Si loin de l’arbre – Robin Benway

Titre : Si loin de l’arbre

V.O. : Far from the Tree

Auteur : Robin Benway

Traducteur : Sophie Lamotte d’Argy

Editeur : Nathan

Date de parution : 4 Juillet 2019

 

 

  • Résumé (éditeur) :

Trois adolescents blessés. Trois vies qui se mêlent. Une famille… pour le pire et le meilleur.

Pas évident de créer des liens quand on se rencontre pour la première fois à 16 ans… Grace a passé une année difficile au lycée. Pour aller mieux, elle part à la recherche de sa mère biologique. Mais ce qu’elle trouve, c’est une sœur et un frère. Maya, avec son tempérament explosif, et le doux Joaquin. Entre confidences et craintes, ils vont apprendre à compter les uns sur les autres et à faire la paix avec leur passé.

 

  • Avis :

Quand j’ai commencé ce roman, je m’attendais à une histoire douce, parfaite pour l’été et sans prise de tête. Finalement, je me suis totalement laissée prendre dans l’histoire, je me suis attachée à Grace, Maya et Joaquin et j’ai pleuré avec eux. C’est une belle histoire effectivement, le genre d’histoire qui ne laisse pas indifférent et qui, même si elle est parfois triste, nous rappelle que de bonnes choses peuvent arriver suite à de mauvaises. Je ne sais pas si je suis très claire ?

L’histoire démarre par Grace qui, à seize ans, vient de prendre la grande décision de faire adopter son bébé. Grace… Une adolescente qui ressent tellement d’amour pour sa fille qu’elle choisit de prendre des parents qui sauront et pourront l’élever plutôt que de ne pouvoir offrir à Pêche que ce qu’elle est en mesure d’offrir. Qu’on soit d’accord ou pas avec son choix, les arguments de Grace et la manière dont nous sont présentées les choses font que l’on ne peut que s’attacher à elle. Plus que son bébé, Grace perd son statut social, son innocence et se pose de nombreuses questions sur sa propre adoption.

C’est à ce moment, où elle est le plus perdue, qu’elle découvre qu’elle a une fratrie. Maya, du haut de ses quinze ans, a été adopté par des gens qui l’aiment et qui font tout pour qu’elle ne se sente pas différente d’eux, malgré ses cheveux bruns et son teint mat alors qu’ils sont tous roux. Mais la famille parfaite extérieurement cache elle aussi des secrets, de la même manière que la façade parfaite de Grace tente de masquer qu’elle est intérieurement brisée.

Brisé, Joaquin l’est aussi. Lui qui est passé de famille d’accueil en famille d’accueil depuis son plus jeune âge. Lui qui est persuadé qu’il est un nuisible pour tous les gens qui l’entourent et qu’il ne sera jamais à sa place nulle part. Lui enfin, qui est tellement sûr de souffrir toujours et de ne pas valoir qu’on le connaisse qu’il préfère éviter de trop se rapprocher des gens. La découverte de ses deux sœurs va le faire soudainement devenir un grand frère avec des responsabilités qu’il n’est pas prêt à assumer.

C’est de ces trois gamins à fleur de peau, chacun en plein questionnement, que va parler cette histoire. Elle va les suivre durant quelques mois et le lecteur va les voir grandir et mûrir. Prendre de mauvaises et de bonnes décisions, pleurer, rire et se soutenir. Il y a des histoires où l’on a l’impression que les personnages sont réels. Si loin de l’arbre est l’une de ses histoires. Elle nous démontre que la famille est quelque chose de difficile à comprendre, que chaque famille à ses secrets, ses moments durs et ses moments plus doux. Qu’une famille ne se réduit pas aux liens du sang et qu’elle demande surtout de l’attention et de la compréhension. Qu’on peut parfois détester les siens tout en les aimant de tout son cœur.

Que vivre, enfin, est parfois douloureux. Que faire des choix l’est tout autant. Et qu’on a toujours besoin de quelqu’un pour nous soutenir et nous dire que tout ira bien.

En bref un roman plein d’émotion, sur l’importance de la famille, qu’elle soit de sang ou de cœur.

 

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Le Destin d’Orïsha, T1 De Sang et de Rage – Tomi Adeyemi

Titre : De sang et de rage

V.O. : Children of blood and bone

Série : Le Destin d’Orïsha

Auteur : Tomi Adeyemi

Traducteur : Sophie Lamotte d’Argy

Editeur : Nathan

Date de Parution : 2 Mai 2019

 

  • Résumé (éditeur) :

Il fut un temps où la terre d’Orïsha était baignée de magie. Mais une nuit, tout a basculé, le roi l’a faite disparaître et a asservi le peuple des majis. Zélie Adebola n’était alors qu’une enfant. Aujourd’hui, elle a le moyen de ramener la magie et rendre la liberté à son peuple ; même si face à elle se dresse le prince héritier du trône, prêt à tout pour la traquer.
Dans une Afrique imaginaire où rôdent les léopardaires blancs et où les esprits ont soif de vengeance, Zélie s’élance dans une quête périlleuse…

 

  • Avis :

Wow que dire de ce roman… Il est dense ! Vraiment, pour un premier tome, je ne m’attendais pas à vivre autant d’aventures. On entre directement dans le vif du sujet et on ne souffle jamais puisqu’on est totalement pris dans les événements avec le personnage principal. Les personnages d’ailleurs puisque ceux qui racontent se succèdent au fil des chapitres. Zélie, Amari et Inan. Même si, de mon point de vue, Tzain est tout autant principal puisqu’il est le pilier autour duquel s’articule la vie de Zélie.

Ces quatre jeunes gens, nous allons les suivre d’un bout à l’autre du pays, nous allons les voir évoluer, souffrir, rire parfois mais toujours avancer. Qu’ils choisissent un côté ou l’autre, ils ont chacun des raisons de le faire et tout ce qu’ils vont vivre, tout ce qu’ils ont déjà vécu, va les amener à faire un choix plutôt qu’un autre. Aucun de ces quatre personnages n’a toujours raison, aucun n’est toujours fort, aucun n’est toujours altruiste ou bon. L’auteur réussit à les rendre humains, dans tous leurs défauts et leurs qualités, dans leur façon d’être et de se comporter. J’ai eu l’impression qu’ils étaient réels et ce qu’ils vivent m’a serré le cœur.

Le roman nous présente donc le royaume d’Orïsha. A sa tête, le roi Saran qui a décrété que les majis, ces magiciens à la peau sombre et aux cheveux blancs, était la lie de la société. Le raid qu’il a lancé a exterminé les maji et seuls les enfants, trop jeunes pour avoir accès à la magie, ont pu survivre. Et la magie à disparue. Zélie est une maji, un cafard comme disent les autres, une maji sans pouvoir, une maji qui a vu sa mère mourir et son père se briser. Zélie est un personnage que l’on a envie de protéger car sa peur imprègne chaque page. Elle est pleine de colère, de haine parfois mais on la comprend, tout comme on comprend Tzain qui doit vivre avec le caractère buté de sa sœur et doit être fort, toujours.

Il sera facile de dire que les majis sont gentils et que la famille de Saran est cruelle. Mais, à travers Amari et Inan, nous découvrons aussi l’autre côté de la pièce. Cette vue d’ensemble nous permet de nous plonger totalement dans l’histoire et de comprendre chacun des personnages. L’éducation qu’ils ont reçu, les gens qui les entourent, leur besoin d’être aimé et reconnu… tout cela donne des personnages vivants et cohérents.

Concernant l’histoire, j’ai été happée dès le départ par cette idée de maji et cette quête pour faire revenir la magie. Malgré les presque 600 pages de ce roman, je ne me suis pas ennuyée une seule seconde et j’ai eu bien du mal à le lâcher parfois (d’autant plus que les chapitres sont assez courts, parfait pour le fameux « roh encore un chapitre et j’arrête ! »). C’est une histoire qui nous parle de peur et de différence, qui nous parle du racisme et de la cruauté qu’il implique. Qui nous démontre que personne n’est mieux qu’une autre et qu’on a tous peur de quelque chose. Qu’on peut aller contre ce que l’on nous a appris si l’on pense que c’est plus juste et qu’on peut changer grâce aux personnes que l’on rencontre et au chemin que l’on parcoure. Que juger quelqu’un sur la couleur de sa peau, de ses cheveux, sur sa famille ou sur une de ses habilités ne fait que renforcer la haine et la peur. Qu’enfin, chacun est différent et que c’est ce qui permet au monde d’être beau pour un peu qu’on ouvre les yeux.

En bref, si vous aimez la fantasy et les personnages nuancés, foncez, vous ne le regretterez pas.

 

Dry – Neal & Jarrod Shusterman

Titre : Dry

Auteurs : Neal et Jarrod Shusterman

Editeur : Robert Laffont

Date de Parution : 22 Novembre 2018

 

 

  • Résumé (éditeur) :

Avez-vous déjà eu vraiment soif ?
La sécheresse s’éternise en Californie et le quotidien de chacun s’est transformé en une longue liste d’interdictions : ne pas arroser la pelouse, ne pas remplir sa piscine, limiter les douches…
Jusqu’à ce que les robinets se tarissent pour de bon. La paisible banlieue où vivent Alyssa et sa famille vire alors à la zone de guerre.
Soif et désespoir font se dresser les voisins les uns contre les autres. Le jour où ses parents ne donnent plus signe de vie et où son existence et celle de son petit frère sont menacées, Alyssa va devoir faire de terribles choix pour survivre au moins un jour de plus.

 

  • Avis :

Ayant adoré les deux tomes de La Faucheuse, j’étais très curieuse de lire de nouveau un roman de l’auteur qui écrit ici avec son fils. Ironiquement, j’ai débuté Dry au moment du début de la canicule et c’était finalement vraiment intéressant de se demander si le roman serait crédible si la situation se passait réellement dans des lieux habitués à avoir l’eau courante. Si soudain cette eau se coupait, les gens deviendraient-ils des zombies assoiffés ? Aideraient-ils leur prochain ? Se tireraient-ils allègrement dans les pattes ? Hé bien oui, je pense que tout ce qui arrive dans le roman est parfaitement réel. Et effrayant donc.

Limiter la consommation d’eau est devenue quelque chose de récurrent lors des périodes de chaleur (et devrait l’être tout le temps à vrai dire) mais, malgré tout, l’accès à l’eau courante et une habitude et on se pose peu la question de savoir ce qui se passerait si cette eau venait à manquer.

Au début du roman, l’eau arrête soudainement de couler des robinets, c’est le tap-out. Bien évidemment, ne plus avoir accès à l’eau potable devient rapidement problématique et chacun cherche des solutions, souvent les mêmes. Le chaos s’installe vite et qui a de l’eau devient une proie plus qu’une envie. En suivant Alyssa et Kelton, en entrant dans leurs pensées, on les voit découvrir les gens qui les entourent. Le fait que les deux adolescents soient totalement différents, Alyssa étant plutôt dans le ressenti et dans l’aide et Kelton étant plutôt dans les faits et préparé à l’apocalypse, permet de mettre en lumière différentes choses. La première c’est qu’ils ont tous les deux à la fois raison et tord. Le tap-out fait changer les gens mais chacun d’eux décident de la manière dont il le fait, qu’elle soit belle à voir ou non.

Les apartés qui parsèment le texte nous permettent de découvrir d’autres personnages et d’autres situations, faisant un état des lieux et ne cantonnant pas le texte au groupe principal. J’ai beaucoup aimé ces moments qui montrent donc un ensemble : toute la population subit le tap-out et le reste du monde en prend peu à peu conscience sans cependant le comprendre totalement. L’utilisation qui est faite des médias est tellement réaliste qu’elle en est effrayante : les informations ne disent que ce qu’elles veulent, sans commune mesure avec la réalité vécue par les gens qui se prennent le manque d’eau de plein fouet.

De la même manière, les personnages sont criants de réalisme. Il y aura toujours ceux qui découvriront en eux des ressources insoupçonnés pour aider les autres, ceux qui profiteront de la faiblesse de certains et d’autres qui feront tout pour que survivent les gens qu’ils aiment. Aucun d’entre nous ne peut savoir comment il réagirait dans une situation comme celle-ci même si on espère tous ne pas se transformer en monstre.

En bref un roman fort, qui nous rappelle que nous avons bien de la chance et que, pour certain, Dry est une réalité.

 

Au bout de trois – Maureen Johnson

Titre : Au bout de trois

V.O. : The Bermudez Triangle

Auteur : Maureen Johnson

Editeur : Hachette

Date de Parution : 5 juin 2019

 

 

 

  • Résumé (éditeur) :

Mel, Nina et Avery ont toujours formé un inséparable trio de copines, mais l’été de leurs dix-sept ans va tout changer.

Cet été-là, alors que Nina profite des vacances pour participer à un stage scolaire, Mel et Avery commencent une relation qu’elles cachent à tous, même à leur meilleure amie. Cette trêve estivale ne pouvait cependant pas durer et, peu de temps après la rentrée, Nina découvre leur secret.

Mel et Avery doivent alors faire face au regard des autres, à l’intolérance et au rejet, mais aussi au regard qu’elles portent sur elles-mêmes. D’autant que même si Nina essaye de les soutenir, elle se pose des questions. Et peu à peu, le trio explose.

 

  • Avis :

Le résumé me rendait très curieuse, je me demandais comment une amitié de trois allait pouvoir se remettre de se transformer en un couple plus une personne. En définitive, il y a effectivement cette histoire d’amitié mais aussi une histoire de comprendre ce qu’est exactement l’amour. Quand j’y réfléchis, il se passe pas mal de choses dans ce roman, l’air de rien !

Nous commençons l’histoire avec Nina qui passe les deux mois d’été loin de ses deux meilleures amies, pour la première fois de leur existence. Les mails qu’elles s’échangent toutes les trois permettent de voir l’amitié qui les unies et j’ai beaucoup aimé cette entrée en matière. Alors que Nina tombe amoureuse d’un des garçons de son stage, Mel et Avery, commencent elles aussi à sortir ensemble. Mais, si Nina avoue sans détour qu’elle craque totalement, ses meilleures amies se gardent bien de le dire à qui que se soit.

On a là la première action du roman et la première question : pourquoi les filles, parce qu’elles sont en couple, devraient cacher ce qu’elles ressentent l’une pour l’autre ? Il s’agit autant d’une question d’entourage et du fait de devoir assumer son homosexualité aux yeux des autres, que d’une question personnelle : assumer son homosexualité envers soi-même.

J’ai trouvé que la manière de mettre ce fait en lumière était bien amené et qu’il était facile de s’attacher à ces trois jeunes femmes qui sont en plein milieu d’une crise existentielle dans leur vie. Je regrette néanmoins que l’intrigue se tourne plus sur le côté « amoureux » que sur le côté « amitié » ce dernier ne se ressentant qu’en début et en fin de roman. Alors qu’il est « vendu » comme une histoire d’amitié, celle-ci se retrouve clairement au second plan et c’est dommage.

Malgré cela, j’ai aimé voir évoluer les personnages et je pense qu’il est facile de se retrouver dans ces amies qui grandissent et dont les envies diffèrent finalement. L’amitié ne demande pas toujours d’être fusionnelle mais demande malgré tout des efforts pour que ça fonctionne. Il faut s’intéresser les uns aux autres et parfois mettre de côté ses propres soucis ou ressentis pour penser à l’autre sans pourtant s’oublier. Quelque chose que j’ai trouvé bien mené dans ce roman.

Par contre, j’ai eu du mal à adhérer à certains points de l’histoire. Le côté « le pardon est la solution » ne me satisfait pas et plusieurs moments démontrent plutôt pour moi que l’amour rend stupide. De la même manière, Parker est bien mal récompensé alors que ses réflexions sur le fait que les filles préfèrent les personnes qui les traitent mal sont très bien illustrés dans le roman. Ce qui revient à dire que c’est le cas, et véhiculer ce genre de relations n’incitent pas les adolescentes à dire non à ce genre de comportements (ou à ne pas le reproduire, cela va dans les deux sens).

En bref je pense que c’est un roman qui plaira moins aux adolescents qu’aux jeunes adultes, qui auront plus de recul pour réussir à comprendre les réactions de certains des personnages. J’ai passé un bon moment avec Nina, Mel et Avery même si je ne suis clairement pas d’accord avec certains de leurs choix.

Les Puissants, T3 Libres – Vic James

Titre : Libres

V.O. : Bright Ruins

Série : Les Puissants

V.O. : Dark Gifts

Auteur : Vic James

Traducteur : Julie Lopez

Editeur : Nathan

Date de Parution : 11 Avril 2019

 

 

  • Résumé (éditeur) : ATTENTION IL S’AGIT D’UN TOME 3, NE PAS LIRE SANS AVOIR LU LES PRECEDENTS

Meurtrie, trahie, choquée, Abi a rejoint les rangs de la rébellion. Mais peut-elle encore croire à la paix ? Et si la violence était la seule arme à opposer à la tyrannie ?
Évadé de prison, Luke n’a pas d’autre choix que de s’allier à son ennemi, le mystérieux Silyen Jardine. Pour le meilleur ou pour le pire ?
Les manipulations politiques et les combats magiques déchirent un pays à feu et en sang. Alors que le chaos menace, Abi, Luke et Silyen ont le pouvoir de transformer leur pays – ou de le détruire.

 

  • Avis :

Hé bien ça y est… Les Puissants c’est fini ! Deux ans depuis la sortie du premier tome, un an depuis celle du second et voilà, le troisième signe la fin de cette sanglante aventure.

Alors, autant vous le dire tout de suite : je ne sais pas si je suis satisfaite de cette fin. J’ai adoré le roman, aucun soucis là-dessus ! Mais cette fin… me laisse un peu sur ma faim. Un (ou trois) chapitres de plus n’aurait pas été de refus si vous voyez ce que je veux dire. Bref, cette série reste l’une de mes séries préférées et un coup de cœur magistral mais… je suis frustrée, voilà.

Mais laissons de côté la fin qui, au final, ne concerne que l’épilogue, pour nous concentrer sur tout le reste. Quel plaisir de retrouver tous les personnages ! A vrai dire, j’ai même relu les deux premiers tomes, chose qui m’arrive très, très rarement, parce que je ne voulais pas prendre le risque de rater le plus petit détail de l’intrigue. Ce qui en dit long sur ce que je pense de cette série (si vous êtes curieux, je vous invite ici pour le premier tome et là pour le second).

Nous retrouvons donc tous les protagonistes présents pour le grand final, entre ceux qui veulent garder le pouvoir et opprimer les autres et ceux qui réclament l’égalité. Comme dans chaque tome, les personnages évoluent et c’est un plaisir de les voir faire. Abi m’a plus d’une fois serré le cœur mais son courage et sa détermination force l’admiration. Elle devient quelqu’un qu’elle n’aurait jamais pensé être et qui, finalement, comprend qu’on ne peut pas toujours être altruiste et bon. Pas lorsqu’on veut changer les choses. En vérité, Abi est le personnage avec lequel je me sens le plus proche. Parce qu’elle a perdu au fil des pages cette naïveté qui caractérise l’enfance pour devenir une adulte consciente de la dureté des choses et de la nécessité d’être parfois tout aussi dure. A côté, Luke reste peut-être un doux rêveur, même s’il vit des choses horribles et est certainement le personnage le plus courageux de la série. Ces deux personnages évoluent tellement entre le premier tome et le troisième que je suis admirative de voir la manière dont l’auteur les a fait grandir. Gavar et Silyen suivent eux aussi une évolution différente mais bien présente et, comme je l’avais pressenti, Silyen restera un de mes chouchous, perplexe devant des émotions qu’il ne comprend pas et beaucoup trop intelligent pour être compris et pour comprendre les autres.

J’ai passé une grande partie du roman à me questionner sur certaines des personnages, à me demander qui jouait double ou triple jeu et qui allait me décevoir au final. Et c’est là l’une des choses que j’ai adoré dans ce roman : on ne sait pas comment tout va se terminer. On ne sait pas qui va vivre ou mourir. On ne sait pas qui va se salir les mains et qui va craquer. On ne peut que suivre l’histoire en croisant les doigts pour que certains restent indemnes et pour que d’autres comprennent. C’est dur, émouvant et parfois horrible mais c’est tellement bien amené… Aucune des morts de la série n’est gratuite, chacune apporte un tournant dans l’action et est un acte nécessaire. Pour l’avancé de l’histoire, pour celle d’un personnage, pour faire pencher la guerre d’un côté ou de l’autre. Aucun personnage n’est tout noir ou tout blanc. Ils font tous des erreurs, ils se questionnent, ils se retrouvent face à un ordre établi qu’ils ne comprennent pas forcément mais dont ils sont prisonniers, tous autant qu’ils sont.

L’action se déroule et on se retrouve pris au jeu. En définitive, si j’ai fait des conjonctures sur certains personnages, je me rends compte que je n’en ai jamais fait concernant l’intrigue. Parce que je voulais juste connaître la suite et continuer à lire. Parce que je savais que tout serait logique et que je serai satisfaite, ayant toute confiance en l’auteur pour savoir où elle allait. Bon, okay, maintenant je ronchonne sur l’épilogue (et je pense que je ronchonnerai encore un moment) mais, malgré tout, il est terriblement cohérent. Il se heurte au fait que j’aime savoir comment tout se termine et avoir un point final. Là, tout n’est pas dit mais, au-delà de cela, il est parfait. Tout comme la série l’a été.

En bref un coup de cœur magistral pour cette série dans son intégralité ❤

 

 

Illuminae, T1 Dossier Alexander – Jay Kristoff & Amie Kaufman

 

Titre : Dossier Alexander

V.O. : The Illuminae Files _01

Série : Illuminae

Auteurs : Jay Kristoff & Amie Kaufman

Editeur : Casterman

Date de Parution : 14 septembre 2016

 

 

  • Résumé (éditeur) :

Ce matin de 2575, lorsque Kady quitte Ezra, elle croit avoir vécu le pire moment de sa vie. L’après-midi, sa planète est attaquée par une entreprise interstellaire sans foi ni loi — BeiTech. Obligée de fuir, Kady embarque sur le vaisseau Hypatia, Ezra sur l’Alexander. Très vite, Kady soupçonne les autorités de leur cacher la vérité. Avec l’aide d’Ezra, elle pirate le réseau informatique de leur flotte, accédant ainsi à des données confidentielles qui mettent en cause leur propre état-major. Alors qu’ils sont toujours traqués par BeiTech, l’Intelligence Artificielle censée les protéger se met à agir d’une façon étrange…

 

  • Avis :

Le roman est réalisé comme un dossier classé top secret dont on découvre des événements racontés de façons linéaires et, franchement, c’est excellent ! N’étant habituellement pas fan des histoires qui se déroulent dans l’espace, j’ai hésité un moment avant de me lancer dans cette lecture. Mais comme les retours étaient top et qu’une de mes amies me poussait à sauter le pas, Illuminae a atterri dans ma wish-list. Et une amie me l’a offert ❤

Il a quand même attendu un an avant de sortir de ma PAL le pauvre. Par contre… une fois commencé… Les six cent pages m’ont tenus que deux jours.  Et j’ai acheté le tome 2 dans la foulée. Autant vous dire que ce premier opus m’a complètement emballé !

On se retrouve immergé dans la bataille aux côtés de Kady et Ezra et on les suit à pas à pas dans l’horreur. Car, il faut l’avouer, ce qui se déroule dans le roman est horrible. Il s’agit d’exécutions, de monceaux de cadavres et de maladies chimiques. Il s’agit d’une véritable guerre dans un lieu clos en plein milieu de l’espace. Sans échappatoire donc.

Si l’histoire est prenante, elle est surtout servie dans un écrin particulier. La mise en page nous plonge totalement dans des discussions via chat, dans des retranscription de vidéos (avec commentaires du transcripteur à l’appui), dans des sorties dans l’espace… Oui, même les moments où les personnages sont au milieu des étoiles sont présents dans la mise en page magnifique. On est obligé de tourner le roman pour pouvoir le lire et, au final, on est forcé de suivre les personnages pas à pas, de rester derrière eux et de vivre l’aventure avec eux pour ne rien perdre de l’intrigue.

Au fil des pages, nous voyons grandir Kady et Ezra. Ils n’ont pas le choix de mûrir et de faire des choses dont ils ne se seraient jamais cru capables. Le roman nous montre ce qu’on peut trouver de meilleur en nous lorsque les temps l’exigent mais aussi ce qu’on peut y trouver de pire. Car personne ne sait la manière dont il va réagir s’il est acculé. Et, pire souvent, lorsque ce sont ses proches qui entrent dans l’équation. Nos émotions nous brouillent parfois et c’est là où le roman propose quelque chose de très intelligent : il nous présente AIDAN, l’intelligente artificielle du vaisseau. Il ne ressent aucune émotion et prend donc des décisions uniquement pour le plus grand nombre sans tenir compte de tout ce qui a trait à l’humanité.

Est-ce mieux ? Pire ?

A vous de le décider en refermant Illuminae.

La fille des deux mondes, T2 Deux pieds sous terre – C. C. Hunter

 

Titre : Deux pieds sous terre

V.O. : Two Feet Under

Série : La fille des deux mondes

V.O. : The Mortician’s Daughter

Auteur : C. C. Hunter

Traducteur : Laurence Boischot

Editeur : Michel Lafon

Date de parution : 25 avril 2019

 

 

  • Résumé (éditeur) :

Je m’appelle Riley Smith, j’ai dix-sept ans, et je vais mourir.
Un comble pour une adolescente qui communique avec les morts. D’autant plus qu’elle les aide à accomplir leurs dernières volontés pour accéder à l’au-delà.
Mais la jeune fille n’aurait jamais imaginé devoir aider le fantôme d’un criminel… Alors qu’elle plonge dans les bas-fonds de la ville, les morts comme les vivants se font de plus en plus dangereux. Seul Hayden, son confident, le mystérieux esprit coincé entre la vie et la mort, peut venir à son secours… s’il la pardonne d’avoir découvert son secret.

 

  • Avis :

Après avoir dévoré le premier tome (dont la chronique est juste là), j’étais impatiente de retrouver Riley pour suivre la suite de ses aventures. Le moins qu’on puisse dire, c’est que la jeune fille a des journées bien remplies et qu’elle ne risque clairement pas de s’ennuyer !

Nous retrouvons donc Riley où nous l’avons quitté : avec le fantôme d’un prisonnier sur les bras, ayant un gros crush pour un autre fantôme et se débattant pour que son père admette qu’il est alcoolique. Tout ça sans que sa meilleure amie ne découvre qu’elle parle avec des morts et que le beau gosse du lycée ne se rende compte qu’en vérité, ce n’est pas pour lui qu’elle craque mais pour son meilleur pote dans le coma. Moi qui pensait que ma vie était parfois compliquée… je n’ai pas très envie d’essayer celle de Riley !

Cette fois encore, nous faisons la connaissance de plusieurs personnages mais l’intrigue tourne essentiellement autour du fantôme du prisonnier qui amène Riley de plus en plus loin dans le danger. C’est l’un des points qui me plait beaucoup dans cette série : pour aider les fantômes, Riley doit faire preuve d’autant que courage que d’ingéniosité. Et si elle est souvent téméraire et se met en danger, elle le fait souvent pour de bonnes raisons et celles-ci sont explicitées à chaque fois. Ce n’est pas une adolescente qui se lance tête baissée sans réfléchir aux conséquences mais une jeune fille qui a le cœur sur la main et qui fait passer les autres avant elle.

Le seul point qui m’a fait tiquer finalement, c’est l’image parentale qui se dégage de la série : la plupart des parents sont clairement déficients, qu’il s’agisse du père de Riley, du beau-père de Carter, de la mère de Kelsey… Heureusement que ceux de Jacob relèvent le niveau ! Néanmoins la famille a une place très importante dans la série et la plupart des fantômes ont quelque chose à demander en rapport avec les gens qu’ils laissent derrière eux. De la même manière que Riley et Kelsey font tout pour leur seul parent respectif. L’amour est quelque chose de compliqué et c’est une émotion qui ressort bien à travers le roman. On peut parfois détester quelqu’un qu’on aime profondément et l’un n’empêche pas l’autre.

Comme pour le premier tome, il se passe beaucoup de choses dans ce second opus et le fil rouge de l’intrigue se dévoile doucement. On en apprend un peu plus sur la mère de Riley, assez pour être curieux d’en savoir encore plus  ! Et on voit bien que la jeune fille commence à sentir le poids qui pèse lourd sur ses épaules. Au fil du roman, Riley devient de plus en plus fatiguée et on sent qu’elle a besoin de soutien. Mais comment en avoir quand on doit cacher la moitié de qui on est ? Et que les jours qui se suivent apportent de nombreuses questions mais assez peu de réponses…

Et cette fin… Qui donne envie d’avoir le troisième tome sous la main !

En bref un second tome qui tient toutes ses promesses et qui oscille entre action et sentiments. Une belle réussite !