Parution : 22 Octobre 2014

 

 

  • Résumé (éditeur) :

Un bal secret au coeur de l’hiver, une violoniste dont les notes soulèvent le voile des apparences, une dresseuse d’automates dépassée par sa création : à travers ces douze textes ciselés, découvrez ou retrouvez l’univers envoûtant de Mélanie Fazi, auteure rare à la plume délicate, qui joue des mots émotions avec une justesse bouleversante.

 

  • Avis :

Je lis rarement de recueil de nouvelles mais, en cette période de partiels, j’étais contente de pouvoir lire une histoire et en avoir la fin puisque je ne pouvais pas reprendre un roman tout de suite. Le Jardin des silences était LE livre que j’avais décidé de m’offir en allant au Salon Fantastique car les résumés que j’avais lu de certaines nouvelles me tentaient beaucoup.

Et, pour une première dans l’univers de Mélanie Farzi, je dois dire que je suis conquise !

J’ai été totalement entraînée par la mélodie des textes. Aucune nouvelle ne m’a déplu, même si évidemment, j’ai été plus sensible à certaines d’entre elles. La tristesse qui se dégage des mots prend vraiment aux tripes et, en même temps, l’espoir est sous-jacent. J’ai adoré ces textes et j’ai eu du mal à quitter cet univers aussi fantastique que doux.

On vit les histoires, on s’attache aux personnages et on est triste de les quitter, alors même que nous n’avons passé que quelques petites pages en leur compagnie. Chaque histoire à son univers propre, amené et décrit de telle sorte que le lecteur à l’impression de le connaître déjà. On se perd entre les mots et on y revient après chaque fin de nouvelle, attiré par la plume envoûtante de Mélanie Farzi.

En bref un petit bijou ! Qui me donne très envie de découvrir les autres textes de l’auteur.

 

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Item éphémère Gilderoy Lockhart : lire un livre dédicacé – 105 points

Les Puissants, T1 Esclaves – Vic James

 

Titre : Esclaves

Série : Les Puissants

Auteur : Vic James

Traducteur : Julie Lopez

Editeur : Nathan

Date de Parution : 4 Mai 2017

 

 

  • Résumé (éditeur) :

Dans le jeu du pouvoir, chacun risque sa vie.

Dans une Angleterre alternative, chacun doit donner 10 ans de sa vie en esclavage.

Seuls quelques privilégiés, les Égaux, riches aristocrates aux pouvoirs surnaturels, restent libres et gouvernent le pays.

Abi, 18 ans, et son frère Luke, 16 ans, voient leur destin bouleversé quand leurs parents décident de partir tous ensemble accomplir leurs jours d’esclavage. Abi devient domestique au service de la puissante famille Jardine. Le somptueux décor dans lequel elle évolue dissimule en réalité de terribles dangers, car chez les Égaux, les luttes de pouvoir sont sans pitié. Et lorsqu’elle tombe amoureuse d’un de ses maîtres, c’est sa vie même qui est en péril…Luke, quant à lui, a été exilé dans la ville industrielle de Millmoor. Dans un environnement brutal et pollué, il s’épuise à la tâche. Cependant, d’autres, comme lui, partagent ses idéaux de liberté. Il découvre alors qu’il existe un pouvoir bien plus grand que la magie : la rébellion.

 

  • Avis:

Wow… Cela faisait un moment qu’un roman ne m’avait pas fait cet effet-là !

Si le résumé me tentait déjà beaucoup, les premières pages n’ont fait que confirmer que le roman allait me plaire et ce sentiment s’est intensifié au fil des chapitres. Jusqu’à ce que j’en referme la dernière page avec le sentiment de « Nooooon c’est fini ! Où est la suite ?! ». Bref, j’ai dévoré et adoré ce roman.

S’il s’agit d’un tome de mise en place, aussi bien des personnages (assez nombreux) que de l’intrigue, ce premier opus n’oublie absolument pas d’être riche en actions. Plusieurs situations se font et se défont au fil du récit, amenant de nouvelles questions, en résolvant d’autres et faisant entrer toujours un peu plus le lecteur dans le monde ainsi créé. Kyneston ou Millmoor deviennent des endroits que le lecteur connait pour y vivre en compagnie des personnages, pour y voir leur évolution et constater leur souffrance et leurs joies. Moi qui n’aime pas les descriptions, je n’ai ici jamais eu l’impression d’en lire tant les passages sont simplement nécessaires à la compréhension et à l’ambiance. Le décor posé, celui-ci devient un endroit où il est facile d’évoluer et où s’y distille les nouveautés par petites touches discrètes et bien amenées.

Sept personnages prennent tour à tour la parole au fil des chapitres et je n’ai pourtant jamais été perdue. Si les principaux sont Luke et Abi, le fait que certains des autres prennent de l’importance permet de découvrir d’autres facettes de leur personnalité. L’auteur sait parfaitement où elle mène ses lecteurs et comment leur faire apprécier ou non un personnage. Et pourtant, aucun d’entre ces derniers n’est parfait. On les aime parfois, on les déprécie ensuite mais on ne peut pas rester neutre face à eux. C’est là l’un des gros points forts du roman : les personnages suscitent tous des émotions. Si Luke m’a beaucoup touché, si son courage et celui d’Abi ne peuvent que forcer l’admiration, j’ai trouvé très intelligent de la part de l’auteur de nous permettre d’en savoir plus sur Silyen et Gavar dont j’ai hâte de connaître l’évolution, en espérant que Jenner gagne un peu en charisme.

Je pourrais citer une pléthore de personnages m’ayant marqué dans ce roman mais je vais m’arrêter là pour vous parler de l’autre point génial de cette lecture : l’intrigue. Le récit pose des questions importantes sur la notion de justice et de soumission. Avoir une compétence en plus à la naissance donne-t-elle le droit de disposer des autres ? Est-ce qu’une coutume est forcément juste parce qu’elle a été instaurée il y a des décennies de cela ? Ceux qui détiennent le pouvoir le font-ils de manière justifiée ? Le peuple a-t-il plus de pouvoir que ceux qui le gouverne ? Qui possède le plus de tords : ceux qui soumettent ou ceux qui trouvent normal d’être soumis ? Autant de questions qui sont finalement d’actualité et qui prennent ici un sens bien différent en prenant l’esclavage comme la perte de son humanité. Durant dix ans, vous ne disposez plus de vous. Le seul choix que vous ayez est de décider de quand commencer ces fameux dix ans.

Pour la famille Hadley, ce sont les parents qui décident de les faire tous ensemble, entraînant leurs trois enfants, Abigail, Luke et Daisy avec eux dans le but de faire leurs jours d’esclavage en famille. Par un concours de circonstance, Luke ne peut suivre la famille et est envoyé dans la ville d’esclaves de Millmoor alors que les autres prennent le chemin du domaine de la famille la plus puissante du pays : les Jardine.

Moi qui aime les intrigues politiques, j’ai été plus que servi dans ce premier opus et j’imagine que le second gardera la même dynamique, ajoutant des alliés ou des opposants à la révolution qui s’annonce dans ce tome-ci. Si le lieu très fermé de Kyneston regorge de ragots et d’intrigues en tout genre, l’action se concentre plutôt à l’intérieur de Millmoor, là où se retrouve en majorité le peuple opprimé.

Je ne sais que vous dire de plus pour ne pas vous gâcher le plaisir mais, si vous en avez l’occasion, n’hésitez pas : lisez-le !

En résumé un premier opus qui remplit parfaitement son office de mettre en place une intrigue passionnante et des personnages vivants tout en instillant une dynamique qui n’augure que du bon pour la suite. Un gros coup de cœur !

Merci aux éditions Nathan pour cette découverte ~

 

« Les gens avaient moins tendance à se soucier des autres quand leur propre survie accaparait leur attention. »

« C’était la confiance qui rendait tout ça possible. La confiance qui vous prêtait les yeux d’une autre personne, ses bras puissants, son cerveau rapide. Qui vous faisait plus grand que vous ne l’étiez tout seul. »

« La technologie, lui avait-il expliqué, était un outil simple dont tout le monde s’était convaincu de la complexité. Faillible, mais que tout le monde croyait parfait. Les gens avaient délégué leur jugement critique – et même ce que leur indiquaient leurs propres sens – au pouvoir de la technologie. si on arrivait à tromper celle-ci, il n’était alors plus nécessaire de chercher à tromper les gens. »

 

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