Kushiel, T1 La Marque – Jacqueline Carey

Titre : La Marque

V.O. : Kushiel’s Dart

Série : Kushiel

Auteur : Jacqueline Carey

Traducteur : Frédéric Le Berre

Editeur : Bragelonne

Date de Parution : 22 novembre 2008

Couverture T1 Kushiel

  • Résumé (éditeur) :

Phèdre nó Delaunay a été vendue par sa mère alors qu’elle n’était qu’une enfant.
Habitant désormais la demeure d’un haut personnage de la noblesse, pour le moins énigmatique, elle y apprend l’histoire, la théologie, la politique et les langues étrangères, mais surtout… les arts du plaisir. Car elle possède un don unique, cruel et magnifique, faisant d’elle une espionne précieuse et la plus convoitée des courtisanes.
Rien ne paraît pourtant lui promettre un destin héroïque. Or, lorsqu’elle découvre par hasard le complot qui pèse sur sa patrie, Terre d’Ange, elle n’a d’autre choix que de passer à l’action. Commence alors pour elle une aventure épique et déchirante, semée d’embûches, qu’il lui faudra mener jusqu’au bout pour sauver son peuple.

Récit plein de grandeur, de luxuriance, de sacrifice, de trahison, d’insondables infamies et de conspirations machiavéliques, La Marque dévoile un monde de poètes vénéneux, de courtisans assassins, de monarques trahis et assiégés, de seigneurs de guerre barbares, de traîtres grandioses… vu par les yeux d’une héroïne comme vous n’en avez jamais rencontré et que vous n’oublierez jamais.

 

L’avis de Zehrina

J’ai croisé plusieurs fois les tomes de la trilogie Kushiel dans les rayonnages de la médiathèque avant d’oser en emprunter un, vu l’épaisseur d’un seul volume. Je me suis finalement laissée tenter par le résumé et j’ai sauté le pas, et je dois dire que j’aurais peut-être dû céder à la tentation plus rapidement ! 

Et “résumé”, c’est vraiment bien peu dire face à l’étendue de choses qui sont racontées dans ce premier tome. J’avoue avoir été un peu perplexe en constatant quatre pages de listes de personnages dès l’ouverture du volume, n’étant pas forcément très à l’aise pour me repérer dans un grand nombre de protagonistes. Au final je suis passée outre ce premier “obstacle”, en me disant que j’arriverais surement à suivre tout de même. Les intrigues politiques ont une grande part dans le roman et chaque personnage sera évoqué et aura un rôle à jouer dans l’histoire, mais j’ai quand même réussi à suivre le fil global même si du coup certains détails m’ont échappé je pense.

Le livre est narré à la première personne, choix judicieux qui nous permet de suivre vraiment du point de vue de Phèdre ses aventures, avec parfois quelques réflexions postérieures de sa part sur les événements, on se sent presque dans un journal intime. Et quelles aventures elle va mener ! Si l’histoire est un peu longue à se mettre en place – car le livre débute vraiment presque à la naissance de Phèdre – elle est pleine de suspens et de rebondissements. C’est vraiment intéressant de suivre l’intrigue en essayant de comprendre les trames qui se jouent et que cherche à démêler Phèdre, en ne sachant que les mêmes informations qu’elle. Et même si ça rend le livre un peu long à démarrer, on ne s’en attache que mieux aux différents protagonistes dont on va suivre la route (mention spéciale à Joscelin que j’ai vraiment apprécié !). En revanche par rapport à d’autres personnages, j’ai eu plus de mal à les cerner et à vraiment m’attacher à eux (vu leur grand nombre encore une fois).

Sur la partie “arts du plaisir” qui est évoquée dans le résumé, elle est bien présente et je conseillerais donc ce roman à un public averti même si les scènes ne sont pas forcément longues :p. Elles sont toutes présentes pour une raison bien justifiée, et l’écriture est vraiment belle, ce n’est pas vulgaire ou des scènes de sexe gratuit comme on peut en trouver dans certains livres. En effet dans Kushiel, tout dans l’univers a un lien avec une théologie précise autour d’Elua et de ses disciples. Ainsi, la courtisanerie est une vocation pour certaines personnes avec le culte de Naamah, tout comme la protection  pour les Cassilins sous le signe de Cassiel. La théologie, l’histoire, la politique, vous retrouverez bien tous ces éléments en lisant Kushiel. L’auteur a réellement créé un univers complet, riche et complexe mais de fait très intéressant. 

C’est avec plaisir que je me replongerai dans les tomes suivants de cette série, pour continuer à suivre l’évolution de Phèdre et ce que le destin lui réserve ! 

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Le Destin d’Orïsha, T1 De Sang et de Rage – Tomi Adeyemi

Titre : De sang et de rage

V.O. : Children of blood and bone

Série : Le Destin d’Orïsha

Auteur : Tomi Adeyemi

Traducteur : Sophie Lamotte d’Argy

Editeur : Nathan

Date de Parution : 2 Mai 2019

 

  • Résumé (éditeur) :

Il fut un temps où la terre d’Orïsha était baignée de magie. Mais une nuit, tout a basculé, le roi l’a faite disparaître et a asservi le peuple des majis. Zélie Adebola n’était alors qu’une enfant. Aujourd’hui, elle a le moyen de ramener la magie et rendre la liberté à son peuple ; même si face à elle se dresse le prince héritier du trône, prêt à tout pour la traquer.
Dans une Afrique imaginaire où rôdent les léopardaires blancs et où les esprits ont soif de vengeance, Zélie s’élance dans une quête périlleuse…

 

  • Avis :

Wow que dire de ce roman… Il est dense ! Vraiment, pour un premier tome, je ne m’attendais pas à vivre autant d’aventures. On entre directement dans le vif du sujet et on ne souffle jamais puisqu’on est totalement pris dans les événements avec le personnage principal. Les personnages d’ailleurs puisque ceux qui racontent se succèdent au fil des chapitres. Zélie, Amari et Inan. Même si, de mon point de vue, Tzain est tout autant principal puisqu’il est le pilier autour duquel s’articule la vie de Zélie.

Ces quatre jeunes gens, nous allons les suivre d’un bout à l’autre du pays, nous allons les voir évoluer, souffrir, rire parfois mais toujours avancer. Qu’ils choisissent un côté ou l’autre, ils ont chacun des raisons de le faire et tout ce qu’ils vont vivre, tout ce qu’ils ont déjà vécu, va les amener à faire un choix plutôt qu’un autre. Aucun de ces quatre personnages n’a toujours raison, aucun n’est toujours fort, aucun n’est toujours altruiste ou bon. L’auteur réussit à les rendre humains, dans tous leurs défauts et leurs qualités, dans leur façon d’être et de se comporter. J’ai eu l’impression qu’ils étaient réels et ce qu’ils vivent m’a serré le cœur.

Le roman nous présente donc le royaume d’Orïsha. A sa tête, le roi Saran qui a décrété que les majis, ces magiciens à la peau sombre et aux cheveux blancs, était la lie de la société. Le raid qu’il a lancé a exterminé les maji et seuls les enfants, trop jeunes pour avoir accès à la magie, ont pu survivre. Et la magie à disparue. Zélie est une maji, un cafard comme disent les autres, une maji sans pouvoir, une maji qui a vu sa mère mourir et son père se briser. Zélie est un personnage que l’on a envie de protéger car sa peur imprègne chaque page. Elle est pleine de colère, de haine parfois mais on la comprend, tout comme on comprend Tzain qui doit vivre avec le caractère buté de sa sœur et doit être fort, toujours.

Il sera facile de dire que les majis sont gentils et que la famille de Saran est cruelle. Mais, à travers Amari et Inan, nous découvrons aussi l’autre côté de la pièce. Cette vue d’ensemble nous permet de nous plonger totalement dans l’histoire et de comprendre chacun des personnages. L’éducation qu’ils ont reçu, les gens qui les entourent, leur besoin d’être aimé et reconnu… tout cela donne des personnages vivants et cohérents.

Concernant l’histoire, j’ai été happée dès le départ par cette idée de maji et cette quête pour faire revenir la magie. Malgré les presque 600 pages de ce roman, je ne me suis pas ennuyée une seule seconde et j’ai eu bien du mal à le lâcher parfois (d’autant plus que les chapitres sont assez courts, parfait pour le fameux « roh encore un chapitre et j’arrête ! »). C’est une histoire qui nous parle de peur et de différence, qui nous parle du racisme et de la cruauté qu’il implique. Qui nous démontre que personne n’est mieux qu’une autre et qu’on a tous peur de quelque chose. Qu’on peut aller contre ce que l’on nous a appris si l’on pense que c’est plus juste et qu’on peut changer grâce aux personnes que l’on rencontre et au chemin que l’on parcoure. Que juger quelqu’un sur la couleur de sa peau, de ses cheveux, sur sa famille ou sur une de ses habilités ne fait que renforcer la haine et la peur. Qu’enfin, chacun est différent et que c’est ce qui permet au monde d’être beau pour un peu qu’on ouvre les yeux.

En bref, si vous aimez la fantasy et les personnages nuancés, foncez, vous ne le regretterez pas.

 

Amélia Fang et les Seigneurs Licornes – Laura Ellen Anderson

 

Titre : Amélia Fang et les Seigneurs Licornes

Auteur : Laura Ellen Anderson

Traducteur : Valérie Le Plouhinec

Editeur : Casterman

Date de Parution : 6 Février 2019

 

 

  • Résumé (éditeur) :

Bienvenue à PAILLETTEVILLE, là où le soleil ne se couche jamais et où tous vos rêves se réalisent…

Contrairement à ce que Amélia Fang a appris à l’école, les fées ne volent pas les crocs des vampires, et les licornes ne tirent pas des arcs-en-ciel tueurs avec leur derrière. Enfin rassurée, la jeune vampirette (et ses amis Florence et Grimaldi), se lance dans un dangereux périple au royaume de Lumière, direction Pailletteville.

Son but ? Retrouver Beausoleil, une fée disparue il y a des années et qui n’est autre que la maman de Tangine, le prince-pourri-gâté… Mais attention, à Pailleteville, derrière chaque arc-en-ciel, il y a de bizarres anges-chatons mais aussi des seigneurs licornes encore plus étranges qui les guettent !

 

  • Avis :

Le risque lorsqu’on a adoré un premier tome de série, c’est d’être déçue par le second. Hé bien, rassurez-vous : il n’en est rien ! Le premier m’avait conquis par l’amitié qui régnait entre les personnages et par les dessins ultra mignons malgré le côté « créatures des ténèbres » (ma chronique se trouve juste là). Ces deux faits se retrouvent totalement dans ce deuxième opus.

Nous retrouvons donc notre quatuor de créatures des ténèbres bien décidés à s’aventurer jusqu’à Pailleteville. Malgré leur peur, aucun des amis ne veut laisser Tangine se retrouver plus longtemps sans maman. C’est donc en rassemblant tout leur courage (et leurs plus beaux déguisements) qu’ils se glissent le plus discrètement qu’ils peuvent dans le royaume des créatures de lumière.

Je crois que je n’avais pas autant rire en lisant un livre depuis bien longtemps. Les situations sont excellentes et Florence permet des moments tellement drôles qu’il est impossible de se retenir de rire. J’ai donc gloussé plus d’une fois en tournant les pages, m’attirant des regards un brin surpris. L’intrigue est bien menée et chaque nouvelle rencontre est importante pour la suite des événements. Comme pour le premier tome, les petits détails permettent au lecteur d’être totalement dans le monde des paillettes et des licornes, tant par les noms des sucreries que par ceux des personnages ou des lieux.

Mais le roman n’est pas seulement drôle, il fait aussi passer des messages universels. Il réussit à parler des préjugés et de l’instauration d’une dictature par la peur des autres, de la manière très intelligente dont certains réussissent à utiliser les différences d’autres peuples pour pousser ceux qui ne les connaissent pas à en être effrayés. Si rien n’est dit de cette manière, le livre permet de faire réfléchir les enfants sur la nécessité de se renseigner sur les gens avant de croire tout et n’importe quoi parce que quelqu’un l’a dit. Une jolie leçon de vie dans un livre plein d’humour et à l’intrigue prenante. On ne s’ennuie pas un seul instant en compagnie d’Amélia, de Florence, de Grimaldi et de Tangine. Sans, bien sûr, oublier Trouille.

En bref une réussite pour cette série qui devrait avoir une jolie place dans toutes les bibliothèques ~

 

Le chant des ronces – Leigh Bardugo

 

Titre : Le Chant des Ronces

Sous-titre : Contes de minuit et autres magies sanglantes

Auteur : Leigh Bardugo

Traducteur : Anath Riveline

Illustrateur : Sara Kipin

Editeur : Milan

Date de Parution : 03 Octobre 2018

 

 

  • Résumé (éditeur) :

Embarquez dans un voyage vers des terres sombres et dangereuses, peuplées de villes hantées et de bois affamés, de monstres bavards et de golems en pain d’épices, où la voix d’une sirène peut invoquer une tempête mortelle, où les rivières font de terribles promesses d’amour…

 

  • Avis :

J’ai été envoûtée par les six histoires qui sont ici présentées. Avec une préférence pour la première, Ayama et le bois aux épines, puis pour la troisième, La sorcière de Duva. Je ne m’attendais pas du tout à la fin de celle-ci et, du coup, elle m’a marqué ! Mais vraiment, la première reste ma préférée.

Il s’agit donc de six contes qu’il est facile de s’imaginer lire au coin du feu, dans une veillée, entouré de mystères et sursautant ensuite au moindre bruit du vent dans les branches.

Ce sont des contes à visée universelle qui racontent la force de l’amitié et la nécessité de croire en soit. Qui démontrent que l’apparence ne fait pas tout et qu’il faut savoir voir au-delà pour découvrir qui sont réellement les gens au fond d’eux. Certaines des histoires reprennent des contes connus comme La petite Sirène ou Casse-Noisette mais la manière dont ils sont contés donnent envie de les découvrir une nouvelle fois et je ne me suis pas ennuyée un seul instant en tournant les pages.

La famille est toujours au cœur de l’intrigue et est rarement du bon côté, provoquant déchirement et serrement de cœur. La magie, elle aussi, est présente à chaque instant, souvent un brin inquiétante, et amène une atmosphère pleine de mystère. J’ai plusieurs fois été surprise par les fins et j’ai adoré découvrir ces petites histoires dans lesquelles je plongeais toujours avec impatience. Chacune se passe dans un lieu différent et emporte le lecteur à travers les mers, les bois et les landes, sans qu’il songe jamais à regarder en arrière pour voir combien de temps a passé pendant qu’il lisait.

Et les dessins… Je suis totalement fan ! La manière dont ils apparaissent peu à peu au fil des pages fait que je m’arrêtais à chaque fois que je tournais une nouvelle page pour vérifier quel dessin était nouveau et la manière dont il coïncidait avec ce que je venais de lire. Il aurait été intéressant de faire l’inverse, de regarder d’abord l’évolution des dessins pour essayer ensuite de deviner l’histoire. Je regrette d’ailleurs de ne pas y avoir pensé avant mais j’étais vraiment prise dans cette façon de faire.

Entre les dessins et la manière dont sont écrits les textes, tout est fait pour que vous les lisiez à haute voix et j’espère avoir l’occasion de tester ça !

En bref un ouvrage sublime dont la couverture et l’apparence interne sont aussi ciselé que les mots qui le peuplent. Une belle réussite !

 

Engrenages et Sortilèges – Adrien Tomas

 

Titre : Engrenages et Sortilèges

Auteur : Adrien Tomas

Editeur : Rageot

Date de Parution : 23 Janvier 2019

 

 

  • Résumé (éditeur) :

Grise et Cyrus sont élèves à la prestigieuse Académie des Sciences Occultes et Mécaniques de Celumbre. Une nuit, l’apprentie mécanicienne et le jeune mage échappent de justesse à un enlèvement. Alors qu’ils se détestent, ils doivent fuir ensemble et chercher refuge dans les Rets, sinistre quartier aux mains des voleurs et des assassins. S’ils veulent survivre, les deux adolescents n’ont d’autre choix que de faire alliance…

 

  • Avis :

Pour ce roman, c’est tout d’abord la couverture qui m’a intriguée et le résumé augurait un peu de steampunk alors j’ai craqué… et je ne regrette pas du tout ! Dès le départ, j’ai beaucoup aimé les personnages et l’univers présenté et j’ai fini par ne plus savoir décrocher. A vrai dire, ça faisait un moment que je n’avais pas veillé si tard (tôt ?) pour terminer un roman.

Je ne m’attendais pas à ce que certains passages soient aussi intenses pour un livre qui m’avait l’air plutôt jeunesse et j’ai donc été surprise (en bien) en voyant l’histoire s’assombrir peu à peu. L’intrigue est bien ficelée et tout à une cohérence. Aucun des personnages ne semble tout noir ou tout blanc et même ceux que nous ne croisons que quelques pages sont intéressants. S’il s’agit d’un lieu totalement inconnu, il est bien décrit pour qu’on ne s’y perde pas, assez pour l’imaginer sans peine mais pas trop pour ne pas être envahi d’informations inutiles.

Tout y est pour faire un bon roman de fantasy : des castes, de la politique, des moments sombres, des rebelles, de la trahison et de l’amitié. Le fait que Grise et Cyrus évoluent doucement au fil des chapitres est fait de manière convaincante et au vu de ce qu’ils vivent. Ils font des erreurs, ils ne dérogent pas à leurs principes mais ils assimilent ce dont ils sont témoins et grandissent peu à peu. Un point aussi sur Quint qui permet de rendre Cyrus attachant dès le départ (alors que ce n’était pas forcément gagné ! Une belle trouvaille.)

Finalement, la seule chose que je regrette, c’est qu’il s’agisse d’un one-shot. Il y avait matière à rendre les personnages encore plus profonds et l’histoire plus poussée. Néanmoins, c’est aussi agréable d’avoir un roman qui tient toutes ses promesses et se termine en ayant résolu toutes les questions qu’il a posées. Si la révélation finale n’est pas des plus surprenantes, elle est bien amenée et on prend plaisir à voir les personnages la découvrir.

En bref une histoire passionnante menée par des personnages attachants, un goût de trop peu !

Et je viens de découvrir que l’auteur avait écrit plusieurs autres livres, ce qui augure donc de belles lectures à venir j’espère 😛

Déracinée – Naomi Novik

 

Titre : Déracinée

V.O. : Uprooted

Auteur : Naomi Novik

Traducteur : Benjamin Kutzer

Editeur : J’ai Lu

Date de Parution : 26 septembre 2018

 

 

  • Résumé (éditeur) :

Patiente et intrépide, Agnieszka parvient toujours à glaner dans la forêt les baies les plus recherchées, mais chacun à Dvernik sait qu’il est impossible de rivaliser avec Kasia. Intelligente et pleine de grâce, son amie brille d’un éclat sans pareil. Malheureusement, la perfection peut servir de monnaie d’échange dans cette vallée menacée par la corruption. Car si les villageois demeurent dans la région, c’est uniquement grâce aux pouvoirs du « Dragon ». Jour après jour, ce sorcier protège la vallée des assauts du Bois, lieu sombre où rôdent créatures maléfiques et forces malfaisantes. En échange, tous les dix ans, le magicien choisit une jeune femme de dix-sept ans qui l’accompagne dans sa tour pour le servir. L’heure de la sélection approche et tout le monde s’est préparé au départ de la perle rare. Pourtant, quand le Dragon leur rend visite, rien ne se passe comme prévu…

 

  • Avis:

J’ai découvert Déracinée sur les réseaux sociaux, voyant régulièrement passer le résumé et celui-ci m’intriguait. Donc, lorsque J’ai Lu a proposé des partenariats sur ce titre, je n’ai pas hésité bien longtemps à tenter ma chance. Et je dois dire que je suis bien contente de l’avoir fait !

Je ne m’attendais pas à autant aimer ce roman. Je pensais bien qu’il allait me plaire évidemment, mais le début m’avait mis un léger doute… vite disparu après quelques pages.

Agnieszka est un personnage entier qu’il est très agréable de suivre et de voir grandir. L’amitié qui les lie, Kasia et elle, est l’une des pierres angulaires du roman et est magnifique. On découvre deux jeunes filles soudées mais sans le côté « l’amitié est parfaite ». Non, la jalousie, l’insatisfaction, l’envie sont présentes elles aussi mais, comme dans la vraie vie, on aime nos amis comme ils sont et l’on n’est pas toujours d’accord avec eux ou avec leurs choix ou leurs manières de penser. Agnieszka et Kasia sont un duo qui m’a entraîné dans l’histoire et que j’aurais certainement suivie même si l’intrigue ne m’avait pas autant plu.

Mais voilà… L’intrigue était géniale. Le début nous met directement dans l’ambiance de la vie près du Bois, ce bois dont il ne faut pas s’approcher, ce bois qui enlève et qui tue, qui modifie les gens et les rend horriblement différents, inhumains. Sa présence est dans toutes les pages comme celle du Dragon qui vient tous les dix ans prendre une fille et l’emmène dans sa tour pour les dix années suivantes. Ah le Dragon, encore un personnage qui évolue ! J’ai tout de suite eu beaucoup de tendresse pour cet homme et ses galères en relations humaines. Et pour son travail avec le Bois.

Evidemment… Le Bois. Tout au long du roman, le Bois est fascinant. Qu’il émerveille ou dégoûte, on veut toujours en savoir plus sur ce qu’il contient, sur la manière dont il a été créé et pourquoi… Et j’ai véritablement apprécié que l’auteur nous donne toutes les informations au bon moment.

Et que serait la fantasy sans un peu de politique chez les nobles ? Là aussi l’intrigue est bien menée et s’enracine parfaitement dans l’ouvrage. Des petits détails glissés ça et là au début du roman prennent ensuite une importance vitale et on sent par là que l’auteur savait parfaitement bien où elle allait mener le lecteur. Tout est minutieusement préparé et l’on a plus qu’à se laisser porter.

Ce roman, ce n’est pas une discussion sur le bien et le mal mais bien une belle histoire sur les relations entre l’homme et la nature. La Féerie de la forêt et son côté maléfique tout à la fois, unies comme nos qualités et nos défauts le font finalement aussi. Je ne peux pas en raconter trop au risque de spoiler mais les personnages que nous découvrons au fil des chapitres ont tous une importance particulière. Leurs vécus, comme leurs caractères, sont exploités et les font paraître plus vrais que nature. J’ai frémi avec eux, j’ai croisé les doigts et j’ai été triste ou abasourdi par les événements qui se déroulent tout au long du roman. Rares ont été ceux auxquels je m’attendais et je ne me suis pas réellement posée de questions sur la suite tant j’avais de toute manière du mal à m’arrêter de lire.

En bref un beau coup de cœur pour cet ouvrage qui vient de s’enraciner profondément dans ma bibliothèque ! J’ai hâte de lire d’autres ouvrages de l’auteur.

Amélia Fang et le bal barbare- Laura Ellen Anderson

 

Titre : Amélia Fang et le bal barbare

V.O. : Amelia Fang and the Barbaric Ball

Auteur : Laura Ellen Anderson

Traducteur : Valérie Le Plouhinec

Editeur : Casterman

Date de Parution : 3 Octobre 2018

 

 

  • Résumé (éditeur) :

Amélia Fang, malicieuse vampirette, déteste assister au Bal barbare annuel organisé par sa mère, la comtesse Frivoletta. Ce soir-là, le palais est rempli de vieux monstres qui portent trop de dentelles et qui empestent le Poubel n°5. Comble de malheur, Tangine, prince de Nocturnia et sale-gosse-pourri-gâté, capture Trouille, sa citrouille de compagnie. La guerre est déclarée !

 

  • Avis :

Qu’est-ce que c’était mignon ! *-*

Qu’il s’agisse de l’histoire, basée sur l’amitié des trois personnages principaux et sur l’amour qu’Amélia porte à Trouille, sa citrouille de compagnie. Qu’il s’agisse des dessins qui peuplent le texte et qui présentent des personnages ultra intéressants avec des bouilles super mignonnes malgré parfois les « horreurs » des situations… J’ai adoré cet ouvrage.

La manière dont les « monstres » habituels sont considérés dans ici est une belle manière de montrer aux enfants qu’il s’agit toujours d’une question de point de vue. En effet, les vampires, les squelettes, les zombies, la faucheuse sont des enfants ou des êtres tout ce qu’il y a de plus normal. Ils ont une vie de famille, ils ont des amis, ils s’entraident, ils s’aiment, ils ont des animaux de compagnie… Les enfants vont à l’école, ont des devoirs, il y a une petite peste dans la classe, l’un des gamins est pourri-gâté, une autre adore les gâteaux… Toutes ces petites choses de la vie quotidienne sont ici parfaitement bien retranscrit mais avec les codes du monde fantastique dans lequel évolue les personnages.

J’ai d’ailleurs adoré tous les petits détails, que se soit les surnoms utilisés ou les friandises horrifiques, tout est similaire mais rien n’est pareil puisque tout est adapté à la vie et aux goûts des créatures de l’ombre dont nous suivons les péripéties.

Leur peur des créatures lumineuses, fées, licornes, chatons, démontre encore une fois le côté point de vue et préjugés. J’ai beaucoup aimé la manière dont sont justement traités les préjugés dans le roman, montrant au fil des pages que ce que l’on croit sans jamais l’avoir vérifié n’est pas forcément juste.

Un autre bon point aussi pour l’humour présent à tout moment. Les noms des mets, les situations, l’effroi face aux paillettes, de nombreuses péripéties prêtent à sourire et sont bien amenées, permettant d’avoir toujours envie de tourner la page.

En bref un ouvrage décalé plein d’humour qui démontre qu’il ne faut jamais juger sur les apparences.

J’ai hâte de lire le second tome !