Ensemble à minuit – Jennifer Castle

 

Titre : Ensemble à minuit

V.O. : Together at Midnight

Auteur : Jennifer Castle

Traducteur : Alice Delarbre

Editeur : Casterman

Date de Parution : 7 Novembre 2018

 

 

 

 

  • Résumé (éditeur) :
Entre Noël et le jour de l’An. Une jeune fille est renversée sous les yeux de Kendall et Max. Choqués, ils se réfugient dans un café, se sentant coupables de n’être pas intervenus. Là, la serveuse leur lance un défi : elle leur demande de faire sept bonnes actions désintéressées d’ici le 31 à minuit au lieu de se plaindre. C’est ainsi qu’ils se retrouvent chaque jour à parcourir la ville de New York où ils tentent d’aider sept inconnu-e-s…parfois adorables, d’autres fois à peine aimables. Mais ils tiennent bon et apprennent eux aussi à se connaître.

 

  • Avis :

Le début du roman nous présente Kendall qui revient de plusieurs mois de lycée itinérant en Europe. Elle a donc visité de nombreux pays, rencontrés de nouvelles personnes, découvert une autre manière d’apprendre… avant de revenir chez elle où rien n’a changé. Elle est donc en plein moment de transition et nous la découvrons en plein doute, avec l’envie de ne surtout pas rester à stagner et la peur constante de ne pas y arriver.

De l’autre côté nous avons Max. Max qui ne sait pas dire non et qui se plie en quatre pour les gens qu’il aime, s’oubliant souvent lui-même. Max qui a peur finalement de se retrouver seul et de prendre sa vie en main.

Kendall et Max vont se retrouver au même endroit et assister au même accident. Mais surtout, ils vont être confrontés à la même question : s’ils étaient intervenus, auraient-ils pu changer quelque chose ? Que faire de tous ces moments où nous ne faisons rien ? Par flemme, par politesse, en se disant que quelqu’un d’autre va faire quelque chose ou tout simplement par désintérêt ? Lancés dans un défi de bonnes actions, ils vont tous deux se rendre compte de la difficulté de la chose. Parce qu’il faut du courage parfois pour intervenir ou ne pas détourner les yeux. Mais ils vont aussi découvrir tout ce que peut leur apporter le fait de s’ouvrir aux autres.

Le roman est tout doux, une jolie histoire parfaite pour le moment de noël ou lorsque nous avons besoin d’un peu d’optimiste. Par des petits moments du quotidien que nous avons tous vécus, l’auteur nous montre des réactions que tout un chacun peu avoir. A nous ensuite de choisir laquelle nous aurions eu ou aurons plus tard dans la même situation. Max et Kendall mûrissent aussi au fil des pages et en essayant de découvrir les personnes qu’ils voudraient devenir.

Un point aussi concernant les familles des personnages principaux qui contribuent à les rendre humains tous les deux. Leur background est intéressant à découvrir et permet de comprendre leur caractère et leur manière d’être. Une façon aussi de rappeler qu’il est parfois plus difficile d’être honnête avec les gens qu’on aime qu’avec ceux que l’on ne connait pas… Finalement, la seule chose que je regrette un peu dans ce roman, c’est le fait qu’on nous laisse sur notre faim concernant Emerson, l’un des frères de Kendall.

Au delà de cela, j’ai beaucoup aimé ma lecture et j’espère pouvoir lire d’autres romans de l’auteur.

En bref un roman tout doux qui rappelle que la gentillesse c’est d’abord l’envie de s’intéresser aux autres.

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Tu as promis que tu vivrais pour moi – Carène Ponte

 

Titre : Tu as promis que tu vivrais pour moi

Auteur : Carène Ponte

Editeur : Pocket

Date de Parution : 7 juin 2018 (poche)

   

  • Résumé (éditeur) :

Quand on a trente ans, on n’est jamais préparé à perdre sa meilleure amie. C’est pourtant le drame que Molly doit affronter quand Marie est emportée par la maladie en quelques mois à peine. Juste avant de mourir, celle-ci demande à Molly de lui faire une promesse : vivre sa vie pleinement, pour elles deux. Elle y tient, alors Molly accepte. Mais par où commencer ? Lâcher son travail de serveuse ? Rompre avec Germain, l’homme avec lequel elle vit ? Certes, il est comptable et porte des chaussons, mais il est gentil. Lorsque Molly reçoit quelques jours après l’enterrement un mystérieux paquet contenant douze lettres de Marie, elle comprend que celle qui lui manque tant n’avait pas l’intention de se contenter de paroles en l’air et que son engagement va l’entraîner bien plus loin que ce qu’elle imaginait…  

 

  • Avis :

Celui-ci me fait de l’œil depuis un moment et j’ai finalement décidé de céder à la tentation. Bien m’en a pris car je l’ai totalement dévoré !

Si le contexte ne prête pas à rire puisque le roman aborde la dure réalité de la maladie et du deuil, ce roman est malgré tout très positif. Car il encourage justement à vivre et à profiter du bonheur que l’on peut trouver dans ce (et ceux) qu’on aime. Si la vie de Molly est bien rangée : elle a un travail, un copain, vit avec lui dans un appart… elle n’est pas forcément heureuse pour autant. Où sont passés ses rêves ? Est-ce que cela suffit de se dire que, à défaut de la faire rougir et sourire, son fiancé est gentil ? Que si elle a un appart, celui-ci ne lui ressemble pas du tout ? Si Marie poussait déjà de son vivant sa meilleure amie à se poser toutes ses questions, sa mort va faire un électrochoc à Molly. Car, tout ce qu’elle ne peut plus faire, Marie va demander à Molly de les vivre pour elle et donc, de vivre pour deux. J’ai beaucoup aimé ce roman qui montre la difficulté de faire son deuil et de répondre ou non aux demandes d’une personne que l’on a tant aimé et qui est à présent décédée. La fin du roman m’a même surprise et on comprend parfaitement bien les réactions de Molly. Avec douceur, le roman aborde aussi la volonté qu’il faut pour réussir à sortir de son quotidien « facile » pour essayer de faire quelque chose d’autre de sa vie, de la reprendre en main, d’essayer de vivre ses rêves et d’oser dire les choses et les faire. Il est toujours plus facile de tout remettre à demain.

En bref un joli roman qui fait du bien au moral !

 

 

Gros sur le cœur – Carène Ponte

Titre : Gros sur le cœur

Auteur : Carène Ponte

Editeur : Michel Lafon

Date de Parution : 20 Novembre 2018

 

 

  • Résumé (éditeur) :

C’est l’histoire d’une adolescente sans doute un peu trop ronde, sans doute un peu trop fragile.
C’est l’histoire d’un nouveau lycée, des yeux qui dévisagent, des yeux qui jugent.
C’est l’histoire d’un professeur d’allemand qui séduit.
Mélissa, 17 ans, suit ses parents dans une nouvelle ville, un nouveau lycée.
Année de terminale sur la corde raide. Année charnière entre dégoût de soi, et renaissance.

 

  • Avis:

Ce livre étant basée sur le véritable vécu de l’auteur, il est assez délicat d’en écrire une chronique mais je vais malgré tout essayer de vous expliquer ce que j’en ai ressenti à la lecture. Tout d’abord, nous ne savons pas quels sont les moments fictifs ou non car tout est plausible. Ce qui est finalement assez effrayant… De voir à quel point les gens sont mauvais entre eux. Il ne s’agit pas ici que d’adolescents dont on pourrait dire qu’ils ne savent pas ce qu’ils font (et si, ils le savent très bien…) mais aussi des adultes. Le professeur est le personnage qui m’a le plus dérangé dans ce roman car je le juge de mes yeux d’adulte et les passages où il est présent m’ont donc paru totalement malsains.

En fait ce qui m’a embêté dans ma lecture c’est que le harcèlement comme la relation élève-professeur sont des choses dont il faut parler et c’est totalement le genre de livre à mettre entre les mains des adolescents. Mais cette histoire étant assez courte, j’ai trouvé que les deux ensembles était « trop » et que, ajouté à tout ce qui se passe dans la tête de Mélissa, on ne se concentrait pas assez sur un sujet ou sur l’autre. Trop d’informations en trop peu de pages.

A contrario, j’ai beaucoup aimé la manière dont l’auteur traite le sujet. Mélissa est un personnage auquel il est facile de s’identifier et qui, si elle fait des erreurs (et on en fait tous) est profondément gentille. Mais tous les gentils finissent par se rebeller lorsqu’on les pousse à bout. Et c’est normal. Mais cela ajoute en plus à la charge mentale des adolescents qui subissent puis ensuite en plus, culpabilisent.

Le sujet est bien amené et bien raconté et, si le roman se déroule sans surprise, il est important de mettre des mots sur les sujets qu’il aborde.

En bref un ouvrage qu’il serait intéressant d’étudier au lycée pour faire réfléchir les ados tout autant que les professeurs.

 

 

Le bureau des coeurs trouvés, T1 Lexie Melody – Cathy Cassidy

 

Titre : Lexie Melody

Série : Le bureau des coeurs trouvés

Auteur : Cathy Cassidy

Traducteur : Anne Guitton

Editeur : Nathan

Date de Parution : 04 Octobre 2018

 

 

  • Résumé (éditeur) :

Lexie, 13 ans, vit dans une famille d’accueil depuis que sa mère l’a abandonnée.
Ce qu’elle aime par-dessus tout, c’est sauver de l’oubli tout ce qu’elle peut : animaux,objets… Et si elle sauvait aussi les gens ?
Elle décide de créer un groupe de parole pour réunir les marginaux de son collège…qui se transforme vite en groupe de musique. Les Lost & Found sont nés !
Leur aventure sera émaillée de nouvelles amitiés et de romances, mais aussi de tensions, à mesure que chacun apprend à trouver sa place. Et lorsqu’il s’agit d’une bonne cause, comme sauver la bibliothèque locale de la fermeture, ils sont prêts à soulever des montagnes !

 

  • Avis :

Quand je démarre un Cathy Cassidy, je sais que je vais passer un bon moment et rencontrer des jeunes adolescents attachants. Ce roman-ci n’a pas fait exception à la règle, notamment parce que l’histoire de Lexie me touche particulièrement en ce moment.

Nous faisons donc la connaissance de cette petite fille que la maman a laissé seule et qui grandit en famille d’accueil, des questions plein le coeur et avec la volonté de ne pas s’attacher pour ne jamais trahir sa mère. Ce que j’apprécie dans les romans de Cathy Cassidy, c’est que l’auteur nous place devant les sentiments des enfants de manière très juste. Elle ne juge pas ses personnages mais nous présente des situations de vie réelle que peuvent vivre ou avoir vécu des enfants.

Comme toujours, l’histoire fait aussi la part belle à l’amitié et à la différence, démontrant que, même lorsque l’on se sent seul au monde, d’autres vivent peut-être la même chose que nous ou des situations similaires et sont donc apte à nous comprendre et à nous aider à extérioriser ou à nous sentir mieux. Ici, par son club, Lexie se fait des nouveaux amis et leur permet de se rencontrer et de s’exprimer.

Les chansons qui parcourent le texte donnent envie de pouvoir les écouter et j’aurai adoré les avoir en playlist pour leur donner un rendu réel à l’oreille. Le roman met bien en valeur la côté cathartique de l’écriture ou de la musique dans l’existence, notamment pour Marley et Lexie. Mais aussi pour tous les adolescents qui font parti du groupe. Eux qui n’avaient pourtant rien en commun au premier abord, se retrouve ici tous réunis pour une même cause. S’ils n’ont pas les mêmes raisons de se donner à fond, ils sont malgré tout dans le même bateau et apprennent rapidement à devoir compter les uns sur les autres et à se connaître comme à se comprendre.

Comme le dit Lexie, chacun traîne ses propres casseroles et les apparences ne sont souvent que le côté visible de l’iceberg. Le roman est aussi une ode aux bibliothèques, chose à laquelle je suis évidemment très sensible, moi qui suis bibliothécaire et qui essaie de proposer des romans différents selon les goûts de chacun. Voir un usager revenir avec un grand sourire en exprimant combien il a aimé le livre conseillé est toujours un véritable plaisir et l’amour pour les bibliothèque qui ressort de ce texte fait chaud au cœur.

En bref le premier tome d’une série que je vais suivre avec grand plaisir, qui présente des adolescents qui, tous jeunes qu’ils soient, sont déjà bien abîmés par la vie mais dont l’amitié qui les lie leur permet de rebondir. Une réussite.

 

La papeterie Tsubaki – Ito Ogawa

 

Titre : La papeteri Tsubaki

V.O. : Tsubaki bunguten

Auteur : Ito Ogawa

Traducteur : Myriam Dartois-Ako

Editeur : Philippe Picquier

Date de Parution : 23 Août 2018

 

 

  • Résumé (éditeur) :

Hatoko a vingt-cinq ans et la voici de retour à Kamakura, dans la petite papeterie que lui a léguée sa grand-mère. Le moment est venu pour elle de faire ses premiers pas comme écrivain public, car cette grand-mère, une femme exigeante et sévère, lui a enseigné l’art difficile d’écrire pour les autres.
Le choix des mots, mais aussi la calligraphie, le papier, l’encre, l’enveloppe, le timbre, tout est important dans une lettre. Hatoko répond aux souhaits même les plus surprenants de ceux qui viennent la voir : elle calligraphie des cartes de vœux, rédige un mot de condoléances pour le décès d’un singe, des lettres d’adieu aussi bien que d’amour. A toutes les exigences elle se plie avec bonheur, pour résoudre un conflit, apaiser un chagrin.
Et c’est ainsi que, grâce à son talent, la papeterie Tsubaki devient bientôt un lieu de partage avec les autres et le théâtre de réconciliations inattendues.

 

  • Avis :

Je lis assez peu d’ouvrages de la rentrée littéraire mais j’ai craqué pour celui-ci dont l’histoire autant que le lieu me donnait envie d’en savoir plus. Il s’agit d’un roman tout doux, un peu contemplatif qui n’est pas du tout mon genre habituel de lecture mais auquel j’ai beaucoup accroché. Je m’intéresse à la culture japonaise depuis de nombreuses années, j’ai d’ailleurs une première année de licence de japonais et j’ai eu la chance de partir trois semaines sur Tokyo il y a sept ans (déjà ! Le temps passe vite !). Ce roman donne envie de découvrir Kamakura, la ville et les temples et d’y déambuler tranquillement sur les traces de Hatoko. De voir si les cafés et restaurants cités existent bel et bien et d’en goûter les saveurs.

Ce roman, c’est surtout une histoire de famille. A la mort de sa tante, Hatoko revient vivre dans la maison de sa grand-mère où elle a grandit, celle-ci étant décédée depuis plusieurs années déjà. L’aînée, comme elle l’appelle, est celle qui l’a élevé et, au fil des pages, nous découvrons une relation grand-mère/petite-fille assez conflictuelle, pleine de non-dits et de reproches jamais réglés. L’éducation très stricte subit par Hatoko ne lui a jamais permis de bien connaître sa grand-mère et c’est finalement une fois adulte que certaines découvertes arrivent. Avec la maturité arrive moins de rébellion et plus de reconnaissance ou, tout au moins, de compréhension. Cette évolution psychologique du personnage m’a beaucoup plu car l’auteur prend le temps de nous expliquer avec douceur le passé d’Hatoko et ses découvertes actuelles.

Réservée et solitaire, Hatoko se retrouve écrivain publique par la force des choses, en reprenant la papeterie familiale. Je ne connaissais pas du tout le métier et j’ai été ravie de pouvoir en apprendre plus, finalement en même temps qu’Hatoko, pour qui l’exercice de cette fonction est toute nouvelle. Cette profession fait entrer les gens dans sa vie et dans son quotidien et l’oblige à pénétrer dans leur intimité pour mieux les satisfaire. Si ces rencontres crées des liens très éphémères, ils ont des conséquences durables sur la manière de vivre d’Hotoko et sur sa façon d’appréhender les différentes situations qu’elle rencontre.

Par sa voix, le lecteur apprend à connaître les voisins et la ville, devenant finalement l’un des habitants de Kamakura. La retranscription des lettres en japonais à l’intérieur de l’ouvrage permet de s’immerger encore plus dans l’ambiance du roman. Hatoko apprend son métier en même temps qu’elle s’ouvre aux gens et pouvoir lire chacune des lettres qu’elle écrit pour les autres nous met de plein pied dans la culture japonaise et leur façon toujours très polie de s’exprimer, même lorsqu’il s’agit de choses dures à dire. J’ai aussi été très contente de réussir à lire l’une des lettres sans traduction ! (Certes elle est écrite par une enfant maiiiiiis c’était mon petit moment de fierté 😛 )

En bref un roman très doux qui invite au voyage ~

 

L’insaisissable logique de ma vie – Benjamin Alire Saenz

 

Titre : L’insaisissable logique de ma vie

V.O. : The Inexplicable Logic of My Life

Auteur : Benjamin Alire Saenz

Editeur : PKJ

Date de Parution : 16 Août 2018

 

 

 

 

  • Résumé (éditeur) :

Sal mène une vie paisible et sans histoires, dans une famille moitié mexicaine, moitié américaine. Mais tout bascule le jour de sa rentrée en terminale. Pour défendre l’honneur de son père adoptif, il sort les poings et frappe. Surprise, colère, satisfaction, culpabilité se bousculent dans la tête du jeune homme, qui se met à douter de tout, même de sa propre identité. Alors, avec l’aide de Sam, sa meilleure amie, et de son père, Sal va tenter de comprendre l’insaisissable logique de sa vie.

 

 

  • Avis :

Pensez-vous qu’il soit possible de tomber amoureuse d’un livre ?

Je crois que, parfois, lorsque l’on est un peu perdu et qu’on a l’impression de patauger, certains livres peuvent nous apporter un soutien dont on ne pensait même pas avoir besoin. De part leurs réflexions et celles qu’ils véhiculent, de par leurs résonances avec nous-mêmes, ils réussissent à trouver des mots qui apaisent et des règles de vie qui font du bien. Cela tient parfois en une phrase ou dans un personnage, dans une situation ou dans une émotion. Et, plus rarement, il s’agit du livre tout entier.

Hé bien là, je suis totalement tombée amoureuse de ce livre. Pas de Salvador, de Sam ou de Vincente en particulier. Pas de Mima ou de Fito. Mais de tous les messages et la douceur que le roman véhicule.

L’histoire nous est donc raconté par Salvador, dix-sept ans. Sa mère étant décédée lorsqu’il avait trois ans, Salvador a été adopté par Vincente, le meilleur ami de sa mère qui lui a donné une éducation et un amour inconditionnel. Au début du roman, Salvador est un garçon très doux, très raisonnable mais qui se pose des questions sur lui-même, notamment celle-ci : est-il si gentil que cela ? Depuis quelques temps, Salvador se sent en colère, surtout lorsque les gens pointent du doigt l’homosexualité de son père, et ne peut s’empêcher de jouer des poings.

A ses côtés, il y a Sam, sa meilleure amie, en conflits avec sa mère et qui a toujours un avis sur tout. Leurs joutes verbales, tout comme tous leurs petits rituels de textos, sont un régal à lire et rappelle combien l’amitié prend une place importante dans la vie de tous les jours.

Et puis bien sûr, il y a la famille. Celle que forme Salvador et son père. Celle aussi qu’ils forment avec Sam. Celle de Sam et sa mère. Celle de Vincente et donc celle de Salvador. Beaucoup de moments du roman prônent l’importance de la famille et le poids qu’elle peut avoir sur nos décisions. Qu’il s’agisse de la famille de sang ou de cœur, le livre fait la part belle aux émotions. Si les liens du sang ne relient pas Salvador à sa grand-mère, à ses oncles et tantes ou même à son père, ce sont eux qui l’aiment et l’ont élevé, eux qui le protègent et le grondent. Tout l’amour que l’on peut ressentir pour sa famille transcendent chaque page du roman et celui-ci ne dit pas que tout est toujours facile et qu’il ne faut pas être triste ou en colère mais bien qu’il faut accepter qui on est.

A dire vrai, je ne sais pas vraiment comment vous présenter ce roman… Je l’ai lu a un moment où j’avais besoin de lire les messages qu’il véhicule et c’est certainement aussi pour cela que je suis totalement entrée dedans. J’ai l’habitude de mettre des post-it lorsque je tombe sur des phrases qui me plaisent et ça a été impossible ici si je ne voulais pas le transformer en arc-en-ciel de post-it. A vrai dire, je pense même que je finirais par le relire et par surligner à l’intérieur (bouh, sacrilège !).

En bref un livre qui fait du bien et qui vous pousse à vous réconcilier avec vous-même.

Ueno Park – Antoine Dole

Titre : Ueno Park

Auteur : Antoine Dole

Editeur : Acte Sud

Date de Parution : 1er Août 2018

 

 

  • Résumé (éditeur) :

Ueno park, immense étendue de verdure en plein cœur de Tokyo. On y découvre Ayumi, une hikikomori, qui sort pour la première fois de chez elle après plus de deux ans de réclusion. Haruto, un jeune lycéen qui tente de reconstruire sa vie après l’expérience traumatisante du tsunami de 2011 ; Nozomu, un adolescent SDF qui a dû abandonner le domicile familial. Sora, qui affiche son look extrême et asexué de genderless kei et doit résister aux insultes ; Airi, fan obsessionnelle, qui s’égare dans son fantasme avec son idole. Ces adolescents ne se connaissent pas mais ont en commun de ne pas se conformer, de rejeter les codes traditionnels de la société japonaise et d’affirmer un style de vie, un furieux désir de liberté. A Ueno park, ils vont se trouver réunis pour le Hanami, le spectacle de l’éclosion des cerisiers. Ce moment de renaissance va permettre à chacun d’explorer sa propre solitude.

 

  • Avis:

Je ne savais pas trop à quoi m’attendre en démarrant ce recueil si ce n’est que le côté japonais m’intéressait beaucoup. J’ai finalement été totalement emportée dans ces courtes brides de vie qui présentent des personnages qui, s’ils sont bien différents dans ce qui leur arrive, sont pourtant semblable dans la manière dont ils retiennent leurs émotions à l’intérieur. En ce fait, on ressent bien là le carcan de la vie japonaise, cette manière de dissimuler ses sentiments aux yeux du monde pour que personne ne se sente mal ou désolé en voyant la douleur ou la tristesse d’autrui.

Chacun des personnages avec lequel nous faisons un petit bout de chemin jusqu’au parc Ueno est mal dans sa peau. Tous ont des vies bien différentes et ne se connaissent pas. Ils n’ont en commun que le lieu dans lequel ils se trouvent à cet instant précis : pour Hanami, la fête de l’éclosion des cerisiers, là où famille et amis se pressent pour célébrer le renouveau du printemps.

Avec une douceur très poétique malgré les sentiments douloureux qui sont proposés ici, l’auteur nous raconte la vie de ces personnages en souffrance. Leur mal-être est palpable, quelque soit leur âge et on a l’impression qu’ils retiennent tous leur souffle de peur de s’écrouler si jamais ils déviaient de la route qu’ils se sont fixée.

Des nouvelles qui s’entrelacent finalement avec douceur, par petites touches, pour donner une grande peinture de différentes vies. Ces dernières se retrouvent sous les cerisiers en fleurs, devant l’éclosion du printemps pour démontrer que la vie continue toujours malgré tout… Même si certains s’endorment, d’autres renaissent.

En bref une lecture pleine d’émotions, qui présentent des personnages qui ont beaucoup de choses à dire mais qui les taisent au quotidien, comme une incitation à regarder autour de soi et à s’intéresser réellement aux gens qui nous entourent et non pas seulement à ce qu’ils montrent d’eux-mêmes.

 

Pintade en cochon d’inde : Lire un livre où l’histoire se déroule en Asie (Métamorphose – 70pts