Cherche inspiration désespérément – Léane Morton

 

Titre : Cherche inspiration désespérément

Auteur : Léane Morton

Editeur : MxM Bookmark

Collection Infinity

Date de parution : 27 mai 2020

 

 

  • Résumé (éditeur) :
Moi, c’est Zoé Martin. Vingt-six ans tout juste, un boulot chiant et une toute nouvelle carrière d’auteur en auto-édition. Mon problème ? Je n’arrive pas à entamer l’écriture de ma seconde œuvre. C’est la page blanche et je finis par m’enfermer chez moi pour regarder des vidéos de chatons sur YouTube plutôt que d’enchaîner les mots sur Word. C’est quand je repousse un beau mec le soir de mon anniversaire que mes amies décident d’agir en orchestrant le kidnapping de mon ordinateur. Si je veux espérer revoir un jour mon cher et tendre complice technologique et terminer (OK ! entamer…) mon nouveau manuscrit, je vais devoir aller au bout de leurs défis.

 

  • Avis :
Le résumé m’a tout de suite donné envie de découvrir ce roman, notamment pour le côté procrastination (oui je l’avoue, c’est souvent mon cas concernant l’écriture) et je me suis lancée sans attendre dans cette histoire.
Et…J’ai un instant eu peur au début…. Parce que les défis des amies de Zoé, s’ils ne sont pas méchants, ne me paraissent pas très amicaux (en gros, si mes amies faisaient ça, hé bien clairement, pour moi cela voudrait simplement dire que ce ne sont pas mes amies). Mais cela colle au caractère de Zoé, que ses amies connaisse et je suis finalement entrée dans l’histoire assez rapidement.

 

Les défis en eux-mêmes apportent tous quelque chose à l’histoire et permettent à Zoé d’évoluer tout en ajoutant des petits moments drôles ou mignons à l’intrigue. Bien évidemment, il s’agit également d’une histoire d’amour et Xavier prend rapidement une place importante dans le récit. Roh Xavier, je l’ai beaucoup aimé ! Et c’est quelque chose qu’on voit assez peu dans les romans actuels mais Xavier est un homme qu’on a envie de rencontrer et qui prend son temps. Il n’est pas exempt de défauts certes mais j’ai aimé les petits détails qui font que Zoé craque. Quant à Zoé, ses remarques sont un régal et elle est facile à suivre et à comprendre.

 

L’histoire est bien menée et parle aussi bien d’écriture que de passion, de travail et de lâcher prise. Zoé n’arrive pas réellement à se concentrer et se met une pression énorme pour réussir à écrire. Qui n’a jamais mis tout son cœur dans quelque chose et a peur de le foirer ? La procrastination de Zoé m’a clairement parlé, tout comme les heures qui défilent une fois lancée mais également le côté à préférer rester pépère à la maison devant son ordinateur. Zoé est une héroïne facile à comprendre et à apprécier et j’ai passé un très bon moment en sa compagnie.

 

Un petit point aussi sur l’escape game qui nous est présenté dans le roman : j’adore les escape game et celui-ci m’aurait tellement donné envie de le tenter s’il existait !

 

En bref une lecture légère, pleine d’humour et de jolis moments que j’ai beaucoup apprécié !

 

Phobie Douce – John Corey Whaley

 

Titre : Phobie Douce

V.O. : Highly Illogical Behaviour

Auteur : John Corey Whaley

Editeur : Casterman

Date de parution : 1er février 2017

 

 

  • Résumé (éditeur) :

De toute façon, Solomon n’avait jamais besoin de sortir de la maison. Il avait de la nourriture. Il avait de l’eau. Il pouvait voir les montagnes depuis la fenêtre de sa chambre. Ses parents étaient si occupés qu’il organisait sa vie à la maison à sa guise. Jason et Valérie Reed n’intervenaient pas, parce que finalement céder à leur fils était la seule solution pour qu’il aille mieux. À L’âge de seize ans, il n’avait pas quitté le domicile familial depuis trois années, deux mois et un jour. Il était pâle, assez souvent pieds nus, et allait plutôt bien.

 

  • Avis :

Sujet à des crises de panique régulières, Solomon a un jour trouvé comment les atténuer de façon radicale : en ne sortant plus de chez lui. Depuis trois ans, il vit donc reclus par choix dans la maison de ses parents et les seules autres personnes qu’ils côtoient sont sa mère, son père et sa grand-mère. Sa scolarité continue par correspondance et il a tout ce qu’il lui faut avec sa passion pour les séries, notamment pour Star Trek.

Pour Solomon, la situation est donc parfaite. Il a trouvé le moyen de juguler sa peur de l’extérieur et tout va bien pour lui. Malgré tout, il est bien conscient que ce qu’il vit rend la vie de ses parents compliquée et que ces derniers souhaiteraient qu’il aille mieux et se construise un avenir ailleurs qu’entre les murs de sa maison d’enfance.  Seulement, rien que l’idée de poser un orteil dehors est impensable pour le jeune homme.

L’agoraphobie est ici clairement désignée et l’auteur nous montre un adolescent qui sait parfaitement ce qu’il a et qui fait finalement de son mieux pour continuer à vivre malgré ses peurs. Ce n’est peut-être pas la meilleure solution mais qui sommes-nous après tout pour en juger ? Pourtant, Lisa décide de lui venir en aide et, par là, d’en faire le sujet de son mémoire pour entrer dans une grande université. Dit comme cela, il est vrai que Lisa parait bien antipathique et arrogante. Et, effectivement elle l’est. Malgré tout, chaque personne a ici un contexte et une personnalité qui permet au lecteur de le comprendre et, sans être forcément d’accord avec les personnages, d’avoir envie que tout finisse par s’arranger pour eux.

C’est en tout cas ce que j’ai ressenti pour Solomon, pour Lisa et pour Clark, le troisième larron de cette petite bande disparate qui se forme au fil des pages. Si Solomon est malade, les deux autres ont également des problèmes à gérer et c’est finalement un groupe d’amis qui appairait sous nos yeux, se découvrent et s’apprécient de plus en plus. Mais l’amitié peut-elle se baser sur un mensonge ?

J’ai passé un très bon moment avec ce roman dont je n’ai pas vu défiler les chapitres. Les émotions et les actions de chaque personnage sont crédibles et poussent le lecteur à mieux les comprendre. Autour de Solomon, il y a également sa famille et cette dernière, si elle ne souhaite que son bonheur, rêve qu’il passe un jour la porte de la maison et retourne dans le vaste monde. Malgré tout, aucun d’entre eux ne lui met la pression et on sent ici tout l’amour qui transparaît pour cet adolescent, qui est différent des autres et tellement aimé des siens.

Le roman aborde d’autres thèmes importants et je pense clairement qu’il s’agit là d’une histoire à mettre entre toutes les mains.

En bref un roman qui aborde le sujet de l’agoraphobie de manière intelligente et accessible, ce qui permet de parler de cette maladie bien rarement abordée dans un ouvrage jeunesse.

 

Soleil Glacé – Séverine Vidal

 

Titre : Soleil Glacé

Auteur : Séverine Vidal

Editeur : Robert Laffont

Collection R

Date de parution : 5 mars 2020

 

 

  • Résumé (éditeur) :

Il n’a rien vu du monde, elle l’y embarque.
Comme si son premier chagrin d’amour ne suffisait pas, Luce apprend que son père ? un homme qu’elle a à peine connu ? vient de mourir. Et puisque la vie n’en a pas fini avec ses mauvaises blagues, elle découvre ce qu’il lui avait toujours caché : une autre famille.
Mais la rencontre bouleversante de Luce avec Pierrot, un frère tout neuf et différent, va faire fondre son cœur glacé…
Un grand roman contre les préjugés, qui célèbre l’énergie, la fantaisie, et la rage de vivre !

 

  • Avis :

Il s’agit du premier roman de Séverine Vidal que je lis et c’est donc pour moi une découverte.

L’écriture est très fluide et je suis très rapidement entrée dans l’histoire en compagnie de Luce. Cette dernière se fait larguer par texto et, on la comprend, elle ne le vit pas bien du tout. Coup de massue, elle apprend également la mort de son père. Son père qui n’a jamais vraiment pris son rôle paternel très à cœur et Luce se pose beaucoup de questions sur son manque de ressentis.

J’ai beaucoup aimé la manière dont les sentiments, tout comme leur absence, résonne dans le roman. Pour avoir vécu des deuils récemment, Luce m’a paru réaliste et attachante. Malgré tout, elle est aussi égoïste et immature et son personnage en devient aussi attachant qu’il est agaçant. Sûrement comme chacun d’entre nous finalement ?

A l’enterrement de son père, elle se découvre un frère. Un choc auquel personne ne pourrait s’attendre. Et, avec ce frère, plus que le mensonge d’un père, elle découvre toute une vie qu’elle aurait pu avoir et qu’elle n’a pas eu. Une vie que son père ne lui a pas laissé l’occasion d’avoir. Tous les sentiments se bousculent en elle, notamment de la rancoeur contre cette injustice et c’est finalement un nouveau deuil qui se dessine : celui d’une autre vie.

D’autant que Pierrot n’est pas un frère comme les autres, il est atteint de l’X fragile et, à ce titre, il a besoin de plus de temps que d’autres pour admettre les choses tout comme il a besoin de rituels. Luce découvre avec Pierrot un frère qu’elle aime au premier regard et qui lui apporte une stabilité dont elle a besoin, sans même qu’elle y prenne garde. Pierrot est celui qui vit la même chose qu’elle et elle se raccroche à ce frère tombé du ciel.

C’était évident pour moi dès les premiers chapitres : j’allais beaucoup aimé ce roman. Pourtant, le retournement final m’a cependant laissé perplexe. Si je comprends le pourquoi il fallait un retournement à ce moment précis, je le trouve  très mal choisi car pas explicité au final et posé là. C’est le genre d’événement qui doit selon moi prendre place avec importance et provoquer autre chose qu’un simple retournement de situation pour permettre de clôturer l’histoire.

Je reste donc un peu mitigée sur la fin malgré un roman dont le thème est très intéressant.

En bref je ne peux que vous conseiller de lire ce roman et de vous faire votre propre avis.

Et tu marcheras vers les étoiles – Lily Haime

Titre : Et tu marcheras vers les étoiles

Auteur : Lily Haime

Editeur : MxM Bookmark

Date de parution : 24 juillet 2019

 

 

  • Résumé (éditeur) :

« Personne ne vous prévenait que si vous parveniez un jour à toucher les étoiles, vous devriez vous méfier… »
Sam a grandi pour devenir un champion de gymnastique ; il a ce sport dans les veines, dans le cœur. Il n’a jamais imaginé devenir autre chose. Après un accident survenu aux Internationaux d’Estaires, qui laisse son meilleur ami dans un fauteuil roulant, il n’y arrive plus. Malgré le soutien de ses proches, il se fait renvoyer de l’INSEP et retourne à Bordeaux, son rêve en miettes.
Léo aime cuisiner, tient un blog, et veut faire le tour du monde pour découvrir de nouvelles recettes. Lorsque Sam le rencontre, il tombe dans un autre univers. Un univers fait d’excentricités, de yuzu et de tous ces masques que Léo aime tant. Quoi qu’il cache, Sam finit par se laisser emporter par ce garçon étrange et par son regard bleu, toujours accroché à lui.
Sur les trottoirs de ces rues bordelaises, ils abandonneront les derniers mois de leur adolescence. De vérités arrachées en espoirs reconquis, de désirs murmurés en peurs à peine avouées, Sam et Léo se lanceront à la poursuite d’eux-mêmes. Et cette course – la vie – lèvera le voile de toutes leurs illusions.
« Je suis tombé amoureux d’un garçon qui se promenait dans les étoiles, et moi, j’étais le type paumé, assis par terre qui regardait vers le ciel…  »

 

  • Avis :

Honnêtement, j’ai commencé ce roman sans trop savoir à quoi m’attendre, parce que j’avais lu un roman de Lily Haime que j’avais beaucoup aimé. Carton plein pour celui-ci également, au point que je suis certaine de le racheter en papier pour pouvoir l’avoir dans ma bibliothèque IRL !

Il y a des livres qui vous font passer un bon moment et il y a ceux dans lesquels vous vous perdez, qu’il est difficile de lâcher et où vous revenez dès que vous avez un moment (que vous prenez même quand ce n’est pas le cas). Ce roman a été de ceux-là. Je n’ai pas vu passer ses plus de cinq cents pages et j’ai regretté qu’il soit terminé tant j’en aurais voulu encore plus. Pourtant, la boucle est bouclée et les personnages vont vivre leur vie. La fin est parfaite pour moi car elle fait le tour de tout et j’ai pu refermer le roman avec plaisir (malgré un brin de tristesse tout de même de les quitter).

Nous y suivons donc Sam et Léo et, en parallèle avec eux, toute leur bande d’amis. Sam est un sportif de haut niveau, il a l’habitude des sacrifices pour son sport, pour réussir toujours plus de figures et rêve des J.O.. Jusqu’à l’accident de son ami/rival qui laisse celui-ci dans un fauteuil roulant. Pour Sam, tout s’écroule. Comment continuer avec la peur ? Avec la culpabilité ? Car on se sent toujours coupable, mine de rien, qu’on y puisse quelque chose ou pas. La peur de Sam est réelle, crédible et sert le cœur. Il veut passer outre mais il n’y arrive pas. Comment le lui en vouloir ? Pourtant, dans ce milieu, ne pas avancer n’est pas autorisé.

Alors Sam fait de son mieux. Malgré la peur, malgré les souvenirs, malgré lui, malgré ceux qui l’entourent. Ou pour tout ça.

Quant à Léo… Hé bien je ne vais pas vous en dire trop sur Léo parce qu’il faut le découvrir au fur et à mesure ❤ Léo a une vie totalement différente, il se cache derrière des masques pour exister et il rêve d’être ailleurs, bien loin de ses problèmes et de ces gens qui n’ont que faire de qui il est réellement.

Je me suis laissée entraîner par Sam et Léo, par leurs forces et leurs failles et j’ai suivi leurs hauts et leurs bas entre sourires et serrements de cœur. Ce roman, c’est une histoire d’amour, une histoire d’amitié, une histoire de famille et une histoire de passion tout à la fois. C’est une ode à la vie et à tout ce qu’on peut réussir à faire lorsqu’on est avec les bonnes personnes. C’est un roman qui fait rire et sourire mais qui fait également pleurer. Ce sont des pages qui passent à toute vitesse et sur lesquelles on voudrait ralentir sans y arriver.

En bref un gros coup de cœur qui m’aura laissé une belle gueule de bois livresque et que je n’oublierai pas de sitôt !

I love you so mochi – Sarah Kuhn

 

Titre : I love you so mochi

Auteur : Sarah Kuhn

Traducteur : Camille Cosson

Editeur : Fleurus

Date de Parution : 10 janvier 2020

 

 

  • Résumé (éditeur) :

Kimiko, jeune Californienne d’origine japonaise, prépare son admission dans une université d’arts réputée. Seulement, voilà : depuis plusieurs mois, elle est incapable de dessiner quoi que ce soit.

Malgré la peur grandissante de décevoir sa mère, qui ignore la crise qu’elle traverse, ses toiles restent désespérément blanches, au profit de créations plus récréatives, comme la robe en emballages de sucreries qu’elle a réalisée pour sa meilleure amie, Bex.

Alors, quand ses grands-parents restés au Japon l’invitent à leur rendre visite, elle saute sur l’occasion pour se libérer de l’atmosphère étouffante qui a envahi la maison.

Arrivée sur place, elle a tôt fait de se perdre dans le dédale des rues de Kyoto. Et c’est au détour d’une boutique de mochis, cette délicieuse pâtisserie aux couleurs du printemps, que Kimi fait la rencontre d’un jeune étudiant pas comme les autres, Akira, qui va se donner pour mission de l’aider à trouver sa voie…

 

  • Avis :

En lisant le résumé, je n’ai pas pu m’empêcher de me lancer dans ce roman. Vous le savez peut-être mais j’adore le Japon et j’ai eu la chance de me rendre deux fois à Tokyo et dans les alentours. Je suis donc souvent très curieuse des romans qui s’y déroule.

L’histoire nous présente Kimiko, elle est en dernière année de lycée et elle doit rendre un travail de peinture pour être accepté dans la fac d’arts à laquelle elle a postulé. Sauf que, depuis quelques temps, Kimi ne peint plus et elle n’ose pas le dire à ses parents de peur de les décevoir. Alors, elle coud et se noie totalement dans le déni.

Ce roman aborde avec douceur le problème de l’incompréhension entre les adolescents et leurs parents. Entre ce que ces derniers peuvent souhaiter de meilleur à leur progéniture mais également les rêves qu’ils placent parfois en eux sans se rendre compte que ceux-ci ne sont pas en adéquation avec les souhaits des concernés.

Les parents de Kimi veulent le bonheur de celle-ci et elle en est consciente mais alors justement… comment leur faire comprendre que ce qu’ils ont prévus n’est pas ce qu’elle, elle veut ? Kimi est un personnage attachant, totalement perdue entre ce qu’elle aime faire, le fait qu’elle veut rendre sa mère heureuse et le fait qu’elle a pris conscience que la peinture ne l’amuse plus. Alors en faire son métier après des études laborieuses ? Encore moins.

Le fil du conducteur du roman parle d’une fuite en avant et c’est l’une des raisons pour lequel ce roman me tentait également de façon très personnelle. Mon second voyage à Tokyo a été similaire à celui de l’héroïne dans la manière dont il s’est déroulé. Ma situation familiale était très complexe et ce voyage a été une fuite autant qu’un moyen de me ressourcer. Être a des milliers de kilomètres pour prendre le temps de souffler, c’est ce que j’ai eu besoin de faire et je ne pouvais donc que totalement comprendre Kimi sur ce point.

Sa fuite à elle lui permet de rencontrer ses grands-parents maternels et donc de mettre les pieds dans les relations conflictuelles entre sa mère et sa grand-mère. On a tous des histoires de familles, qui se finissent plus ou moins mal et où, parfois, on regrette finalement de ne pas avoir creusé avant qu’il ne soit trop tard.

Tout en découvrant ses grands-parents et l’histoire de sa mère, Kimi découvre également le Japon et se découvre elle-même. Grâce à Akira qui l’emmène dans un périple des lieux à découvrir autour de Kyoto. Akira qui a lui aussi des soucis familiaux et qui, s’il sait quel  est son rêve, pose la question de ce qui est le plus important pour chacun d’entre nous.

J’ai adoré les petites interjections en langue japonaise qui parsèment le texte mais je me demande si, pour quelqu’un qui ne les comprends pas, ce n’est pas embêtant de devoir aller à chaque fois en fin de roman (cela aurait peut-être été plus pratique de faire une note de bas de page ? )

Le roman aborde également avec délicatesse les problèmes rencontrés par les japonais immigrés aux Etats-Unis lors de la seconde guerre mondiale et j’ai donc appris beaucoup dans ce roman.

Au final, il s’agit d’un roman qui contient bien plus que ce que son apparence ne suggère. Oui, il est feel-good, mignon et avec des personnages adolescents. Mais ceux-ci sont profond et les histoires que nous content l’auteur le sont également.

En bref un roman que j’ai adoré et que je vous invite à découvrir pour passer un très bon moment tout en réflexion.

 

Comment se comporter comme une personne normale – TJ Klune

 

Titre : Comment se comporter comme une personne normale

V.O. : How to be a normal person

Auteur : TJ Klune

Traducteur : Alexia Vaz

Editeur : MxM Bookmark

Date de Parution : 21 mai 2018

 

 

  • Résumé (éditeur) :

Gustavo Tiberius n’est pas normal. Il en est conscient, tout comme le reste des habitants d’Abby, petite ville de l’Oregon. Il lit des encyclopédies chaque soir avant de dormir, a un furet de compagnie qu’il a baptisé Harry S. Truman, possède un vidéoclub où personne ne met les pieds, et ses plus proches amis sont Lottie, une dame dont les cheveux ressemblent à ceux d’une drag-queen, et un trio de vieilles motardes chevauchant de Vespa répondant au nom des « Nous, les trois Reines ». Gus n’est pas normal. Et ça lui va très bien. Tout ce qu’il demande, c’est qu’on le laisse tranquille Jusqu’au jour où entre dans sa vie Casey, un hipster asexuel défoncé et accessoirement le nouvel employé de chez Lottie’s Lattes. Pour une raison qu’il ne comprend pas, ce dernier pense que Gus est l’être le plus fabuleux sur Terre. Et il se pourrait bien que Gus commence à penser la même chose de Casey, même si celui-ci passe sa vie à poster des photos de sa nourriture sur Instagram. Mais Gus n’est pas normal et Casey mérite quelqu’un qui l’est. Voulant soudain être ce quelqu’un, Gus sort de sa zone de confort et formule un plan pour devenir la personne la plus normale au monde. Après tout, qu’est-ce qui pourrait bien clocher ?

 

  • Avis :

Bon, j’imagine que ce n’est pas un secret si je vous dis que je commence à me tourner vers TJ Klune lorsque j’ai besoin d’une lecture pour euh, extérioriser tiens, c’est bien extérioriser 😛 Bref, dernièrement j’avais besoin d’un roman pour lequel j’étais sûre qu’il allait m’emporter loin et me laisser pleurer et rire et donc, relâcher la pression accumulée. Il y a des livres que vous lisez pour vivre des aventures et déjouer des complots, pour frissonner et avoir peur ou tout au contraire pour avoir l’impression d’être dans un cocon de douceur. Et il y a des livres qui arrivent à vous dire que c’est normal d’être triste ou déphasé mais que rien de tout ça n’est définitif. Et que ce n’est pas grave de toute manière parce que vous avez des gens pour vous aider.

Vous voyez ?

Comment se comporter comme une personne normale m’a fait cet effet-là. Il m’a fait rire aux éclats pour des situations totalement loufoques qui, disons-le clairement, ne feront pas rire tout le monde. L’humour de ce texte est particulier, tout comme l’écriture finalement et je ne l’aurai peut-être pas autant apprécié si je n’étais pas tombée amoureuse des Bennett et si je ne m’étais donc pas accrochée au départ pour cette façon d’écrire (pour rappel, Le Chant du Loup). Mais je suis à présent totalement à l’aise avec la particularité de cette écriture et elle est même devenue l’assurance de passer un bon moment.

Ce roman, c’est donc l’histoire de Gus. La vie de Gus est réglée à la seconde près et il a besoin de cet emploi du temps, toujours le même, pour se sentir à l’aise. Pour Gus, une bonne journée et une journée passable, une journée qui s’est passée de la manière dont elle devait se dérouler. ll vit sa vie entre son travail dans un vidéoclub démodé qui est le legs de son père, son café du matin chez Lottie et la venue de Nous Les Trois Reines, trois vieilles dames carrément hautes en couleur rose. Jusqu’à l’arrivée de Casey, auteur hipster souvent défoncé.

Voilà donc le décor. Quant à l’histoire… Hé bien c’est une histoire de sentiments, de deuil, d’amitié et de découverte des méandres d’internet. C’est une histoire qui m’a fait ridiculement couiner des « c’est trop mignon ! » devant les événements. C’est un roman qui m’a fait tellement éclater de rire que j’ai partagé des pages et des pages de citations à plusieurs de mes amies (pardon les filles, j’vous aime ❤ ). C’est aussi des passages qui m’ont fait pleurer parce que c’est le propre des romans de TJ Klune, il vous présente des personnages auxquels on s’attache et qui vous serrent le cœur parce que la vie n’est jamais juste. Parce qu’interagir avec le monde, c’est toujours prendre le risque de souffrir. Mais c’est aussi ça vivre. C’est rire avec les gens qu’on aime et apprendre à les connaître et se faire à qui ils sont. Et les aimer pour ça.

Gus et les interactions sociales, ce n’est clairement pas ça et il a donc besoin d’internet pour savoir comment se comporter normalement. Nous avons déjà tous fait des recherches sur internet n’est-ce pas ? Nous sommes déjà tous tombés sur des sites étranges, effrayants ou qui se prennent au sérieux. Mais avons-nous déjà suivi leurs conseils ? Peut-être ? Gus dit souvent ce qu’il pense et croit qu’internet à la réponse à ses questions. Ce qui provoque évidemment des situations étonnantes et des dialogues tout aussi barrés.

Si vous voulez savoir qu’on ne doit pas dire à ses amis qu’on a des hobbies de taxidermiste, si vous voulez tout savoir sur les hipsters défoncés, sur les meilleurs câlins du monde, sur pourquoi Michael Bay est effrayant, sur les caniches prostitués et, enfin, si vous avez besoin de rire, vous ouvrirez le bon livre. Surtout si vous voulez découvrir la déclaration d’amour la plus jolie au monde.

Un point aussi sur le fait que le roman aborde avec intelligence l’asexualité. On parle beaucoup d’hétérosexualité, d’homosexualité et de bisexualité. Récemment, la notion de transgenre commence à être prise en compte. Mais il y a bien d’autres sexualités qui ne sont quasiment jamais abordées et que la plupart des gens ne connaissent pas. Malgré tout l’humour présent ici, le plus important reste ceci : vous ne devriez jamais avoir à être quelqu’un d’autre pour être accepté. Vous avez le droit d’être qui vous êtes et ce n’est pas un problème.

En bref, si vous aimez l’humour à l’ouest et que vous avez besoin d’un roman pour relâcher la pression, celui-ci est fait pour vous.

Romance – Arnaud Cathrine

Titre : Romance

Auteur : Arnaud Cathrine

Editeur : Robert Laffont

Collection R

Date de parution : 2 janvier 2020

 

 

  • Résumé (éditeur) :

C’est le mojito.
C’est un léger accident.
C’est parce qu’il n’a pas rencontré de fille.
C’est parce que je n’ai pas rencontré de garçon.
C’était juste pour essayer.
C’est pour avoir tout fait ensemble.
C’est pour tous les amis pareil.
C’est entre lui et moi.
C’est la première et la dernière fois.
C’est rien.
Ça va passer.

 

  • Avis :

Même si j’ai beaucoup entendu parler du roman A la place du cœur, c’est la première fois que je lisais un roman d’Arnaud Cathrine et j’espère que ce ne sera pas la dernière car j’ai beaucoup aimé sa plume. On est rapidement plongé dans l’histoire et celle-ci est fluide, faisant que les page se tournent très vite.

Ce roman, c’est l’histoire d’un premier amour, avec tout ce qu’il implique de bonheur, d’émotion, de doutes et de peur. Vince est un romantique dans l’âme, il a dix-sept ans et il rêve d’être amoureux. Il veut se lancer dans l’amour tête baissée, aimer à la folie et être aimé en retour. Et, lorsqu’il tombe amoureux, Vince l’est à fond. Il est également comme ça dans la vie finalement, il prend tout à bras le corps, ses émotions sont fortes et le dominent parfois et il ne fait rien à moitié.

Le roman pose aussi la question d’être gay dans un monde qui ne vous accepte pas toujours. Vince revendique un monde où l’amour serait considéré comme de l’amour, point. Un monde qui devrait couler de source qui est considéré comme « idéal ». Il pose également la question d’être soi-même dans ce monde-là et d’assumer d’être qui on est. Pourquoi devrait-il être courageux d’assumer ce qui est normal lorsqu’on est hétérosexuel et devrait l’être également lorsqu’on est homosexuel ?

Si ce roman est donc un roman sur le premier amour, c’est également un roman sur l’adolescence et tout ce qu’elle implique d’émotions contradictoires. Vince n’est clairement pas un personnage tout lisse et ses émotions rythme le texte comme elle rythme l’adolescence.

Ce ne sera pas une surprise si je vous dis que je suis mitigée sur la fin, tout simplement parce qu’il s’agit d’une fin ouverte. Elle est cependant parfaite avec l’histoire que nous découvrons dans le roman même si je n’aime pas laisser les personnages sur quelque chose de « pas terminé ». Mais Vince va continuer sa vie, il a dix-sept ans, de nombreuses possibilités s’ouvrent à lui et c’est très bien comme ça.

En bref un roman que j’aurai lu très vite, plein d’émotions et qui vous entraîne avec Vince sur les hauts et les bas d’un premier amour. Un roman qui m’aura donné envie d’en découvrir d’autres de l’auteur.

 

« Le monde doit être post-gay ![…] Un monde où les homosexuels pourraient se définir par autre chose que leur sexualité. […] Moi, ça me gave, euh, ça m’ennuie d’être différent, d’être un problème. Je ne suis pas un problème. Et vous non plus. Je ne suis pas que gay. »

« Me protéger ? Mais ça ne va pas du tout avec l’amour, Rokia ! Peut-être que ça t’arrange, toi, de te protéger (ce qui expliquerait, au passage, pourquoi tu n’es plus jamais tombée amoureuse depuis Yohann), mais moi, je te dis que c’est le contraire de l’amour. L’amour, c’est danger de mort. Ou rien. »