Le jardin des silences – Mélanie Fazi

 

Titre : Le jardin des silences

Auteur : Mélanie Fazi

Editeur : Bragelonne

Collection : L’Autre

Date de Parution : 22 Octobre 2014

 

 

  • Résumé (éditeur) :

Un bal secret au coeur de l’hiver, une violoniste dont les notes soulèvent le voile des apparences, une dresseuse d’automates dépassée par sa création : à travers ces douze textes ciselés, découvrez ou retrouvez l’univers envoûtant de Mélanie Fazi, auteure rare à la plume délicate, qui joue des mots émotions avec une justesse bouleversante.

 

  • Avis :

Je lis rarement de recueil de nouvelles mais, en cette période de partiels, j’étais contente de pouvoir lire une histoire et en avoir la fin puisque je ne pouvais pas reprendre un roman tout de suite. Le Jardin des silences était LE livre que j’avais décidé de m’offir en allant au Salon Fantastique car les résumés que j’avais lu de certaines nouvelles me tentaient beaucoup.

Et, pour une première dans l’univers de Mélanie Farzi, je dois dire que je suis conquise !

J’ai été totalement entraînée par la mélodie des textes. Aucune nouvelle ne m’a déplu, même si évidemment, j’ai été plus sensible à certaines d’entre elles. La tristesse qui se dégage des mots prend vraiment aux tripes et, en même temps, l’espoir est sous-jacent. J’ai adoré ces textes et j’ai eu du mal à quitter cet univers aussi fantastique que doux.

On vit les histoires, on s’attache aux personnages et on est triste de les quitter, alors même que nous n’avons passé que quelques petites pages en leur compagnie. Chaque histoire à son univers propre, amené et décrit de telle sorte que le lecteur à l’impression de le connaître déjà. On se perd entre les mots et on y revient après chaque fin de nouvelle, attiré par la plume envoûtante de Mélanie Farzi.

En bref un petit bijou ! Qui me donne très envie de découvrir les autres textes de l’auteur.

 

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Item éphémère Gilderoy Lockhart : lire un livre dédicacé – 105 points

Bye Bye Bollywood – Hélène Couturier

Titre : Bye Bye Bollywood

Auteur : Hélène Couturier

Editeur : Syros

Date de Parution : 13 Avril 2017

 

 

  • Résumé (éditeur) :

Quand ma mère nous a annoncé qu’on partait en vacances en Inde, ma sœur s’est direct imaginée en mode « Bollywood », façon princesse indienne. Plus mesurée, j’ai pensé que j’avais la meilleure maman du monde, ce qui n’arrive pas souvent. Puis j’ai compris qu’elle nous emmenait dans un ashram. Traduction : délire yoga-méditation, riz complet et partage des tâches ménagères ! Ça m’a anéantie. Et encore, j’ignorais qu’une fois là-bas, il n’y aurait pas de réseau et que le seul jeune de mon âge, Jésus, serait un matheux sans pitié. Mais…… Comme le dit le proverbe indien : « Tant qu’il y a de l’amour, tout est possible »

 

  • Avis:

Lorsque leur mère leur annonce qu’elles partent en Inde, Anna et Garance font la danse de la joie. Mais, en apprenant qu’il s’agit d’un ashram, Anna déchante vite. Bonjour les heures fixes, les délires méditatifs et adieu les relations sociales avec ses amies. Comme toute adolescente actuelle, elle s’est habituée à pouvoir communiquer avec ses comparses à toute heure du jour et de la nuit mais, là où elle arrive, le réseau s’est fait la malle.

Les dialogues entre sa mère et elle présentent toute l’incompréhension que l’on peut retrouver entre une jeune fille qui aspire à être elle-même et une mère qui veut lui faire découvrir autre chose. Le problème, c’est qu’elles ne sont pas du tout sur la même longueur d’onde ! A vrai dire, j’ai trouvé la mère parfaitement égoïste d’entraîner ses filles dans un ashram sous couverts de « nous partons en vacances » sans les prévenir d’abord.

Au-delà de cela, Anna est une héroïne attachante et avec beaucoup d’humour. Au fil des pages, nous comprenons qu’elle a finalement si peu confiance en elle qu’elle se cache derrière un ton ironique, pour faire rire avant d’être blessée. Je pense que beaucoup peuvent se retrouver en elle et que le roman peut donc être une bonne lecture pour les adolescentes car il aborde de nombreux points qui leur sont clairement dédiés. Les jeunes (et les moins jeunes aussi cela dit) peuvent tirer de cet ouvrage de jolies leçons, intelligemment dispensées au fil des pages.

Si le ton du roman est enlevé et humoristique, il n’empêche pas l’auteur de glisser des références historiques et de proposer une réflexion sur la manière dont les femmes sont considérées en Inde. A travers les yeux de la jeune fille pour qui l’Inde est avant tout l’exotisme des Bollywood, nous en apprenons beaucoup sur la culture du pays ainsi que sur les particularités des ashrams. J’ai beaucoup apprécié découvrir toutes ces petites choses que je ne connaissais pas tout en suivant Anna dans ses aventures.

En bref, un roman qui propose une réflexion intelligente sur le fait de s’ouvrir à une autre culture et permet d’en apprendre plus sur l’Inde.

Merci aux éditions Syros pour cette découverte ~

 

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30 / 50

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Cours de Botanique : un livre à la couverture fleurie – 20 points

 

Les piqûres d’Abeille – Claire Castillon

 

Titre : Les piqûres d’Abeille

Auteur : Claire Castillon

Editeur : Flammarion Jeunesse

Date de parution : 05 Avril 2017

 

 

  • Résumé (éditeur) :

Je l’ai repérée tout de suite, avec sa couronne dans les cheveux. J’ai compris que je pourrais lui faire confiance. A quoi bon avoir une meilleure amie et une amoureuse ? Abeille allait remplir les deux fonctions. Lou, mon ancienne amoureuse de CP, était bien trop gamine. En ce qui me concerne, je suis très mûr, assez marrant et plutôt intelligent, il me faut donc une fiancée qui dépote. D’emblée, j’ai senti qu’Abeille avait du tempérament. Avec Abeille, tout est possible.

 

  • Avis :

Ce petit roman nous fait faire la connaissance de Jean. Âgé de neuf ans, le garçon tombe éperdument amoureux d’Abeille au mariage de sa marraine et se fait donc tout un film sur ce qui l’unit à celle qu’il trouve si particulière. Le début de l’histoire nous présente la famille de Jean et nous permet de découvrir l’environnement dans lequel évolue le petit garçon. Les réflexions de ce dernier font souvent sourire et l’auteur a très bien su retranscrire la manière de penser d’un enfant de cet âge.

Les réflexions au sujet des adultes, les bêtises qui semblent pourtant justifiées, les relations qu’il entretient avec sa grande sœur, toutes ces petites choses font que l’on s’attache facilement à Jean et que l’on suit avec plaisir son enquête pour découvrir comment recontacter Abeille.

Une fois ceci fait et si le roman reste agréable à lire, il m’a surprise car je ne m’attendais pas à cela. Je pensais découvrir une correspondance amusante et enlevée, de deux enfants certes, mais le terme de « piquant » me laisser présager de l’humour et de l’amusement. Or, Abeille est une petite peste et Jean est totalement incapable d’en voir la méchanceté. J’ai donc été assez désappointée par ce côté du roman…

Néanmoins, Jean grandit au fil des pages et le livre est emplis de jolis sentiments qui plairont certainement.

En bref une petite histoire bien écrite mais où j’attendais autre chose…

Merci aux éditions Flammarion Jeunesse pour ce roman ~

 

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27 / 50

Emmy & Oliver – Robin Benway

Titre : Emmy & Oliver

Auteur : Robin Benway

Traducteur : Anne Delcourt

Editeur : Nathan

Date de Parution : 13 Avril 2017

 

 

  • Résumé (éditeur) :
Dix ans après le drame qui les a séparés, Emmy retrouve Oliver.
Mais comment renouer avec son ami d’enfance devenu un étranger ?
Depuis leur naissance, Emmy et Oliver sont inséparables. Mais alors qu’ils ont 7 ans, Oliver est enlevé par son père et disparaît de la vie d’Emmy, laissant derrière lui un vide impossible à combler.
Dix ans plus tard, Oliver est de retour. Emmy ne l’a jamais oublié. Pourtant, au moment de le revoir, le doute l’étreint : que reste-t-il de leur amitié après une si longue absence ?Emmy tente alors de retrouver sa place dans le cœur d’Oliver.
  • Avis :

Emmy & Oliver fait parti de ces romans qui vous entraîne sans vous demander votre avis. Après quelques pages, vous vous rendez compte que ces « quelques pages » se sont transformées en chapitre et que vous ne l’avez toujours pas lâché. C’est le premier roman de Robin Benway que je lis et j’espère que ce ne sera pas le dernier car j’ai adoré son écriture. Servie par une traduction toute en douceur, le texte est fluide et simple. Les sentiments y transpirent sans jamais tomber dans le pathos et on a l’impression de vivre avec les personnages leurs peines et leurs découvertes.

Les petits moments qui nous explique l’histoire d’Emmy et d’Oliver avant le début du roman nous permette de bien comprendre la vie de ces familles qui se sont toujours connues et qui ont, par conséquent, tous ressentis le drame de voir un enfant partir un jour avec son père et ne pas revenir. Durant dix ans, l’absence d’Oliver a fait des ravages, parfois discrets mais toujours profonds, dans le cœur de ceux qui le côtoyait. La mère d’Oliver bien évidemment, ses amis aussi, tous jeunes qu’ils soient, mais aussi les parents d’Emmy qui ont vécu de près la souffrance de la maman d’Oliver.

Ces cicatrices sont visibles tout au long du roman et le retour d’Oliver ne peut pas véritablement les combler. Puisque ce n’est plus le petit garçon de sept ans qui refait surface mais bien un adolescent qui a évolué.

En débutant vraiment l’histoire par le retour d’Oliver, l’auteur montre bien qu’il s’agit d’un commencement. Car comment reprendre une place que l’on a pas voulu quitter ? Comment être soi-même quand tous les autres autour de vous sont persuadés de savoir qui vous êtes ? De la même manière, comment essayer de faire correspondre l’image du petit garçon que vous gardiez avec celle de l’adolescent que vous avez finalement devant vous ?

L’absence d’Oliver, tellement présente dans la vie des personnes qui l’aiment, devient de fait un manque lorsqu’il revient. Car son retour ne résout finalement rien mais amène de nouvelles questions, de nouvelles possibilités, de nouvelles inquiétudes. Tous ces personnages ont quelque chose de brisé à l’intérieur qu’ils ont rafistolé au fil des années et qui pensaient guérir au retour d’Oliver. Or, la vie n’est pas si simple et les sentiments des uns et des autres s’affrontent parfois entre ce que l’on voudrait, ce que l’on a et ce que les autres ont et veulent.

Si le roman s’intéresse beaucoup aux liens familiaux entre parents et enfants, il est aussi très centré sur l’amitié qui unit Emmy, Oliver, Drew et Caro. Ce quatuor devenu trio qui redevient quatuor sans trop savoir comment faire. Pour Emmy, Drew et Caro qui ne se sont jamais quittés et connaissent tout les uns des autres et pour qui l’absence d’Oliver était une constante, son retour provoque un moment bancal qu’aucun d’entre eux n’a jamais été préparé à vivre.

Je me suis attachée à ces adolescents, à leur manière d’être et à l’amour qui les relie les uns aux autres. Aux questions qu’ils se posent, à leur envie de liberté et à leur besoin de sentir leurs attaches. L’histoire m’a fait comprendre les réactions des parents et m’a fait passer par toutes sortes d’émotions, du rire à la tristesse sans à-coups.

En bref un roman qui décrit avec intelligence le retour d’un enfant enlevé par un parent et l’impact que cette action entraîne sur toute une population.

Merci aux éditions Nathan pour cette belle découverte ~

 

« Quelquefois, les mots qu’il faudrait pour combler les fissures qu’on a dans le cœur n’existent pas. »

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26 / 50

J’ai avalé un arc-en-ciel – Erwan Ji

 

Titre : J’ai avalé un arc-en-ciel

Auteur : Erwan Ji

Editeur : Nathan

Date de parution : 2 Mars 2017

 

  • Résumé (éditeur) :

Je m’appelle Capucine, mais on m’appelle Puce. J’ai dix-sept ans, la peau mate et un accent de Montpellier. Enfin, l’accent, c’est quand je parle français. Je vis aux Etats-Unis depuis que j’ai trois ans. Cette année, il m’est arrivé un truc phénoménal. Retournement de vie, frisson géant, secousse cosmique… Vous appelez ça comme vous voulez, mais la vérité… c’est que j’ai avalé un arc-en-ciel.

 

  • Avis :

Le roman nous permet de suivre l’histoire de Capucine, dite Puce qui, par envie de parler à quelqu’un, se décide à ouvrir un blog. C’est donc celui-ci auquel nous avons accès et, à travers lui, nous pouvons découvrir le monde de l’adolescente. Puce nous raconte ses joies comme ses peines ainsi que toutes les réflexions qui la traversent.

Le premier point qui ressort de ce livre à la lecture, c’est la manière dont il est écrit. Je l’ai trouvé d’une justesse époustouflante. J’avais l’impression d’être avec Puce et de vivre les journées à ses côtés, de connaître ses amis et de comprendre ses tourments. Ce roman, c’est avant tout une histoire de liens entre les gens. Car Puce parle presque exclusivement des personnes qui l’entourent et de ce qu’elle ressent pour eux. L’histoire nous rappelle qu’il n’est pas possible de vivre tout seul et que ce sont les rencontres qui vont nous permettre d’être qui nous sommes. A travers ses yeux, on découvre de nouvelles personnes, de la même manière qu’elle les découvre au fil du temps. Si son regard sur eux change parfois, ses réflexions restent toujours empruntent d’humour et de tendresse.

J’ai beaucoup aimé Puce. Elle fait partie de ces personnages auquel il est facile de s’attacher. Je me suis aussi retrouvée dans certaines de ses remarques, notamment celles qui nous rappelle que nous avons longtemps été des personnes différentes selon les gens avec qui nous nous trouvions. Avant de finir par être nous-mêmes tout le temps.

Le côté américain du roman est vraiment sympa et j’ai adoré découvrir ce qui faisait la spécificité du lycée de Puce (notamment « Assassin » dont je suis totalement fan ! Je veux faire la même chose 😛 ). Les petits passages en anglais qui parsèment le texte apportent un petit plus à l’histoire et ne nous entraînent que plus au sein du monde de l’adolescente. Rassurez-vous, si vous êtes allergique à l’anglais : tout est traduit.

En bref une héroïne attachante pour une histoire empreinte d’humour et d’émotions. Un beau roman tout en justesse !

 

Merci aux éditions Nathan pour cette découverte ~

 

« C’est aussi pour ça que j’aime mes amis. Tous les quatre, on a peur de ce qui nous attend. Mais avoir peur ensemble, ce n’est pas comme avoir peur tout seul. Si chacun prend un bout de la peur, elle devient moins forte. C’est pour ça que Soupe m’a fait un hug. Que Sara m’a pris le bras dans la rue. Et que Vaneck a remis ma barbe en place. Ils sont mon équipage, et peu importe où ira le bateau. »

 

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20 / 50

De feu et de neige – Anne-Marie Pol

 

Titre : De feu et de neige

Sous-titre : Journal d’une jeune Française en Russie

Auteur : Anne-Marie Pol

Editeur : Nathan

Date de Parution : 9 Février 2017

 

 

  • Résumé :

1812, Moscou. Félicité, jeune Française de 16 ans, vit avec sa mère sous la protection d’une riche famille russe. Malgré leur différence de classe, Félicité est amoureuse de Fédor, le fils de la comtesse. Mais la guerre éclate, Napoléon Ier a décidé d’envahir la Russie. Les Français sont devenus les ennemis des Russes. Félicité n’a d’autre choix que de fuir pour survivre.

 

  • Avis :

Un roman très hivernien qui colle parfaitement bien au temps assez froid qui règne en ce moment dehors ! J’aime en général assez les romans retraçant une période historique et prenant la forme de journaux, aussi le résumé de celui-ci était bien parti pour me plaire.

Au niveau historique, effectivement, j’ai aimé le déroulement de l’intrigue et la manière dont l’auteur présente les évènements tels qu’ils se sont déroulés. Le fait d’être française en Russie au moment de la guerre entre Russes et Français et bien amené et les états d’âmes de Félicité sont en cela intéressant. Comment se sentir française alors que son cœur est russe ? Mais, en même temps… comment renier sa patrie d’origine alors que son père est mort pour elle et pour ce fameux Napoléon qui vient apporter la guerre dans sa vie ?

Malheureusement, les personnages portant cette histoire ne m’ont pas convaincue. Si ce n’est Akim que j’ai trouvé mignon et Vassili, dont le personnage se rapporte à une histoire vraie. Félicité évolue finalement assez peu selon moi malgré les évènements, plus préoccupée par Fédor que par autre chose alors même que sa situation est instable. Si l’idée de leur réunion la pousse à tenir bon, ce que je peux comprendre, elle m’a semblé presque niaise à certains moments du roman et je n’ai pas réussi à l’apprécier. Quant aux adultes qui l’entourent, ils ne m’ont, là non plus, pas donné envie de les connaitre plus. Plutôt caricaturaux, je n’ai pas été sensible à leur caractère ou à leurs remarques et c’est finalement l’ambiance historique et les descriptions de la Russie qui m’ont permises de rester dans le roman.

En bref, une histoire intéressante de par son côté historique bien respecté mais où je n’ai pas réussi à m’attacher aux personnages.

Merci aux éditions Nathan pour cette découverte ~

 

Or, malgré les épreuves partagées main dans la main avec Maman et les revers infligés par la destinée, le monde où je vis m’avait toujours paru beau ; et, soudain, je l’ai trouvé fort laid…

 

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16 / 50

La Maison des Reflets – Camille Brissot

 

Titre : La maison des reflets

Auteur : Camille Brissot

Editeur : Syros

Date de Parution : 2 Février 2017

 

 

  • Résumé (éditeur) :

Depuis 2022, les Maisons de départ ressuscitent le morts grâce à des reflets en quatre dimensions qui reproduisent à la perfection le physique, le caractère, et le petit je ne sais quoi qui appartient à chacun. Les visiteurs affluent dans les salons et le parc du manoir Edelweiss, la plus célèbre des Maisons de départ, pour passer du temps avec ceux qu’ils aiment. Daniel a grandi entre ces murs, ses meilleurs amis sont des reflets. Jusqu’à ce qu’il rencontre Violette, une fille imprévisible et lumineuse… Bien vivante.
Qui accepterait de laisser partir un être cher s’il pouvait le garder à ses côtés pour toujours?

 

  • Avis :

Le roman nous présente Daniel qui a grandi dans une maison de départ entre son père, toujours au travail, et sa gouvernante. N’étant presque jamais sorti de chez lui, les seuls rapports amicaux que connait le jeune homme sont ceux des reflets qui peuplent la maison et qui sont, pour lui, aussi réel que les humains qui peuplent la ville alentour.

Ce point de départ propose donc une réflexion sur les reflets eux-mêmes. Sont-ils humains ou non ? Permettent-ils vraiment aux gens de faire leur deuil ou, au contraire, les font-ils entrer dans une phase de déni en leur permettant presque d’oublier la mort de la personne qui leur était chère ? Dans notre monde actuel où les hologrammes commencent à prendre de la place, les Maisons de Reflets deviennent des endroits tangibles assez faciles à imaginer. Et on se prend à se demander ce que l’on ferait, nous, s’il nous était possible de créer le reflet d’une personne aimée et disparue. Un reflet semblable trait pour trait avec lequel discuter et où se retrouverait la personnalité du décédé…

Le roman pose ces questions avec douceur et intelligence, notamment grâce à Daniel qui évolue au fil des pages, découvrant un monde qu’il n’imaginait finalement pas. A ne voir qu’un seul côté des éléments, on oublie souvent qu’il y en a un deuxième, parfois aussi intéressant que le premier ou, tout au moins, différent. Madame Elia, la préceptrice de Daniel, est l’un des pivot du roman, le poussant à se poser des questions et à aller chercher des réponses, au-delà de sa zone de confort habituelle. Le roman nous pousse d’ailleurs à sortir de la nôtre en nous invitant à réfléchir à ce que les nouvelles technologies peuvent permettre de faire. Les Maisons de Reflets sont en quelque sorte une manière de chercher à défier la Mort et j’ai beaucoup aimé le parallèle avec les citations de début de chapitres qui renvoient aussi bien au folklore qu’à des histoires connues de tous.

J’ai trouvé qu’il était vraiment question de dualité dans cet ouvrage, choses qui m’a particulièrement plu. Qu’il s’agisse du monde extérieur en opposition avec l’intérieur de la maison, de Violette en double d’Esther, de la différence entre l’absence du père de Daniel et la présence virtuelle de sa mère, de la communication par lettres alors que la technologie est si présente, de la mort qui ne l’est plus tout à fait alors même que les reflets ne sont pourtant pas totalement la vie… L’histoire navigue entre ces oppositions et entraîne le lecteur à sa suite, l’invitant à réfléchir comme à se laisser porter par l’intrigue qui se dévoile peu à peu, ne rendant que plus avide d’en savoir plus sur le fin mot de l’histoire.

En bref un roman prenant qui propose une réflexion sur le deuil pleine de douceur et très actuelle. Un joli coup de cœur en ce début d’année !

Merci à Véronique et aux éditions Syros pour cette belle découverte ~

 

« Il n’y a rien de pire que de voir un proche nous être arraché, sans nous laisser la chance de poser le point final à l’histoire que nous écrivions ensemble. »

« Face à un deuil, on est toujours seul, il me semble. C’est un gouffre qui se creuse en nous, et personne ne peut en imaginer la profondeur car il faudrait oser s’en approcher, se pencher au-dessus du vide, perdre soi-même une partie de son équilibre. Et tout ça pour quoi ? Pour découvrir l’épaisseur du chagrin qui se cache au fond et réaliser que la petite flamme que l’on a apporté s’y noiera aussitôt. Alors, on fait un pas en arrière. On se dit que la tristesse passera avec le temps, ou des formules de ce genre. Je suppose que c’est vrai, même si c’est un peu cruel. »

 

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cof

15 / 50

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Bague de Gaunt : lire un livre où la famille est centrale à l’intrigue – 20 points