Starfell, T1 Violette Dupin et le jour perdu – Dominique Valente

 

Titre : Violette Dupin et le jour perdu

V.O. : Willow Moss and the Lost Day

Série : Starfell

Auteur : Dominique Valente

Traducteur : Anne Guitton

Editeur : Casterman

Date de parution : 1er avril 2020

 

 

  • Résumé (éditeur) :

Violette, la plus jeune sorcière de la famille Dupin, a le pouvoir de retrouver tout ce qui est perdu. Lorsqu’un mardi entier est effacé de la mémoire du monde, avec tous les faits et gestes de chacun ce jour là, Moreg Vaine, une redoutable magicienne, s’adresse à elle pour le retrouver et sauver la magie. C’est le début d’une aventure peuplée d’elfes, de trolls et d’un dragon.

 

  • Avis :

Dans la famille de Violette, excepté son père, ils sont tous sorciers. Mais, si sa mère et ses sœurs ont des pouvoirs supers, Violette, elle, n’a « que » le pouvoir de retrouver les objets perdus. Vous avez égaré vos lunettes ? Violette les retrouve ! Vous ne savez pas où vous avez mis votre foulard ? Violette le retrouve ! Si ce pouvoir est très pratique, il n’a cependant rien à voir avec le fait de parler aux morts ou de faire exploser quelque chose.

Pourtant, lorsque la grande sorcière Moreg Vaine se présente chez eux, c’est bien Violette qu’elle recherche. Parce qu’elle a besoin d’elle. Mardi dernier à disparu et, qui de mieux qu’une sorcière capable de retrouver les choses perdues, peut remettre la main sur un jour tout entier ? Commence alors un périple pour comprendre où a bien pu passer le jour envolé.

On pourrait penser qu’une journée sans souvenirs n’est rien. Mais tant de choses peuvent se passer en une journée. Des moments heureux ou tristes, des mariages et des deuils, des amitiés et des bagarres… Tant de petits et grands moments disparus de la mémoire et, avec eux, les sentiments qui y sont associés. Il y a ici une belle réflexion sur le fait de profiter de l’instant présent et des personnes avec qui on le passe.

Cette aventure est également propice pour faire évoluer Violette. Elle qui était le vilain petit canard de la famille, découvre qu’elle a bien plus à offrir aux autres (et à elle-même !) que ce qu’elle pensait. Le roman aborde avec douceur la confiance en soi et la nécessité de ne pas se rabaisser face aux autres. Chacun à ses qualités et ses défauts et tout le monde à quelque chose à offrir. De nombreux personnages rejoignent la petite troupe et eux aussi sont finalement différents des leurs. Est-ce pour cela qu’ils sont moins « biens » ? Au lecteur de se faire son propre avis.

Dans ce roman, la magie est intrinsèque au monde et, pourtant, les sorciers ne sont pas forcément bien vus. Après tout, ils sont différents ! Et la différence c’est mal non ? Ou alors est-ce la peur que provoque la différence qui amène les dérives les plus viles ? J’ai beaucoup aimé comment ce fait est traité ici. Il n’y a pas d’obligation d’une chose à faire plutôt qu’une autre mais bien un encouragement à voir plus loin que les rumeurs et les différences. De voir qu’on peut être différent pour quelqu’un mais similaire à quelqu’un d’autre, que ce qui est un défaut dans une culture peut être une qualité dans une autre.

Concernant l’intrigue en elle-même, elle est pleine d’actions et le lecteur découvre le monde du roman en compagnie de Violette qui voyage et rencontre les personnes et créatures qui le peuplent. La petite bande qui se forme est disparate mais apprend à compter les uns sur les autres et à grandir ensemble. Un point aussi sur Oswin, le monstre sous le lit, qui apporte une touche d’humour aux situations qui défilent.

En bref un roman jeunesse qui allie action, amitié et confiance en soi. Parfait pour les jeunes lecteurs !

 

Le Bestiaire des Légendes – Claudine Glot & Séverine Pineaux

Titre : Le Bestiaire des Légendes

Auteur : Claudine Glot

Illustrateur : Séverine Pineaux

Editeur : Au Bord des Continents

Date de Parution : Mai 2017

 

 

  • Résumé (éditeur) :
Dans ce Bestiaire des Légendes, Claudine Glot et Séverine Pineaux vous invitent à découvrir les animaux et créatures fantastiques qui peuplent nos imaginaires : sirènes, faunes, phénix, sphinx…

 

  • Avis :

Suite au beau Florilège des imaginaires, j’ai eu très envie de me plonger dans les ouvrages de merveilleux que j’ai dans ma bibliothèque et que je n’avais pas encore lu. Comme j’ai passé pas mal de temps devant mon ordinateur à bosser mes partiels, j’avais pris l’habitude de marcher dans le jardin le soir tout en lisant, histoire de bouger un peu. Le format « contes » me donne toujours envie de lire à haute voix ou de les entendre et donc mes parents et mes voisins ont parfois eu droit à des soirées « contes au jardin » 😛

Voilà pour la petite histoire. Passons donc à l’ouvrage lui-même. Vous ne le voyez peut-être pas sur écran mais il est magnifique, dans un style un peu grimoire et totalement illustré. La plongée dans le merveilleux débute donc déjà avec l’objet-livre. J’ai également adoré le format textuel : le côté bibliothèque et les livres qui s’ouvrent et se découvrent au fur et à mesure. On y retrouve totalement la magie de ce qu’est pour moi une bibliothèque : un endroit chaleureux plein d’autres mondes qui ne demandent qu’à s’ouvrir à chaque lecture. Comme l’héroïne, on plonge dans une histoire et celle-ci prend place, prend vie et déroule le fil des mots pour nous entraîner dans des aventures fabuleuses. Elles se font aux côtés d’un bestiaire qui prend forme petit à petit. Poils, plumes, écailles ou parfois tout cela à la fois, on y croise des créatures fantastiques et intrépides, intelligentes et rusées. Certaines qu’on souhaiterait rencontrer et d’autres qu’on préférerait éviter.

Les illustrations permettent au lecteur de s’immerger totalement dans cet autre monde et de pouvoir mettre encore plus de couleurs et de formes aux mots qui courent sur les pages. Les histoires se suivent et les personnages se dévoilent, on y retrouve des héros du merveilleux mais également des héros mythologiques et des gens comme vous et moi qui rencontrent des créatures fabuleuses. On voyage au grès des mots et des illustrations qui ajoutent à l’imaginaire et permettent de s’enfoncer plus loin encore dans les histoires racontées. D’une page à l’autre, les mots volent et nous entraînent en Irlande, en Grèce, en Asie et même jusqu’à l’Olympe. On y côtoie le merveilleux, la ruse et la douceur et on y apprend le courage, l’amour et l’amitié.

J’ai toujours pensé que les contes et légendes permettaient de revivre les échos du passé lorsqu’ils étaient bien racontés et ils le sont ici sans aucun doute. Au grès des pages de cette bibliothèque pleine de merveilles, j’ai traversé le temps et je ne peux que vous conseiller de faire de même si vous aimez rêver.

En bref un ouvrage dont la qualité du texte et des illustrations se mêlent pour entraîner le lecteur à la rencontre d’un bestiaire aussi majestueux que légendaire.

Ci-dessous un extrait et quelques illustrations que vous pouvez également découvrir beaucoup plus joliment sur le site de Séverine Pineaux juste ici.

 

« En franchissant la porte du cabinet de curiosité puis celle de la bibliothèque aux étagères chargées de trésors, trouvailles, butins de voyages lointains ou collections raisonnées, elle avait eu intuitivement la certitude de ce qui l’attendait entre ces murs.
Elle en était sûre, l’éternel cheminement des contes, le flot des légendes, les grandes invasions des mythes voyageurs avaient tous transité par le manoir aux confins de la forêt. Une vie battait ici, à travers les livres, au-delà de leurs pages. »

 

Suprêmes T1 – Elle Séveno

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Titre : Suprêmes – Tome 1

Auteur : Elle Séveno

Editeur : CyPLoG

Date de Parution : 27 mars 2020

  • Résumé :

Quatre cents ans après le monde tel que nous le connaissons, les Humains ne sont plus la race supérieure, ni même la seule. Et ils le découvrent lors d’une terrible invasion qui vire aussitôt à l’horreur.
Quand ils ne sont pas abattus comme du bétail, ils sont réduits en esclavage par une race perverse et tyrannique.
Vine, qui s’est toujours sentie en décalage avec les siens, est emprisonnée à son tour et déportée sur une planète inconnue. Dans sa cellule, elle rencontre un prisonnier différent des autres.
Quelle que soit sa race, il la fascine, la respecte et la guide…
À ses côtés, elle pourrait bien devoir remettre en question toutes ses certitudes.

  • Avis :

J’étais très impatiente de découvrir ce nouveau titre de Elle Séveno, ayant totalement adoré Les Liés (vous pouvez retrouver ma chronique juste ici : https://tempsdemots.wordpress.com/2019/10/07/les-lies-elle-seveno/). Je remercie donc les Editions CyPLoG et Cynthia pour m’avoir permis de découvrir ce roman ^-^.

Le tout début du roman nous emmène à la rencontre de Vine, une jeune femme qui s’est faite emprisonner pour avoir défendu ses convictions dans notre monde devenu totalement inégalitaire. Même si elle n’apprécie pas forcément tous ses semblables, Vine fait preuve d’un instinct de protection et de justice qui l’a mise dans cette mauvaise posture. Son destin va changer du tout au tout, le jour où l’humanité va apprendre à ses frais qu’elle n’est pas seule dans l’univers… Emprisonnée à nouveau, mais par une autre race, Vine va faire la rencontre du Prisonnier. Un être mystérieux qui a bien plus de choses à lui apprendre qu’elle ne pouvait se l’imaginer, et nous embarquons à leurs côtés dans cette aventure ! En effet, Vine et Le Prisonnier ne sont pas des simples victimes qui se laissent abattre par le cours des choses, et ils vont tout mettre en oeuvre pour réussir à se sortir de cette prison et surtout, pour survivre dans cet environnement plus qu’hostile envers eux et tous ceux qui sont considérés comme « faibles » par la nouvelle race supérieure…

Je dois avouer que dans un tout premier temps, j’ai eu un peu de mal à entrer dans le contexte du roman, car nous n’avons qu’au compte-goutte différentes informations sur ce tout nouvel univers qui nous est dépeint. Si cela me sortait parfois un peu de l’histoire au début, au moins j’étais sur un pied d’égalité avec Vine qui apprenait au fur et à mesure cette organisation extra-terrestre dans laquelle on se retrouve plongés. C’est petit à petit qu’on apprend plus d’éléments, d’Histoire sur ce nouveau monde et cette société et qu’on arrive à mieux comprendre les histoires des divers personnages, ainsi que leurs réactions. Il m’a fallut peut-être un peu moins du tiers du livre pour totalement plonger dans l’univers et ensuite, je n’ai plus eu envie de le lâcher pour en savoir toujours plus et connaître ce qui allait arriver à nos héros !

Les chapitres s’alternent entre les points de vue de Vine et du Prisonnier, ce qui nous permet d’avoir leurs deux visions des événements et aussi de comprendre au mieux leur relation (même si j’avoue, j’aurais aimé en savoir plus sur cela, mais je pense que ça continuera d’être développé dans les tomes suivants). Et puis, comme le Prisonnier est le guide de Vine, c’est vraiment sympa de savoir ce qu’il ressent et connaît en « avant-première » je dois dire.

Comme pour Les Liés, j’apprécie beaucoup la plume de Elle Séveno, qui arrive si bien à nous transmettre les émotions et pensées des personnages. La romance et le fantastique sont savamment dosés, créant un cocktail que j’ai donc forcément apprécié. Je ne me suis pas du tout ennuyée durant ma lecture, et j’ai également été surprise par les rebondissements. Et surtout, cette fin olalalala !! Je VEUX la suite, c’est injuste de nous laisser dans ce suspens ! Je vais donc à nouveau attendre impatiemment la prochaine sortie de Elle Séveno pour découvrir ce qui va se passer et arriver à nos héros, et aussi pour en apprendre toujours plus sur cet univers.

Si vous aimez les romances et la science-fiction, n’hésitez pas à vous laisser tenter par ce livre, je pense qu’il vous plaira. En plus, il est au prix tout doux de 5€99 en ebook, alors pas de raison de ne pas craquer :).

Encore merci à Cynthia et aux Editions CyPLoG pour ce service presse ~

Les enfants du temps – Makoto Shinkai

Titre : Les enfants de temps

Weathering with you

Auteur : Makoto Shinkai

Traducteur : Jean-Louis de la Couronne

Editeur : Pika Roman

Date de parution : 8 janvier 2020

 

 

  • Résumé (éditeur) :

Lors des vacances d’été, Hodaka fugue de son île natale pour se rendre à Tokyo, terre de liberté. Malheureusement, l’immense métropole en apparence pleine de promesses est loin de se montrer clémente avec ce lycéen, qui se retrouve bien vite en difficulté dans ses rues hostiles. Pourtant, un rayon de lumière va percer les nuages, chasser la pluie diluvienne qui s’abat sur la capitale et bouleverser le quotidien de Hodaka… Il s’agit de Hina, une jeune fille douée d’un étrange pouvoir : celui d’appeler de ses vœux le soleil.

 

  • Avis :

J’avais adoré le film Your Name que j’avais pu voir au cinéma, aussi, lorsque j’ai reçu cet ouvrage du même réalisateur, j’étais très curieuse de la lire. Je n’ai pas encore eu l’occasion de voir le film Les Enfants du Temps et le roman était donc pour moi la première plongée dans cet univers un brin onirique.

Je m’arrête un instant sur la couverture que je trouve superbe et qui me donne envie de découvrir le film qui en est tiré, les dessins retranscrivent bien l’optimisme du soleil après la pluie mais également la grisaille qu’elle laisse derrière elle. Cette couverture illustre bien le roman finalement. Dans celui-ci, la pluie ne cesse de tomber et Tokyo est plongée dans une humidité permanente. Hodaka, le personnage que nous allons suivre tout au long de cette histoire est lui aussi comme un gros nuage noir : il se laisse pousser par le vent en quête d’un endroit où déverser tout ce qu’il est. Tokyo est la ville qui le fait rêver car elle est pour lui la ville de tous les possibles.

Si sa naïveté est aussi touchante qu’elle est un peu agaçante, Hodaka est le personnage qui va le plus mûrir au fil des pages. Ce qu’il va vivre tout au long du roman va le pousser à arrêter d’attendre qu’on lui tende la main mais à prendre des décisions par lui-même et à donner un sens à sa propre vie. Il n’est pas le seul qui grandit mais il est celui qui le fait avec le plus de heurts.

Ici, les personnages ne sont pas forcément altruistes, la majorité d’entre eux ont de gros défauts, ils mentent et ils pensent à eux-mêmes avant les autres. Mais ils sont humains. Ils font des choix compliqués et ils y réfléchissent avec tout leur cœur. Ils sont conscients de leurs défauts et ils cherchent à devenir des adultes responsables malgré tout. J’ai beaucoup aimé qu’on nous présente des personnages qui ne sont pas forcément courageux et une histoire qui n’est pas toute lisse.

Concernant l’intrigue en elle-même, elle tourne autour des « filles-soleil », ces jeunes femmes qui auraient le pouvoir d’arrêter la pluie en priant le soleil pour qu’il revienne. De nombreux passages sont très oniriques et le fantastique se mêle à la légende, formant un tout très harmonieux qui donne à certains passages des touches poétiques qui emmènent les protagonistes (et le lecteur) dans un tout autre monde. Et peu importe qu’on le comprenne ou pas cet autre monde puisqu’il est autre justement.

A votre avis, prendriez-vous le risque de demander à une fille-soleil de prier pour que la pluie s’arrête si vous connaissiez la légende en entier ?

En bref, j’ai beaucoup aimé cette histoire qui m’a donné très envie de voir le film.

Le florilège des imaginaires

Hello,

Tout d’abord, j’espère que vous et vos proches vous portez bien ❤

Prenez soin de vous, faites attention à vous et aux autres et ne culpabilisez pas de ne pas être aussi efficace que d’habitude (ayons un peu de gentillesse pour nous-mêmes et pour ceux qui nous entourent).

Aujourd’hui, un court article pour partager avec vous trois jours merveilleux qui s’annoncent !

Derrière les écrans et donc sans risque de contamination mais avec un rapport à la magie et aux fées bien présents : L’Office de l’Imaginaire Ardennais, avec la complicité du Centre de l’Imaginaire Arthurien (et vous savez déjà comme je les aime) a prévu trois jours de féerie.

Au programme, des contes, des auteurs, des artisans, des conférences, des illustrateurs, des concerts, des spectacles, des reportages, du jeu de rôles…. Bref de quoi passer de bons moments conviviaux, numériques mais magiques !

Le Rendez-vous est pris du 17 au 19 avril et se déroulera juste à cet endroit.

Je ne pourrai sûrement pas aller voir les copains en Brocéliande cet été car les épreuves de capes sont censés être reportés en juillet (et qu’août sera certainement aux résultats et préparations si bonne nouvelle il y a) mais je me réjouis déjà de passer trois jours en leur compagnie, même séparés par un écran.

Et vous ? Pensez-vous être de la partie ?

Les Contes d'Aucelaire T1 : Au Sorbier des Oiseleurs – Jo Ann von Haff

badge ZehrinaTitre : Au Sorbier des Oiseleurs

Série : Les Contes d’Aucelaire

Auteur : Jo Ann von Haff

Editeur : MxM Bookmark

Collection : Collection Infinity

Date de Parution : 25 avril 2018

Au Sorbier des Oiseleurs: Les Contes d'Aucelaire, T1 par [Haff, Jo Ann von]
  • Résumé (éditeur) :

Mesdames, mesdemoiselles, messieurs…
Venez déguster un thé et des pâtisseries au Sorbier des Oiseleurs, l’endroit le plus prisé, et sûrement le plus magique, de tout Aucelaire…
Vous y ferez la connaissance de Ginie, une jeune femme brimée par les convictions religieuses d’une mère abusive et qui n’a connu l’amour qu’à travers les romans qu’elle lit en cachette au cœur de la forêt.
Vous y rencontrerez Tito, un bel Andalou mystérieux, de passage, même s’il semble être un habitué de la cité.
Vous assisterez à leur rencontre et à la naissance de leur amour… un amour rendu impossible par bien plus que la distance qui les sépare.
Mais surtout, en ouvrant ce livre, vous plongerez dans le premier conte d’Aucelaire de Jo Ann von Haff, un conte qui vous emportera dans un monde unique, entre imaginaire et fantastique, saupoudré de mystère et de romance.

  • L’avis de Zehrina

Ginie est une jeune femme de 25 ans, travaillant en tant qu’assistante d’une patronne pas très sympa, et membre d’un groupe d’amis  unis qui heureusement la soutiennent. De prime abord, ce portrait semble très classique, si l’on omet le fait que sa mère est une véritable fanatique religieuse dont les convictions briment au quotidien les actes de sa fille. Ginnie, par amour pour sa mère, s’accommode de cette situation où  pourtant elle ne s’épanouit pas tant que cela. Son seul échappatoire est le Sorbier des Oiseleurs, un salon de thé très prisé où la plupart des Aucelois se retrouvent fréquemment, ainsi que la lecture de romances. Car l’amour lui semble inaccessible pour elle, à cause de la réputation de sa mère que toute la ville semble craindre… Jusqu’au jour où Tito débarque à Aucelaire. Un inconnu qui pourtant connaît effectivement bien les lieux, et le coup de foudre frappe ces deux êtres que tout semble effectivement repousser… En découle une très belle romance, très agréable et mignonne à lire qui m’a totalement emportée.

J’étais d’autant plus emballée que ce livre vous invite dans un monde magique dissimulé au creux de notre quotidien. Même si j’ai aisément deviné un des éléments liés au Sorbier des Oiseleurs et à ses habitants, le mystère ne nous quitte pas tout le long de notre lecture et les informations sont laissées au compte-goutte, pour mieux nous laisser imaginer (ou découvrir par la suite) l’univers dans lequel les personnages évoluent : leur organisation, mais aussi leurs rôles et surtout leurs sentiments : peurs, amour et vengeances… Si ce tome se concentre effectivement sur Ginnie et Tito, on y rencontre tout de même d’autres personnages attachants (ou pas) sur lesquels on a très envie d’en savoir plus, tels que les amies de Ginnie : Iris et Cassandre, ou encore la très mystérieuse Henriette. Tous ont un caractère et des traits particuliers et on a envie de s’attarder aux côtés de chacun, d’apprendre à les connaître. J’ai juste un petit bémol sur Regina, la mère de Ginnie, que j’ai vraiment eu du mal à cerner à vrai dire.  J’aime le fait que l’ensemble des parts de mystère concernant la magie de cet univers ne soient pas levées dans ce tome, sans pour autant que le livre ne perde en cohérence. Cela nous laisse interpréter et imaginer à loisir les évènements et les règles de l’univers dans lequel on entre, et j’espère que la suite permettra d’en apprendre plus sur ce monde tout comme sur les autres protagonistes que l’on a déjà rencontrés.
Au vu du résumé du 2e tome, je pense que je retrouverais prochainement et avec plaisir la bande d’amis de Ginnie et plus particulièrement Cassandre !

Le Magicien d’os – Eric Sanvoisin & Gilles Francescano

Titre : Le Magicien d’os

Auteur : Eric Sanvoisin

Illustrateur : Gilles Francescano

Editeur : Balivernes

Date de parution : 2019

 

 

  • Résumé (éditeur) :

Le mariage de la princesse Rune et du prince Lunn est brusquement interrompu par une balle errante qui frappe le prince en plein cœur. Folle de douleur et sur les conseils d’un astrologue, la princesse demande l’aide d’un être malfaisant : le magicien d’Os. Celui-ci consent à ressusciter Lunn à la condition que Rune demeure avec lui pour toujours. Ayant accepté, elle se retrouve prisonnière du magicien et de son étrange manoir recelant bien des secrets. Lunn, vivant et désespéré, décide un jour de partir à la recherche de sa bien-aimée…

 

  • Avis :

Aimant beaucoup les contes et les ouvrages illustrés, je n’ai pas pu résister à l’envie de découvrir celui-ci. Je ne connaissais pas l’auteur mais j’avais admiré des illustrateurs de Gilles Francescano dans Le Chant du Troll et j’en avais adoré la douceur. Ici, les dessins sont réalisés en noir et blanc et s’adaptent très bien à l’ambiance sombre de ce conte.

L’histoire démarre pourtant bien : un mariage entre Rune, une jolie princesse joyeuse et Lunn, son beau prince amoureux. Jusqu’à ce que celui-ci ne meurt peu de temps après avoir prononcé ses vœux. Mais Rune est têtue et décide que personne, pas même la mort, ne réussira à lui arracher son bien-aimé.

Commence alors un périple pour le ramener à la vie et, en même temps, pour survivre également. Car, à la mort de Lunn, Rune a perdu toute envie de vivre et on ressent bien dans ces quelques chapitres tout ce que cette jeune femme est prête à faire pour le bonheur de savoir son amoureux vivant. Que feriez-vous à sa place ? Feriez-vous le même choix ?

C’est un message original sur le deuil, la volonté, le courage et l’amour que nous livre ici l’auteur. Mais c’est également un conte plein de magie noire et d’un personnage qui est comme une ombre tout au long de l’histoire. Une ombre qui s’agrandit et qui cherche à prendre possession de tous les personnages pour son plaisir personnel.

Je ne suis habituellement pas très descriptions mais j’ai adoré ici tout ce qui nous emmène dans ce monde étrange où la nature et le manoir amènent autant d’émotions que de suspense. Je me suis attachée à Rune et Lune et, finalement, j’ai eu un peu de pitié pour ce fameux magicien.

En bref, un conte aussi inquiétant qu’envoûtant, le tout rehaussé par des illustrations qui ajoutent à l’ambiance sombre et fantastique de cette histoire.