La Bibliothèque, T1 Grandir – Pauline Deysson

 

Titre : Grandir

Série : la Bibliothèque

Auteur : Pauline Deysson

Date de parution : 2016

 

 

  • Résumé (4ème de couverture) :
Imaginez un monde où ni la pauvreté, ni la guerre, ni les livres n’existeraient plus. Le technomonde. Imaginez un lieu hors du temps, qui abriterait tous les rêves de l’humanité. La Bibliothèque. Imaginez que ces deux univers se rencontrent. A 10 ans, Emilie est choisie pour devenir la nouvelle Bibliothécaire. Elle a le pouvoir d’entrer dans les rêves, et de les vivre comme s’ils étaient réels. Son premier livre la conduira sur une voie semée d’embûches, de magie et de doutes. L’accompagnerez-vous?

 

  • Avis :

Je remercie Pauline de m’avoir permis de découvrir son roman.

En l’écoutant en parler, je m’étais dit que cela pourrait me plaire, notamment le concept de bibliothèque des rêves. J’aime beaucoup l’idée et j’étais donc toute prête à déambuler dans la bibliothèque en compagnie d’Emilie. Le début m’a un peu perdu dans le nombre d’acronymes qu’il contient, même si ceux-ci sont explicités. Ils sont très nombreux et, s’ils ont l’utilité de montrer que le monde a changé, ils n’apportent pas de réelle information dans l’histoire elle-même.

Concernant le monde justement, il s’agit donc d’un lieu où la technologie prédomine et où chaque être humain est finalement seul avec son ordinateur. J’ai eu du mal à me faire à ce monde dans lequel évolue les personnages et à m’y accrocher car, si on peut le comprendre, on ne sait pas trop comment le monde en est arrivé là.

J’étais pourtant très curieuse d’arriver au moment de la bibliothèque car les premières pages m’avaient attiré vers ce lieu-là. Malheureusement, on se retrouve vite plongé dans une histoire, puis une autre et j’ai eu l’impression qu’il y avait trop de détails, trop de tours et détours pour arriver à la véritable histoire. Je me suis perdue dans les réflexions d’Emilie, très philosophiques pour une petite fille et, si le terme « philosophie » est effectivement noté comme étant bien présent dans le roman, il l’a finalement trop été pour moi. J’ai eu parfois l’impression qu’on tentait de me donner une leçon plutôt que de me raconter une histoire et cela, associé à toutes les descriptions, m’a peu à peu lassée.

En vérité, je m’attendais réellement à une histoire ayant pour décor la Bibliothèque elle-même et pas à plusieurs histoires aussi longues dans l’histoire. Le texte est très travaillé et, même si moi je me suis perdue en route,  on sent que l’auteur sait où elle va. Si je n’ai, pour ma part, pas été sensible aux détails de l’intrigue, je ne doute pas que d’autres seront clairement emballés par ces derniers.

En bref une histoire dont le résumé ne m’avait pas totalement préparé à ce roman qui n’était finalement pas pour moi.

 

Dissendium : un livre d’un genre que vous n’avez pas l’habitude de lire – 70pts

Publicités

La Faucheuse -Neal Shusterman

Titre : La Faucheuse

V.O. : Scythe

Auteur : Neal Shusterman

Editeur : Robert Laffont Collection R

Date de parution : 16 Février 2017

 

 

  • Résumé (éditeur) :

Les commandements du Faucheur:
Tu tueras.
Tu tueras sans aucun parti pris, sans sectarisme et sans préméditation.
Tu accorderas une année d’immunité à la famille de ceux qui ont accepté ta venue.
Tu tueras la famille de ceux qui t’ont résisté.
Best-seller aux Etats-Unis, ce premier tome de la trilogie La Faucheuse est déjà en cours d’adaptation par les studios Universal.

 

  • Avis :

Wow… un vrai coup de cœur pour ce roman !

Dans un monde où chacun est devenu immortel, seuls les Faucheurs peuvent encore glaner et sont donc marginalisés car au-dessus des lois. Cependant, le glanage est codifié et les abus sévèrement sanctionné, normalement.

Si le roman nous présent techniquement un monde parfait, le lecteur s’aperçoit vite que les défauts des hommes sont toujours présents : la corruption, la volonté d’avoir plus, d’être intouchable, la lâcheté, les retourneurs de veste… finalement, seuls les sentiments désertent peu à peu ce nouveau monde. Car comment avoir peur quand rien ne peut nous arriver ? Pourquoi se lancer à fond dans quelque chose puisqu’on a l’éternité pour le réaliser ?

J’ai beaucoup aimé l’explication de la réalisation de ce nouveau monde, cette technologie presque toute puissante dans sa neutralité qui permet de rendre chacun égaux. Mais il y a toujours une exception pour confirmer la règle et il s’agit ici des Faucheurs.

Les personnages sont géniaux et l’intrigue et réellement prenante. Je n’ai pas vu arriver certains retournements de situations et l’auteur entraîne totalement le lecteur dans son histoire. La psychologie de Rowan comme de Citra est passionnante à suivre et leur évolution est finalement assez inattendue. Le fait d’avoir des extraits de journaux des Faucheurs permet aussi de mieux les comprendre et même de réussir à voir les motivations des plus horribles.

En bref un roman dans lequel je me suis totalement immergée et pour lequel j’ai hâte de lire la suite !

 

« Avons-nous jamais eu pire ennemi que nous-même ? Durant l’Âge de la Mortalité, on se faisait sans cesse la guerre. Et quand il n’y avait pas de guerre à mener, on s’agressait les uns les autres dans la rue, à l’école, chez soi, jusqu’à ce qu’une nouvelle guerre détourne de nouveau notre attention vers l’extérieur, plaçant l’ennemi à une distance plus confortable. Mais ce genre de conflits appartient au passé. Aujourd’hui, la paix règne dans le monde ainsi que la bienveillance envers l’être humain. A l’exception de… Et c’est bien le problème : il y a toujours une exception. »

 

Entre dans

Impasse du tisseur : un livre avec une fin ouverte (ne pas citer le nom du livre) – 40pts

Et dans

8 / 50

La Cité de l’Oubli – Sharon Cameron

Titre : La Cité de l’Oubli

V.O. : The Forgetting

Auteur : Sharon Cameron

Traducteur : Alexandra Maillard

Editeur : Nathan

Date de Parution : 05 Octobre 2017

 

 

  • Résumé (éditeur) :

Tous les douze ans, les habitants de Canaan subissent l’Oubli, un mystérieux phénomène qui efface leur mémoire. Pas celle de Nadia. Elle seule n’a pas oublié. Elle seule se souvient que se père a profité de ce bouleversement pour l’abandonner… Le nouvel Oubli approche. Nadia doit percer le secret de cette fatalité avant que sa famille ne vole à nouveau en éclats. Avant que la ville ne sombre encore une fois dans le chaos.

 

  • Avis :

Déjà, on va parler de la couverture, que j’aime beaucoup ! J’ai un faible pour les couvertures noires je crois, en général les couleurs ressortent bien plus et le bleu est top ! On retrouve les feuilles sur les chapitres et le rappel est vraiment sympa, j’adhère. Au niveau visuel, donc c’est chouette.

Concernant l’histoire, le début est intriguant et on se demande pourquoi le village tout entier oubli tout tous les douze ans. Le fait que Nadia n’ait rien oublié nous permet de bien comprendre les problèmes que vit le personnage et de bien s’adapter aux us et coutumes de la communauté. J’ai beaucoup aimé l’idée de devoir garder son livre sur soi ainsi que les moments d’entre-deux chapitres qui nous permettent de lire quelques bouts de livres justement.

Au niveau des personnages, j’ai accroché à Gray et adoré Genivie. Néanmoins, même si j’ai trouvé l’évolution de Nadia cohérente et intéressante, je n’ai pas réussi à l’apprécier plus que cela. Quant à l’intrigue, j’ai fini par décrocher petit à petit. Trop de descriptions et de détails qui m’ont semblé donné une lenteur au récit qui ne m’a pas emballé. Et, après la grotte, j’ai totalement décroché… je ne doute pas que beaucoup auront un regain d’intérêt à ce moment-là où de nombreuses questions trouvent une réponse pour amener d’autres questions mais ça n’a pas été mon cas, au contraire.

En bref une intrigue intéressante mais trop science-fiction à mon goût associée à une histoire un peu lente malgré des personnages secondaires très sympathiques.

 

« Qui écrirait la vérité si quelqu’un d’autre pouvait la lire ? Pratiquement personne. « 

 

Entre dans

2 / 50

Et dans

Item : Salle Janus Thickey : un livre sur le thème de l’amnésie – 60pts

Grupp – Yves Grevet

Titre : GRUPP

Auteur : Yves Grevet

Editeur : Syros

Date de Parution : 31 Août 2017

 

 

  • Résumé (éditeur) :

Mettez-vous à la place de Stan : grâce à l’implant LongLife, comme tous ses amis et ses proches, il ne craint ni la maladie ni les accidents et peut atteindre l’âge de cent ans en menant une petite vie tranquille. Est-ce que ça ne donne pas envie ? Maintenant, essayez de penser comme Scott, le grand frère de Stan : voulez-vous vraiment que vos battements de cœur soient contrôlés à tout instant ? Vous sentir traité comme un être irresponsable, fragile, et que l’on décide à votre place ce qui est bon pour vous ?Si la liberté et la part du hasard valent plus à vos yeux que votre sécurité, faites-le savoir. Rejoignez le Grupp.

 

  • Avis:

Honnêtement, j’ai eu un peu de mal à entrer dans l’histoire durant les premières cinquante pages. Après… et bien après, je les ai enchaîné jusque tard dans la nuit. Jusqu’à savoir le fin mot de l’histoire.

J’ai regretté durant une partie du roman qu’on reste selon moi en surface mais les derniers chapitres sont vraiment dans le vif du sujet et passent à toute vitesse. On se reconnait dans ces deux adolescents qui se posent des questions sur le monde dans lequel ils vivent. A leur époque où tout est contrôlé, du moindre de leur souffle à la plus petite incartade, la sécurité a définitivement remplacé la liberté.

J’ai apprécié de pouvoir suivre les deux frères, ce qui nous permet de découvrir le monde dans lequel ils vivent petit à petit. D’abord via Stan qui en sait finalement aussi peu que le lecteur puis par Scott, dont les volontés et la manière de penser sont différentes.

Ce sont tous deux de bons garçons auxquels il est facile de s’attacher. Malgré tout, j’ai plus accroché avec Scott, notamment parce que sa façon de voir les choses me parle plus. J’aime beaucoup la douceur que l’auteur réussi à mettre dans les moments les plus durs de l’histoire. Il nous présente une famille unie, malgré les non-dits et les secrets. Une famille assez banale en somme, où chacun essaie de faire de son mieux.

C’est ce côté plausible qui m’a fait totalement entrer dans l’histoire. Il n’est pas question ici de déclarer que la liberté sans sécurité est meilleure qu’une sécurité totale sans liberté mais bien de poser la question et de laisser chacun décider de sa propre réponse. Les revendications du Grupp sont recevables, comme le sont les explications des adultes. Il s’agit finalement de trouver le bon milieu pour tout un chacun et de se faire son propre avis sur la question.

En bref un roman prenant qui vous encourage à vous questionner sur la différence entre surveillance et sécurité pour trouver votre propre liberté.

 

Entre dans

47 / 50

L’éveil, Stade 2 – Jean-Baptiste de Panafieu

Titre : Stade 2

Série : L’éveil

Auteur : Jean-Baptiste de Panafieu

Editeur : Gulf Steam

Date de Parution : 2 Mars 2017

 

 

  • Résumé (éditeur)

Une réflexion éthologique et éthique sur la condition animale dans le monde moderne.
Le virus s’est propagé outre-Atlantique.
Kidnappée par la WOFF, Laura n’a plus le choix : dans un laboratoire secret installé à la frontière des États-Unis et du Canada, elle doit créer, sous la menace, un contre-virus pour mettre un terme à l’épizootie mondiale.
Mais la jeune chercheuse essaie de gagner du temps, persuadée que ce virus restaure l’équilibre entre les humains et le monde animal.
Elle est par ailleurs convaincue que son frère et ses amis arriveront bientôt pour la sauver.
Des fenêtres de la maison dans laquelle elle est tenue prisonnière, elle observe à l’orée de la forêt l’étrange ballet des ratons laveurs, des orignaux, des couguars, des grizzlys et des loups.
Griffes pour griffes, crocs pour crocs, les animaux choisissent leur camp…

 

  • Avis :

Ce tome-ci se concentre plus sur les animaux et leurs ressentis que sur les humains que nous avions suivis dans le premier tome. Si nous les voyons malgré tout, ils ne sont plus selon moi les personnages principaux de l’intrigue. J’ai trouvé cette manière de faire bien menée dans le sens où elle démontre que, suite au virus, les animaux éveillés prennent peu à peu le pouvoir. Ils deviennent les acteurs de leur vie dans le sens où ils ont conscience de ce qui se déroule autour d’eux. Ils comprennent les avantages qu’ils peuvent retirer à faire front commun et la nécessité de stopper les humains.

Malgré tout, l’intrigue est donc plus compliquée à mettre en place puisqu’il s’agit plutôt d’action isolée qui n’ont parfois aucun lien entre elle et qui enlève à la fluidité de l’histoire.

Le roman montre cependant bien les difficultés à s’entendre entre espèces et on retrouve finalement des travers très « humains » dans la propension des animaux à se désigner différents des autres, à s’allier aux plus forts contre les faibles ou à profiter de ses forces pour être au-dessus des autres justement. Ce second tome pose encore une fois des questions très actuelles, passionnantes et auxquelles, je pense, personne n’a les réponses. 

On s’intéresse ici plutôt à l’éveil des animaux sauvages, mammifères de la forêt ou des mers et j’ai apprécié de découvrir ces différentes espèces et les intentions que leur prêtent l’auteur selon le caractère que l’on connait d’eux. Notamment la dualité chien / loup ou orque /dauphin.

Néanmoins, je pense qu’il faut malgré tout savoir en commençant cette série que ce n’est pas un ouvrage de détente pour passer le temps. Les réflexions sont poussées et entraînent le lecteur à se poser beaucoup de questions. Je pense qu’un lecteur cherchant un ouvrage jeunesse peut soit avoir une très bonne surprise en découvrant l’intrigue, soit vite se sentir perdu par toutes les informations et les conséquences qu’elles engendrent au fil des pages.

En bref un roman qui demande de la concentration et qui posent de nouvelles questions sur la manière de traiter les animaux tout autant que sur la société de consommation.

 

 

Entre dans

43 / 50

Power Club, T2 Onde de Choc – Alain Gagnol

Titre : Ondes de choc

Série : Le Power Club

Auteur : Alain Gagnol

Editeur : Syros

Date de Parution : 4 Mai 2017

 

 

  • Résumé (éditeur) :

Aller en cours, se comporter comme une lycéenne normale, stressée par le bac… Et l’instant d’après, survoler Paris, sauver des vies, masquée. C’est le style « super-héros incognito » qu’Anna doit adopter depuis que ses boosters sont réapparus, assoiffés d’action. Elle risque gros : les superpouvoirs sont l’exclusivité du Power Club, et l’existence même de jeunes surhumains fait désormais débat, scandale après scandale.

Le moment est clairement mal choisi pour bouleverser le monde entier en laissant une trace de main sur un pilier de la tour Eiffel…

Entre agir pour le bien et dire la vérité, Anna a fait son choix.

 

  • Avis:

Ce tome pose beaucoup de questions sur la notion d’invulnérabilité et sur ce qu’implique d’être un super-héros. Le fait d’avoir des boosters et d’être, par conséquent, quasiment invulnérable, est-il vraiment une bonne chose ? Peut-on mettre les responsabilités qui vont avec ce genre de pouvoirs sur les épaules de quelques adolescents choisis, non pour leurs mérites, mais pour l’argent de leurs parents ?

De nombreuses interrogations se posent et trouvent un écho dans les dérives de la technologies telles qu’elles peuvent parfois se produire, amenant des réflexions intéressantes sur le sujet qui, je l’espère, seront approfondie dans le troisième tome.

Ici, il s’agit finalement d’un tome de transition entre la mise en place et la résolution et, si je suis curieuse de voir cette dernière, j’aurai aimé un peu plus d’interaction entre Anna et les autres membres du Power Club qui ne servent ici qu’à être déchus un à un. Les sentiments que l’on peut ressentir à leur égard sont vite balayés et j’ai trouvé cela dommage.

Il y a un peu de perte de puissance dans ce récit, avec des moments plus longs qui, j’imagine, auront une importance pour la suite. Néanmoins, j’ai trouvé que les moments entre les procès et l’attente qui s’ensuit faisaient perdre de la dynamique au roman. Ils permettent malgré tout de faire le point sur la situation et de nous rendre compte, une fois de plus, du caractère très juste d’Anna. Si nous avions des doutes sur sa personnalité, ce tome nous la présente comme une jeune fille entière et, encore plus que dans le premier tome j’ai l’impression, éprise de justice. Elle a ici en prime l’envie terrible que tout se passe bien et c’est cette envie qui la pousse à s’assagir au fil des pages.

J’ai apprécié retrouver des personnages connus tels Matt et Aaron et retrouver Lisa et sa fraîcheur. J’aurai d’ailleurs aimé les voir un peu plus car, quoique j’aime beaucoup Anna, elle est souvent assez seule dans le roman. Heureusement que les boosters sont là pour instaurer de nouveaux dialogues.

En bref un second tome dans la continuité du premier mais dont les moments d’attente entre l’action sont parfois un peu longs.

Merci aux éditions Syros pour ce second tome ~

 

« – Anna, ma petite Anna, laisse-moi t’expliquer un truc. Il n’y a qu’une seule condition pour que quelque chose soit impossible à faire. Tu veux que je te dise ce que c’est ?

Je ne lui fais pas le plaisir de la relancer. Ce qui ne l’empêche pas de m’énoncer, avec la sagesse d’un moine bouddhiste :

– C’est quand tu refuses même d’essayer. »

« Une bonne action peut aussi provoquer des dégâts. La vie serait simple s’il suffisait de bien se conduire pour que tout s’arrange. »

 

 

Entre dans

32 / 50

L’une rêve, l’autre pas – Nancy Kress

 

Titre : L’une rêve, l’autre pas

V.O. : Beggars in Spain

Auteur : Nancy Kress

Traducteur : Claire Michel

Editeur : ActuSF

Date de parution : Septembre 2016

 

 

  • Résumé (éditeur) :

Alors que deux jumelles viennent au monde, l’une d’entre elles bénéficie d’une modification génétique qui lui permet de ne plus dormir. Huit heures d’éveil de plus par jour, un rêve pour apprendre, vivre et découvrir le monde… Huit heures qui feront aussi d’elle, un être à part.

 

  • Avis :

Pour tout avouer, je ne m’attendais pas vraiment à ça en débutant cette histoire. Je ne sais pas pourquoi, je pensais à quelque chose de moins terre-à-terre. Néanmoins, j’ai beaucoup aimé ce roman et les réflexions qu’il déclenche au fil des pages.

Comme beaucoup, j’ai souvent rêvé d’avoir des journées plus longues pour pouvoir faire toutes les choses que je n’ai pas le temps de réaliser (ou juste pour bouquiner tranquillou, cela dépend des fois !). Ici, pour Leisha, ne pas dormir n’est pas un rêve mais est sa réalité. Une réalité qu’elle n’a pas demandé et qui lui a donc été imposée à la naissance. Justement car son père voulait qu’elle ait le temps de faire toutes ces choses que le commun des mortels n’a pas le temps de réaliser en devant dormir.

Mais si Leisha ne peut pas dormir, Alice, sa sœur jumelle, est une enfant parfaitement normale. Nous découvrons donc dans ce roman le parallèle entre ces deux gamines qui, si elles sont jumelles, n’en sont pas moins génétiquement très différentes. J’ai d’ailleurs regretté que ce parallèle ne soit pas plus prononcé car on s’intéresse ici presque exclusivement à Leisha. Cependant, le roman s’attache à la manière dont les adultes comparent les traitent les deux enfants et on débute donc cette histoire avec la différence pointée du doigt.

Le roman ne s’arrête pas à ce fait de pouvoir dormir ou non mais s’intéresse à la marginalité de ces enfants qui deviendront des adultes et qui seront donc différents du reste de la société. Comment cette dernière va-t-elle réagir ? Saura-t-elle les accepter ou en aura-t-elle peur ? Saura-t-elle les intégrer ? Nancy Kress pose la question du rejet ou de l’acceptation d’une société qui voit des êtres « anormaux » l’intégrer. Mais qu’est-ce que la normalité après tout ?

Le courant de pensée de Kenzo Yagai propose aussi une vision du monde très intéressante, basée sur les échanges et sur la volonté de donner aux autres ce que l’on sait faire, pensant que ces autres donneront en échange ce que eux savent faire. Cette notion de communautarisme se heurte à l’individualisme de certains et propose des réflexions et des dialogues parfaitement d’actualité.

En bref un roman qui pousse à la réflexion sur la place de tout un chacun dans la société et qui mérite d’être lu et analysé.

Merci au forum Mort-Sûre et aux éditions ActuSF pour ce partenariat ~

 

« Pourquoi ? Pourquoi les êtres humains respectueux des règles et productifs doivent-ils quelque chose à ceux qui ne produisent pas grand-chose et ne respectent pas les règles ? »

 

Entre dans

hp5-8110

Ordre de Merlin : un livre qui a reçu un ou plusieurs prix littéraires – 50 points