Silence Radio – Alice Oseman

Titre : Silence Radio

V.O. : Radio Silence

Auteur : Alice Oseman

Traducteur : Anne Guitton

Editeur : Nathan

Date de Parution : Juin 2017

 

 

  • Résumé (éditeur) :

Et si tout ce que vous vous fixiez était faux?
Frances a toujours été une machine d’étude avec un but, l’université d’élite. Rien n’empêchera son chemin : pas des amis, pas un indigne secret — pas même la personne qu’elle est à l’intérieur.
Mais lorsque Frances rencontre Aled, le génie timide derrière son podcast préféré, elle découvre une nouvelle liberté. Il ouvre la porte à la VRAIE Frances et, pour la première fois, elle vit une véritable amitié, sans peur d’être elle-même. Mais le podcast devient viral et la confiance qu’il y avait entre eux est cassée. Pris entre qui elle était et qui elle désire être, les rêves de Frances s’écroulent.
Suffocant de culpabilité, elle sait qu’elle doit affronter son passé…
Elle doit avouer pourquoi Carys a disparu…
Pendant ce temps, Aled est seul, luttant contre des secrets plus sombres.
C’est seulement en faisant face à vos peurs que vous pouvez les surmonter. Et ce n’est qu’en étant votre véritable moi que vous pouvez trouver le bonheur.

 

  • Avis:

A dire vrai, je ne savais pas à quoi m’attendre en débutant ce roman. Je n’ai pas lu L’année solitaire et je ne connaissais donc pas la plume de l’auteur.

Rapidement, j’ai pourtant été convaincue que j’allais aimer ce roman tant les chapitres glissaient tout seul. L’appréciation d’un roman est toujours quelque chose de très personnel et j’ai, via celui-ci, totalement rebasculé dans mon adolescence. Dans ces moments où l’on se sent mal dans sa peau et où, avec mes amis, nous écoutions des sagas Mp3 totalement barrées.

Je me suis reconnue en Frances, j’ai reconnu l’une de mes amies en Aled et je n’ai aimé le roman que d’autant plus.

Entre la pression des études et celles de la famille, à ce moment où l’on sait qu’il faut décider de toute notre orientation future, nous sommes souvent perdus. Voulons-nous toujours ce que dont nous rêvions lorsque nous étions petits ? Et quel est la part entre la passion et la sagesse ? Faut-il être raisonnable tout le temps ?

A travers Frances, l’auteur pose de nombreuses questions, aussi bien sur le système scolaire que sur l’importance de l’amitié. Les dangers de la solitude comme ceux de la peur d’être qui on est. La si sérieuse Frances, toujours plongée dans les études, contre la Frances passionnée qui dessine des fan-arts. Au fil des pages, la question se développe : est-ce la société qui ne permet pas à Frances d’être elle-même ou bien est-ce elle et ses propres attentes ?

Tous les personnages sont terriblement attachants et on s’attendrit pour ces adolescents tellement sous pression qu’ils ne savent plus finalement qui ils sont vraiment. Universe City est un exutoire obligatoire pour leur fournir une bouffée d’oxygène quotidienne et j’ai vraiment regretté que la saga n’existe pas réellement.

En définitive, l’important n’est plus de savoir si tel personnage a de bonnes notes, si tel autre est gay ou si celui-là est solitaire mais bien de se rendre compte que, qu’importe que vous aimiez porter des leggins tortue ninja, que vous soyez amoureux de votre meilleur ami ou que vous ne vouliez pas aller à la fac… Car, autour de vous, quelqu’un vous aime tel que vous êtes et pour ce que vous êtes. Et que le plus difficile est parfois tout simplement d’y croire.

En bref un roman qui encourage son lecteur à se poser les bonnes questions et à se battre pour ce qui le rend heureux.

 

Entre dans

48 / 50

Publicités

Le Silence des Sirènes – Sarah Ockler

Titre : Le Silence des Sirènes

V.O. : The Summer of Chasing Mermaids

Auteur : Sarah Ockler

Traducteur : Anne Guitton

Editeur : Nathan

Date de Parution : 6 Juillet 2017

 

 

  • Résumé (éditeur) :

Elyse, promise a une belle carrière de chanteuse, doit partir en tournée avec sa sœur jumelle. Mais elle perd sa voix suite a un accident en mer. Du jour au lendemain, sa joie de vivre et ses rêves s’envolent… Elle se réfugie chez sa tante, a Atargatis Cove, une petite ville portuaire. La bas, elle s’isole, passant ses ses journées a écrire des poèmes sur le flanc d’un bateau échoué. Mais le navire n’est pas aussi abandonné qu’elle le croit: elle est bientôt surprise par Christian, le fils du propriétaire. Ce dernier ne semble pas indifférent a son charme mais il a tout du Bad Boy a fuir…

 

  • Avis:

Ayant eu un beau coup de cœur pour Cet été-là, ce nouveau roman de Sarah Ockler me faisait donc de l’œil. Et je peux définitivement avouer que j’adore la plume de cette auteure.

Elle nous propose ici une histoire dans laquelle il est facile d’entrer et qui provoque en nous des échos. On se retrouve évidemment dans l’un ou l’autre des personnages et on s’attache à eux. Chacune de leur faille nous pousse à les comprendre et à les aimer davantage. Aucun n’est parfait et, comme tout un chacun, ils se comportent parfois avec égoïsme ou stupidité.

Donner la parole à Elyse est une belle manière de nous faire parvenir sa voix, de nous conter son histoire et ses peines. Nous apprenons ce qui lui est arrivé au compte-goutte et la peine qu’elle ressent est tangible, comme un petit démon perché sur son épaule.

Si la manière de raconter les choses est finalement assez douce, les événements qui se déroulent sont pourtant assez violents. Tout est ici centré sur les mots, sur la manière dont ceux-ci peuvent blesser, de façon parfois bien plus tranchante que les actes, du courage qu’il faut pour réussir à s’exprimer et à dire ce qui nous tient à cœur.

En vérité, je ne sais pas quoi vous dire d’autres de peur de vous dévoiler des passages. Le ton est poétique, le message est fort et on se laisse entraîner par les mots. Un chapitre après l’autre, je ne suis laissée emmener par le flot des phrases. Certains passages sont plein de remous tandis que d’autres sont aussi calmes qu’une mer sans vague.

Vie et Mort se lie ici dans une étreinte très réelle et, pour une fois, cette fin assez ouverte ne m’a laissé aucun sentiment de frustration.

En bref un roman que j’ai dévoré, un régal à lire et à vivre. Une histoire qui donne la parole à des personnages qui ne l’auraient peut-être pas eu dans la vraie vie et qui pousse les lecteurs à dire ce qu’ils ont sur le cœur. Pour que, justement, chacun fasse entendre sa voix.

 

« Intentionnellement ou non, la gratitude se transforme en une forme d’attente, d’espoir. Or, c’est une chose que de conserver une petite lueur d’espoir au fond de soi, comme une braise sur laquelle on peut souffler quand tout devient sombre. Si elle s’éteint, ça ne regarde que nous, et on est libre de la rallumer ou de baisser les bras. Mais quand on porte cette brase avec quelqu’un d’autre, pour quelqu’un d’autre, ça devient un rêve dangereux. Aussi traître que la mer, aussi fragile qu’une bulle de savon. »

« L’amour est parfois un moteur, et parfois une arme. Bien souvent, il est presque impossible de faire la différence. »

 

Entre dans

45 / 50

Your Name – Makoto Shinkai

 

Titre : Your Name

V.O. : Kimi no na wa

Auteur : Makoto Shinkai

Traducteur : Jean-Louis La Couronne

Editeur : Pika Roman

Date de Parution : 5 Juillet 2017

 

 

  • Résumé (éditeur) :

Mitsuha, une jeune fille élevée dans une famille traditionnelle, s’ennuie dans ses montagnes natales et voudrait connaître la vie excitante d’une grande ville. À Tokyo, Taki est débordé, entre le lycée, son travail à temps partiel et ses amis.
Un jour, Mitsuha rêve qu’elle est un jeune homme à Tokyo, tandis que Taki se voit en rêve dans la peau d’une adolescente du Japon rural… Contre toute attente, leurs rêves respectifs sont devenus réalité : leurs corps se sont échangés et chacun vit la vie de l’autre !
Attirés de façon inexplicable, Mitsuha et Taki vont tout faire pour se retrouver bien que le temps et l’espace semblent les séparer…

 

  • Avis :

Ayant vu le film et l’ayant adoré, j’étais curieuse de voir si le roman était différent ou non. En général, on s’aperçoit vite que le film ne reprend pas tous les éléments. Ici, le roman fait suite à l’idée du film et a été écrit durant le tournage de ce dernier. Cette création des deux éléments simultanément se trouve à la fin du roman, raconté par l’auteur et les explications permettent au lecteur de bien comprendre le processus et le pourquoi de l’écriture de ce texte.

Je vous parlerai certainement du film lorsque je le visionnerai de nouveau et je vais donc laisser de côté l’esthétique des images pour me concentrer uniquement sur celle des mots.

L’histoire nous présente deux adolescents qui, un beau matin, se retrouvent dans le corps l’un de l’autre. S’ils ne semblent avoir rien en commun, leurs « rêves » vont peu à peu les faire évoluer, chacun ayant une incidence sur la vie de l’autre lorsqu’il prend possession de son corps.

Il y a d’ailleurs toute une réflexion sur les souvenirs et sur leur lien au corps, par exemple sur les automatismes que notre corps intègrent sans que nous ne nous en rendions compte. L’histoire se concentre vraiment sur cette notion de lien. Lien de l’esprit au corps, lien des gens entre eux, liens familiaux, amicaux, amoureux. Liens du passé au présent. Notre vie est un enchevêtrements de liens qui se tissent au fil du temps, qui grandissent ou s’amenuisent et qui ne sont pas toujours le fait de notre propre volonté. Certains liens sont créés bien avant notre naissance et auront pourtant une incidence importante sur notre vie.

Si cette notion est particulièrement intéressante en elle-même, elle est ici proposée avec une poésie toute particulière. Le texte va crescendo pour une ambiance tout d’abord très humoristique puis plus douce avant de se dramatiser peu à peu. On ressent la fébrilité des personnages, leur détresse et leur volonté de se rappeler.

Grâce au film, je connaissais déjà l’histoire et, pourtant, je me suis de nouveau prise au jeu de l’intrigue. J’ai espéré avec eux et je suis totalement entrée dans cette vision très onirique du monde. Qu’il s’agisse de Taki ou de Mistuha, je me suis attachée à ces deux héros courageux et profondément attendrissant.

En bref un roman d’une poésie exquise, qui amène son lecteur à comprendre la profondeur des liens qui l’unissent au monde.

L’éveil, Stade 2 – Jean-Baptiste de Panafieu

Titre : Stade 2

Série : L’éveil

Auteur : Jean-Baptiste de Panafieu

Editeur : Gulf Steam

Date de Parution : 2 Mars 2017

 

 

  • Résumé (éditeur)

Une réflexion éthologique et éthique sur la condition animale dans le monde moderne.
Le virus s’est propagé outre-Atlantique.
Kidnappée par la WOFF, Laura n’a plus le choix : dans un laboratoire secret installé à la frontière des États-Unis et du Canada, elle doit créer, sous la menace, un contre-virus pour mettre un terme à l’épizootie mondiale.
Mais la jeune chercheuse essaie de gagner du temps, persuadée que ce virus restaure l’équilibre entre les humains et le monde animal.
Elle est par ailleurs convaincue que son frère et ses amis arriveront bientôt pour la sauver.
Des fenêtres de la maison dans laquelle elle est tenue prisonnière, elle observe à l’orée de la forêt l’étrange ballet des ratons laveurs, des orignaux, des couguars, des grizzlys et des loups.
Griffes pour griffes, crocs pour crocs, les animaux choisissent leur camp…

 

  • Avis :

Ce tome-ci se concentre plus sur les animaux et leurs ressentis que sur les humains que nous avions suivis dans le premier tome. Si nous les voyons malgré tout, ils ne sont plus selon moi les personnages principaux de l’intrigue. J’ai trouvé cette manière de faire bien menée dans le sens où elle démontre que, suite au virus, les animaux éveillés prennent peu à peu le pouvoir. Ils deviennent les acteurs de leur vie dans le sens où ils ont conscience de ce qui se déroule autour d’eux. Ils comprennent les avantages qu’ils peuvent retirer à faire front commun et la nécessité de stopper les humains.

Malgré tout, l’intrigue est donc plus compliquée à mettre en place puisqu’il s’agit plutôt d’action isolée qui n’ont parfois aucun lien entre elle et qui enlève à la fluidité de l’histoire.

Le roman montre cependant bien les difficultés à s’entendre entre espèces et on retrouve finalement des travers très « humains » dans la propension des animaux à se désigner différents des autres, à s’allier aux plus forts contre les faibles ou à profiter de ses forces pour être au-dessus des autres justement. Ce second tome pose encore une fois des questions très actuelles, passionnantes et auxquelles, je pense, personne n’a les réponses. 

On s’intéresse ici plutôt à l’éveil des animaux sauvages, mammifères de la forêt ou des mers et j’ai apprécié de découvrir ces différentes espèces et les intentions que leur prêtent l’auteur selon le caractère que l’on connait d’eux. Notamment la dualité chien / loup ou orque /dauphin.

Néanmoins, je pense qu’il faut malgré tout savoir en commençant cette série que ce n’est pas un ouvrage de détente pour passer le temps. Les réflexions sont poussées et entraînent le lecteur à se poser beaucoup de questions. Je pense qu’un lecteur cherchant un ouvrage jeunesse peut soit avoir une très bonne surprise en découvrant l’intrigue, soit vite se sentir perdu par toutes les informations et les conséquences qu’elles engendrent au fil des pages.

En bref un roman qui demande de la concentration et qui posent de nouvelles questions sur la manière de traiter les animaux tout autant que sur la société de consommation.

 

 

Entre dans

43 / 50

Cette étoile ne s’éteindra pas – Esther Earl

Titre : Cette étoile ne s’éteindra pas

V.O. : This Star Won’t Go Out

Auteur : Esther, Lori et Wayne Earl

Traducteur : Anne Guitton

Editeur : Nathan

Date de Parution : 18 Mai 2017

 

 

  • Résumé (éditeur) :

Un livre poignant, regroupant écrits et documents sur Esther Earl, la jeune fille qui a inspiré à John Green le personnage féminin de Nos étoiles contraires.

Une jeune fille qui brille à travers tout le livre par sa joie et sa soif de vivre.

 

  • Avis :

L’ouvrage se présente sous forme d’extrait du journal intime d’Esther ainsi que des passages du blog tenu par ses parents durant sa maladie. Des contributions d’amis d’Esther sont aussi présentes, qu’il s’agisse de souvenirs partagés ou d’extraits de discussions du forum dont elle faisait partie. Agrémenté des dessins réalisés par Esther, on découvre à travers sa plume, la jeune fille vive et déterminée qu’elle était, sa volonté d’être utile et son humour à toute épreuve.

Pour moi qui ne croit pas en Dieu, j’ai parfois été déroutée par la manière dont Esther et ses parents réussissent à continuer à croire alors même qu’elle souffre. C’est un concept que j’ai du mal à comprendre mais que je conçois tout à la fois. Il doit être rassurant de pouvoir se raccrocher à quelque chose de spirituel et de se dire que ce que l’ont vit n’est pas en vain. En même temps… comment croire en une divinité permettant quelque chose d’aussi retors que le cancer ? Cette réflexion ne sort pas uniquement de l’ouvrage et j’ai déjà eu plusieurs discussions en ce sens avec des amis qui sont croyant et, si ce n’est pas le point central à retenir du texte, c’est malgré tout un point qui m’a marqué tout au long de ma lecture (notamment au début où cette croyance est très présente, comme une volonté de se raccrocher à autre chose).

J’ai par contre totalement pu comprendre la notion de communauté de Cattitude et les moments de joie et de câlins bordéliques de la rencontre entre les membres. Pour l’avoir vécu, j’ai retrouvé entre les pages l’amour et la loyauté qui peut lier ensemble des personnes qui se rencontrent via un écran et profite de cette « barrière » pour se livrer vraiment, sachant qu’elles ne seront pas jugées en retour.

Cette étoile ne s’éteindra pas n’est pas un document pour déifier Esther mais vraiment pour continuer de la faire vivre. Il présente qui elle était, à travers le regard de sa famille et de ses amis, mais surtout à travers ses propres mots. On ne peut qu’être admirative devant son courage et chercher à comprendre comment elle a eu la force d’avoir envie de devenir quelqu’un sur qui les autres pouvaient compter, elle qui avait déjà tant à faire pour se battre contre la maladie. Esther nous rappelle à quel point nous sommes dépendants les uns des autres et combien nous avons tous besoin de pouvoir nous reposer sur quelqu’un.

S’il s’agit d’un ouvrage où l’on pleure, il n’a pas été pensé dans le but de faire pleurer mais bien pour rendre hommage à une jeune fille qui a gardé le sourire en toutes circonstances et dont l’envie de vivre et de faire le bien est communicative.

 

« Soit juste heureuse. Et si tu ne peux pas être heureuse, fais des choses qui te rendent heureuse. Ou alors ne fais rien, mais avec les gens qui te rendent heureuse. »

 

Pour en savoir plus sur les associations Imagine For Margo et This Star Won’t Go Out, c’est ici :

Imagine for Margo

TSWGO

 

Entre dans

Et dans

39 / 50

Power Club, T2 Onde de Choc – Alain Gagnol

Titre : Ondes de choc

Série : Le Power Club

Auteur : Alain Gagnol

Editeur : Syros

Date de Parution : 4 Mai 2017

 

 

  • Résumé (éditeur) :

Aller en cours, se comporter comme une lycéenne normale, stressée par le bac… Et l’instant d’après, survoler Paris, sauver des vies, masquée. C’est le style « super-héros incognito » qu’Anna doit adopter depuis que ses boosters sont réapparus, assoiffés d’action. Elle risque gros : les superpouvoirs sont l’exclusivité du Power Club, et l’existence même de jeunes surhumains fait désormais débat, scandale après scandale.

Le moment est clairement mal choisi pour bouleverser le monde entier en laissant une trace de main sur un pilier de la tour Eiffel…

Entre agir pour le bien et dire la vérité, Anna a fait son choix.

 

  • Avis:

Ce tome pose beaucoup de questions sur la notion d’invulnérabilité et sur ce qu’implique d’être un super-héros. Le fait d’avoir des boosters et d’être, par conséquent, quasiment invulnérable, est-il vraiment une bonne chose ? Peut-on mettre les responsabilités qui vont avec ce genre de pouvoirs sur les épaules de quelques adolescents choisis, non pour leurs mérites, mais pour l’argent de leurs parents ?

De nombreuses interrogations se posent et trouvent un écho dans les dérives de la technologies telles qu’elles peuvent parfois se produire, amenant des réflexions intéressantes sur le sujet qui, je l’espère, seront approfondie dans le troisième tome.

Ici, il s’agit finalement d’un tome de transition entre la mise en place et la résolution et, si je suis curieuse de voir cette dernière, j’aurai aimé un peu plus d’interaction entre Anna et les autres membres du Power Club qui ne servent ici qu’à être déchus un à un. Les sentiments que l’on peut ressentir à leur égard sont vite balayés et j’ai trouvé cela dommage.

Il y a un peu de perte de puissance dans ce récit, avec des moments plus longs qui, j’imagine, auront une importance pour la suite. Néanmoins, j’ai trouvé que les moments entre les procès et l’attente qui s’ensuit faisaient perdre de la dynamique au roman. Ils permettent malgré tout de faire le point sur la situation et de nous rendre compte, une fois de plus, du caractère très juste d’Anna. Si nous avions des doutes sur sa personnalité, ce tome nous la présente comme une jeune fille entière et, encore plus que dans le premier tome j’ai l’impression, éprise de justice. Elle a ici en prime l’envie terrible que tout se passe bien et c’est cette envie qui la pousse à s’assagir au fil des pages.

J’ai apprécié retrouver des personnages connus tels Matt et Aaron et retrouver Lisa et sa fraîcheur. J’aurai d’ailleurs aimé les voir un peu plus car, quoique j’aime beaucoup Anna, elle est souvent assez seule dans le roman. Heureusement que les boosters sont là pour instaurer de nouveaux dialogues.

En bref un second tome dans la continuité du premier mais dont les moments d’attente entre l’action sont parfois un peu longs.

Merci aux éditions Syros pour ce second tome ~

 

« – Anna, ma petite Anna, laisse-moi t’expliquer un truc. Il n’y a qu’une seule condition pour que quelque chose soit impossible à faire. Tu veux que je te dise ce que c’est ?

Je ne lui fais pas le plaisir de la relancer. Ce qui ne l’empêche pas de m’énoncer, avec la sagesse d’un moine bouddhiste :

– C’est quand tu refuses même d’essayer. »

« Une bonne action peut aussi provoquer des dégâts. La vie serait simple s’il suffisait de bien se conduire pour que tout s’arrange. »

 

 

Entre dans

32 / 50

Les Puissants, T1 Esclaves – Vic James

 

Titre : Esclaves

Série : Les Puissants

Auteur : Vic James

Traducteur : Julie Lopez

Editeur : Nathan

Date de Parution : 4 Mai 2017

 

 

  • Résumé (éditeur) :

Dans le jeu du pouvoir, chacun risque sa vie.

Dans une Angleterre alternative, chacun doit donner 10 ans de sa vie en esclavage.

Seuls quelques privilégiés, les Égaux, riches aristocrates aux pouvoirs surnaturels, restent libres et gouvernent le pays.

Abi, 18 ans, et son frère Luke, 16 ans, voient leur destin bouleversé quand leurs parents décident de partir tous ensemble accomplir leurs jours d’esclavage. Abi devient domestique au service de la puissante famille Jardine. Le somptueux décor dans lequel elle évolue dissimule en réalité de terribles dangers, car chez les Égaux, les luttes de pouvoir sont sans pitié. Et lorsqu’elle tombe amoureuse d’un de ses maîtres, c’est sa vie même qui est en péril…Luke, quant à lui, a été exilé dans la ville industrielle de Millmoor. Dans un environnement brutal et pollué, il s’épuise à la tâche. Cependant, d’autres, comme lui, partagent ses idéaux de liberté. Il découvre alors qu’il existe un pouvoir bien plus grand que la magie : la rébellion.

 

  • Avis:

Wow… Cela faisait un moment qu’un roman ne m’avait pas fait cet effet-là !

Si le résumé me tentait déjà beaucoup, les premières pages n’ont fait que confirmer que le roman allait me plaire et ce sentiment s’est intensifié au fil des chapitres. Jusqu’à ce que j’en referme la dernière page avec le sentiment de « Nooooon c’est fini ! Où est la suite ?! ». Bref, j’ai dévoré et adoré ce roman.

S’il s’agit d’un tome de mise en place, aussi bien des personnages (assez nombreux) que de l’intrigue, ce premier opus n’oublie absolument pas d’être riche en actions. Plusieurs situations se font et se défont au fil du récit, amenant de nouvelles questions, en résolvant d’autres et faisant entrer toujours un peu plus le lecteur dans le monde ainsi créé. Kyneston ou Millmoor deviennent des endroits que le lecteur connait pour y vivre en compagnie des personnages, pour y voir leur évolution et constater leur souffrance et leurs joies. Moi qui n’aime pas les descriptions, je n’ai ici jamais eu l’impression d’en lire tant les passages sont simplement nécessaires à la compréhension et à l’ambiance. Le décor posé, celui-ci devient un endroit où il est facile d’évoluer et où s’y distille les nouveautés par petites touches discrètes et bien amenées.

Sept personnages prennent tour à tour la parole au fil des chapitres et je n’ai pourtant jamais été perdue. Si les principaux sont Luke et Abi, le fait que certains des autres prennent de l’importance permet de découvrir d’autres facettes de leur personnalité. L’auteur sait parfaitement où elle mène ses lecteurs et comment leur faire apprécier ou non un personnage. Et pourtant, aucun d’entre ces derniers n’est parfait. On les aime parfois, on les déprécie ensuite mais on ne peut pas rester neutre face à eux. C’est là l’un des gros points forts du roman : les personnages suscitent tous des émotions. Si Luke m’a beaucoup touché, si son courage et celui d’Abi ne peuvent que forcer l’admiration, j’ai trouvé très intelligent de la part de l’auteur de nous permettre d’en savoir plus sur Silyen et Gavar dont j’ai hâte de connaître l’évolution, en espérant que Jenner gagne un peu en charisme.

Je pourrais citer une pléthore de personnages m’ayant marqué dans ce roman mais je vais m’arrêter là pour vous parler de l’autre point génial de cette lecture : l’intrigue. Le récit pose des questions importantes sur la notion de justice et de soumission. Avoir une compétence en plus à la naissance donne-t-elle le droit de disposer des autres ? Est-ce qu’une coutume est forcément juste parce qu’elle a été instaurée il y a des décennies de cela ? Ceux qui détiennent le pouvoir le font-ils de manière justifiée ? Le peuple a-t-il plus de pouvoir que ceux qui le gouverne ? Qui possède le plus de tords : ceux qui soumettent ou ceux qui trouvent normal d’être soumis ? Autant de questions qui sont finalement d’actualité et qui prennent ici un sens bien différent en prenant l’esclavage comme la perte de son humanité. Durant dix ans, vous ne disposez plus de vous. Le seul choix que vous ayez est de décider de quand commencer ces fameux dix ans.

Pour la famille Hadley, ce sont les parents qui décident de les faire tous ensemble, entraînant leurs trois enfants, Abigail, Luke et Daisy avec eux dans le but de faire leurs jours d’esclavage en famille. Par un concours de circonstance, Luke ne peut suivre la famille et est envoyé dans la ville d’esclaves de Millmoor alors que les autres prennent le chemin du domaine de la famille la plus puissante du pays : les Jardine.

Moi qui aime les intrigues politiques, j’ai été plus que servi dans ce premier opus et j’imagine que le second gardera la même dynamique, ajoutant des alliés ou des opposants à la révolution qui s’annonce dans ce tome-ci. Si le lieu très fermé de Kyneston regorge de ragots et d’intrigues en tout genre, l’action se concentre plutôt à l’intérieur de Millmoor, là où se retrouve en majorité le peuple opprimé.

Je ne sais que vous dire de plus pour ne pas vous gâcher le plaisir mais, si vous en avez l’occasion, n’hésitez pas : lisez-le !

En résumé un premier opus qui remplit parfaitement son office de mettre en place une intrigue passionnante et des personnages vivants tout en instillant une dynamique qui n’augure que du bon pour la suite. Un gros coup de cœur !

Merci aux éditions Nathan pour cette découverte ~

 

« Les gens avaient moins tendance à se soucier des autres quand leur propre survie accaparait leur attention. »

« C’était la confiance qui rendait tout ça possible. La confiance qui vous prêtait les yeux d’une autre personne, ses bras puissants, son cerveau rapide. Qui vous faisait plus grand que vous ne l’étiez tout seul. »

« La technologie, lui avait-il expliqué, était un outil simple dont tout le monde s’était convaincu de la complexité. Faillible, mais que tout le monde croyait parfait. Les gens avaient délégué leur jugement critique – et même ce que leur indiquaient leurs propres sens – au pouvoir de la technologie. si on arrivait à tromper celle-ci, il n’était alors plus nécessaire de chercher à tromper les gens. »

 

Entre dans

31 / 50