The Best Lies – Sarah Lyu

Titre : The Best Lies

Autrice : Sarah Lyu

Editeur : Castelmore

Collection Fibs

Date de parution : 11 mars 2020

 

 

  • Résumé (éditeur) :

Remy a dix-sept ans, et ce soir-là, sa vie bascule.
Jack, son petit ami, est abattu de plusieurs balles en pleine poitrine. Et c’est sa meilleure amie à elle, Elise, qui a appuyé sur la détente.
Mais Remy ne se souvient de rien, à part du bruit des coups de feu qui résonne encore à ses oreilles, et du sang de Jack sur ses mains.
Cette tragédie ne peut être autre chose qu’un terrible accident, n’est-ce pas ? Elise a dû confondre Jack avec quelqu’un d’autre. Elle ne peut pas le lui avoir enlevé volontairement. Elise est sa meilleure amie, sa famille – la vraie, celle qui veut d’elle.
Remy ne peut pas la perdre en plus d’avoir perdu Jack.
Alors, en même temps que la police qui l’interroge, Remy enquête. Elle plonge dans ses propres souvenirs, et fouille sa mémoire infidèle dans l’espoir de sauver une amitié qui signifie tout pour elle. Et de comprendre, enfin, ce qui s’est réellement passé.

 

  • Avis :

Le résumé de ce roman me faisait un peu penser à Hate List que j’avais beaucoup aimé et j’étais donc très curieuse de le lire. Au final, les deux romans sont très différents mais tout aussi prenants.

The Best Lies, c’est un roman qui aborde de nombreux sujets très importants et qui prend soin de bien remettre en place le concept de responsabilité et de victime. Au travers des mots de Remy, il est facile de comprendre pourquoi elle culpabilise et je pense que tout le monde peut se retrouver dans cette émotion qui lui sert le cœur. Lorsque qu’il arrive quelque chose à une personne à laquelle on tient, on se demande toujours ce qu’on aurait pu faire de plus, ce qu’on aurait pu mieux faire ou si on aurait réussit à éviter la situation en faisait autrement.

En cela, j’ai trouvé le roman très intelligent car il met en avant deux adolescentes dont les familles sont dysfonctionnelles, chacune à leur manière et qui essaient simplement de survivre. Elles ne font évidemment pas toujours les bons choix mais, honnêtement, qui peut se vanter de l’avoir fait ? La psychologie de ces deux personnages est bien amenée et il apparaît rapidement que Remy a besoin de pouvoir compter sur quelqu’un. Sa rupture, sa rencontre avec Elise, leur amitié fusionnelle, sa rencontre ensuite avec Jack… Remy est le genre de personnage qui a besoin des autres pour pouvoir tenir debout.

Aussi Elise et son apparente force, sa manière d’être et de toujours savoir quoi faire, de se moquer des remarques des autres et sa facilité à attirer les amis, font qu’elle revient rapidement le soleil dans la vie terne de Remy. Peu à peu, par le récit de celle-ci, nous découvrons deux jeunes femmes perdues qui se créent une famille de deux, une famille loyale et prête à tout pour que l’autre aille bien. L’ambiance du roman est prenante, un peu malsaine et on tourne les pages pour comprendre comment elles en sont toutes deux arrivées là, au point de non retour.

C’est difficile de parler de ce roman sans vous spoiler mais, si vous aimez les histoires où l’auteur prend le temps d’expliquer la psychologie de ses personnages, de mettre en lumière tous les petits détails qui les ont amenés au moment crucial et de créer une envie au lecteur d’en savoir toujours plus : tentez cet ouvrage.

 

 

La Fiancée – Kiera Cass

 

Titre : La Fiancée

V.O. : The Betrothed

Autrice : Kiera Cass

Traductrice : Madeleine Nasalik

Editeur : Robert Laffont

Collection R

Date de parution : 11 juin 2020

 

 

  • Résumé (éditeur) :

Elle a l’étoffe d’une reine. Il est jeune, séduisant et fraîchement couronné. Leur mariage semble une évidence… mais l’est-il vraiment ?
Hollis Brite a grandi à la cour de Coroa, rêvant – sans trop y croire – d’attirer l’oeil du jeune et beau roi Jameson, connu pour ses multiples conquêtes. Un jour, pourtant, c’est elle qui lui fait tourner la tête…
Mais, alors que Jameson est sur le point d’annoncer leurs noces prochaines, l’arrivée d’un jeune noble en provenance d’un royaume voisin va changer la donne : attentionné et perspicace, il semble comprendre Hollis mieux que quiconque auparavant.
L’avenir radieux promis à la jeune fille devient soudain beaucoup plus incertain : renoncera-t-elle à un destin royal, quitte à se couper de ce qu’elle a toujours connu ?

 

  • Avis :

Ayant beaucoup aimé La Sélection, j’avais hâte de retrouver la plume de Kiera Cass et de retourner dans une lecture ambiance royauté. Concernant cette dernière, aucun soucis tout comme la fluidité de l’écriture qui est toujours aussi facile et agréable à lire. Cependant… les bons points s’arrêtent quasiment tous là.

Hollis n’est pas un personnage antipathique, elle est même plutôt gentille et il est assez facile de s’attacher à elle, à défaut de la comprendre totalement. Cependant, je regrette son rôle dans le roman : celle d’une jeune femme dont la seule qualité est d’être jolie et de faire rire le roi. La plupart des personnages qui l’entourent la considèrent comme une potiche et la rabaissent régulièrement. C’est d’ailleurs finalement la seule raison que je vois dans le coup de foudre qu’elle ressent pour Silas : il la voit comme un être humain. Hormis cela, le peu de discussions qu’elle avec lui se résume bien souvent au fait qu’il a des yeux magnifiques.

Pourtant, l’intrigue aurait pu être prenante, les sous-entendus et pressions politiques étant quelque chose que j’apprécie particulièrement dans mes lectures. Mais j’ai trouvé le tout bien trop survolé et on passe plus de temps à s’intéresser aux robes de ces dames qu’à ce qui pourrait faire avancer réellement l’intrigue. Hormis l’écriture et le côté royauté, ce que j’avais apprécié dans La Sélection (à savoir des personnages qui avaient de réelles personnalités) n’est pas là dans ce roman-ci.

D’ailleurs, en parlant des personnages… un mot sur la meilleure amie de Hollis qui l’amie la plus antipathique que j’ai lu jusqu’ici. Si elle met en avant la loyauté d’Hollis, elle présente également sa naïveté et ses réactions à tous les coups bas ne la font clairement pas paraître plus charismatique. Je pense qu’on a trouvé là la pire meilleure amie qui soit et l’héroïne la plus gentillette qui existe.

La fin amène des rebondissement totalement inattendus qui ne m’ont pour ma part pas convaincus de par leur soudaineté après toute ces pages, me donnant un sentiment de « tout ça pour ça ? » qui fait que je ressors donc malheureusement désappointée de ma lecture.

En bref un roman qui se lit vite mais qui ne m’a pas donné envie de découvrir la suite.

Hunger Games, La ballade du serpent et de l’oiseau chanteur – Suzanne Collins

 

Titre : La ballade du serpent et de l’oiseau chanteur

V.O. : The Ballad of Songbirds and Snakes

Série : Hunger Games

Auteur : Suzanne Collins

Traducteur : Guillaume Fournier

Editeur : PKJ

Date de parution : 20 mai 2020

 

 

  • Résumé (éditeur) :

C’est le matin de la Moisson qui doit ouvrir la dixième édition annuelle des Hunger Games. Au Capitole, Coriolanus Snow, dix-huit ans, se prépare à devenir pour la première fois mentor aux Jeux. L’avenir de la maison Snow, qui a connu des jours meilleurs, est désormais suspendu aux maigres chances de Coriolanus. Il devra faire preuve de charme, d’astuce et d’inventivité pour faire gagner sa candidate. Mais le sort s’acharne. Honte suprême, on lui a confié le plus misérable des tributs : une fille du district Douze. Leurs destins sont désormais liés. Chaque décision peut les conduire à la réussite ou à l’échec, au triomphe ou à la ruine.
Dans l’arène, ce sera un combat à mort.

 

  • Avis :

Ayant adoré la trilogie Hunger Games, je ne pouvais pas passer à côté de ce préquel ! Même si, comme toujours lorsque l’on aime une saga, on est toujours aussi impatient qu’un peu sur la défensive. Est-ce que cet opus allait être à la hauteur des précédents tomes ?

La réponse est : oui et non. J’ai passé un très bon moment avec ce roman mais il ne m’a pas autant embarqué que ses prédécesseurs. Cela tient peut-être à Coriolanus qui reste un personnage qu’on ne peut pas réellement aimer ? Cependant, il m’a parfois touché et, si rien ne justifie ses actes dans la réalité, la manière dont il les justifie lui le rend compréhensible. Il se fourvoie et il se dédouane mais tout ceci correspond totalement à son caractère et rend le personnage très juste. Je n’irai pas jusqu’à dire qu’on lui pardonne les choix qu’il fait mais on peut les comprendre. Je ne sais pas si je suis très claire ? Bref, Coriolanus reste un personnage égoïste, égocentrique et cruel mais, selon lui, il le fait pour la bonne cause et l’intérêt général. Et c’est en cela que tout devient intéressant car le jeune homme qui nous est dépeint ici a beaucoup de charisme, ce qui rend compréhensible l’amour que peuvent lui porter bons nombre des autres personnages.

Nous ne connaissions de lui que son aspect le plus cruel mais nous découvrons avec ce tome un jeune homme qui se construit sur les ruines de la guerre. Un gamin a qui on a appris qu’il valait plus que les autres mais que les districts font se sentir sali par la pauvreté. Il a grandi dans le paraître et la peur, il a vu des adultes se comporter comme des bêtes et il a mûri avec l’idée que le contrôle était la seule manière de vivre. Le contrôle sur les autres évidemment mais également le contrôle sur soi-même. Ce qui, bien évidemment, n’enlève rien à son caractère propre, comme le démontre Tigris qui, alors qu’elle a vécu la même chose, est une bulle de compassion et de douceur dans un monde en ruines.

On assiste dans ce tome à la première fois où les mentors apparaissent lors des Hunger Games et donc à la construction de ce que vont devenir les Hunger Games que l’on a pu découvrir dans la série. Nous faisons donc la connaissance des mentors en même temps que des tributs et voyons apparaître les premières règles. Le roman pose la question des décisions que l’on prend tous dans notre vie lorsqu’il s’agit de se protéger ou de protéger les autres, d’être juste ou non. Alors, bien sûr, il s’agit ici de vies humaines et d’une cruauté sans bornes. Mais les réflexions sur le contrôle et le chaos sont diablement intéressantes. Peut-être même effrayantes lorsque l’on voit les réactions de Coriolanus et du docteur.

Celle-ci est d’ailleurs encore plus flippante que Coriolanus. Finalement, les adultes autour de ce dernier ne font que le conforter dans ce qu’il fait et pose la question des exemples qu’on peut se trouver lorsque l’on se construit. Un mot évidemment sur Sejanus, ce jeune homme idéaliste qui veut changer les choses mais qui le fait avec ses sentiments plus qu’avec sa raison. Coriolanus et Sejanus n’ont ni la même enfance, ni la même vision et leur opposition est bien menée tout au long de l’ouvrage. Il y a bien sûr Lucy Gray, son courage et sa volonté de survivre. Là aussi, son opposition et ses ressemblances avec Coriolanus sont bien amenées. Qu’est-on prêt à faire pour survivre ?

On retrouve donc dans ce tome ce que j’avais aimé dans les premiers opus même si ce dernier est plus centré sur les réflexions que sur l’action (même s’il y en a). Le début de la troisième partie s’essouffle cependant un peu avant de repartir de plus belle et la fin m’a donné envie de relire les autres tomes.

En bref ce roman n’a pas été une claque comme l’avait été Hunger Games, néanmoins je le trouve particulièrement approprié à la période actuelle. Il pose des questions pertinentes sur les choix de chacun lorsqu’il s’agit d’être juste ou non et m’a fait passé un très bon moment de lecture.

 

 

Autobiographie d’une licorne – Maïté Bernard

 

Titre : Autobiographie d’une licorne

Auteur : Maïté Bernard

Editeur : Syros

Date de parution : 1 Mai 2020

 

 

  • Résumé (éditeur) :

Vous savez ce qui est pire que d’être bi (avec 0 expérience côté filles) et orpheline de grand-père ?
C’est d’être bi (avec 0 fille en vue), orpheline de grand-père ET d’avoir rendez-vous chez le dentiste.
En fait, il faut juste que je sache par où commencer. Par ce jour où j’ai poussé la porte d’un vrai local LGBTQ+ ? Ou par l’ouverture du testament de Papi ? Ça, c’est sûr que ça vous ferait un choc. Il faut toujours commen­cer une histoire par un choc, non ?

 

  • Avis :

Ce roman nous présente Carmen qui est au lycée dans une petite ville où tous les habitants se connaissent et qui trouve donc difficile de vivre sa bisexualité au grand jour.

Concernant le sujet du coming-out, qui est très présent dans le roman, je l’ai trouvé très bien abordé et présenté. Pourquoi devrait-on déclarer sa sexualité à qui que se soit ? De quoi devrait-on se justifier ? A destination des adolescents, cet ouvrage et les questionnements de Carmen sont bien amenés et il faut clairement plus de représentations de personnages autre qu’hétérosexuels.

Beaucoup de thèmes importants sont d’ailleurs mis en avant ici : le fait de se cacher, le questionnement de savoir si sa sexualité va être bien acceptée par ceux que l’on aime, le soulagement lorsqu’elle l’est, la tristesse et le rejet lorsqu’elle ne l’est pas. Il y a réellement une discussion ouverte dans ce roman, portée par la voix de Carmen qui se pose elle-même beaucoup de questions et ne sait pas où trouver les réponses.

C’est cela que je m’attendais à trouver dans ce roman et, en cela, je l’ai trouvé très bien mené. Cependant, de nombreuses péripéties m’ont laissé de marbre. L’histoire autour du grand-père, la moralité de la relation avec Ariel, l’idée du Corbeau… J’ai trouvé qu’on perdait le fond du roman. C’est certainement voulu pour démontrer que le sujet est un sujet qui a sa place de même que d’autres mais, si j’ai parfois été émue par Carmen, je n’ai pas forcément accroché avec elle. Elle est un peu le « cliché » de l’adolescente, bien souvent apathique, égoïste et clairement centrée sur elle-même.

Si je trouve donc le sujet de la bisexualité très important, de même que celui du coming-out, je reste cependant mitigée sur ma lecture qui n’a pas réussi à m’emballer complètement.

En bref un roman qui aborde la bisexualité, un sujet bien trop peu représenté, notamment chez les romans adolescents et qui pose de réelles questions d’actualité.

 

Les chroniques lunaires, T4 Winter – Marissa Meyer

 

Titre : Winter

Série : Les chroniques lunaires

V.O. : The Lunar Chronicles

Auteur : Marissa Meyer

Traducteur : Guillaume Fournier

Editeur : PKJ

Date de parution : 21 avril 2016

 

 

  • Résumé (éditeur) :

La Princesse Winter est admirée par le peuple lunaire pour sa grâce et sa gentillesse. Malgré les cicatrices qui marquent son visage, on dit que sa beauté dépasse de loin celle de sa belle-mère, la Reine Levana.
Winter déteste Levana et sait que cette dernière n’approuverait pas ses sentiments pour son ami d’enfance, le séduisant garde Jacin. Mais la jeune fille n’est pas aussi faible que le croit la reine et cela fait des années qu’elle a entrepris de contrecarrer les plans de sa belle-mère. Avec Cinder et leurs alliés, Winter pourrait même avoir le pouvoir de commencer une révolution et gagner une guerre qui sévit depuis trop longtemps.
Est-ce que Cinder, Scarlet, Cress et Winter seront à la hauteur pour battre Levana et enfin trouver la paix qu’elles méritent?

 

 

  • Avis :

Si j’ai mis cinq ans avant de lire Les Chroniques Lunaires malgré l’insistance de Ferilou (tu avais raison c’est tellement bien !), je n’ai finalement mis que quelques mois pour lire les différents tomes et ce beau bébé de près de mille pages n’a pas fait long feu.  Autant vous dire que oui : j’ai adoré !

Pourtant, ce n’était pas totalement gagné de part les personnages principaux de ce dernier opus. Je n’ai apprécié ni Winter ni Jacin et ils ne m’ont finalement tiré aucune émotion particulière. J’ai compris leur personnalité ainsi que leurs décisions et j’ai trouvé ces deux personnages parfaitement raccord d’un bout à l’autre de la série mais, malgré tout, ils ne m’ont pas fait vibrer du tout. Cependant, ce tome 4, qui parle bien évidemment de Winter et de Jacin, fait également la part belle à tous les autres personnages de la série et j’ai été ravie de retrouver Cinder, Scarlett, Kai, Loup, Cress et Thorne. C’est d’ailleurs Cress qui évolue le plus selon moi au fil des pages et j’ai apprécié de la voir prendre des risques et s’affirmer.

Le début nous présente une équipe assez soudée et déjà amputée de quelques membres mais qui, en plus, va devoir se scinder pour réussir à mener de front toutes les missions nécessaires pour reprendre le trône de Levana et empêcher la guerre. Oui, rien que ça ! Et, lorsqu’on connait Levana, son pouvoir et son caractère, on sait déjà qu’ils vont avoir du fil à retordre. Les rebondissements arrivent effectivement de toutes parts et chacun des personnages a fort à faire avec ses moyens et ses qualités pour réussir à (ou tenter de) se sortir de multiples situations auxquelles il doit faire face.

Malgré la taille de ce roman, je ne me suis donc pas ennuyée un seul instant et je ne me suis jamais demandée si j’allais réussir à en venir à bout. Si les situations se font et se défont, j’ai apprécié que les personnages gardent tous le caractère qui étaient le leur et ne se transforment pas du jour en lendemain en des guerriers endurcis, persuadés de toujours faire les bons choix. Ils tâtonnent, ils font des erreurs et parfois, celles-ci ne sont pas sans conséquences. Moi qui ne suis de base pas une grande fan des contes qui sont ici réécrit, je dois dire que j’ai été bluffée et totalement immergée dans chacun des tomes de cette série fabuleuse.

Malgré la myriade de personnages, on ne se perd pas et il est facile de suivre chacun d’eux tout comme de comprendre les hésitations qui sont les leurs. Certaines scènes sont douces et pleine d’humour, d’autres respirent la mort et la guerre. Car c’est ce que Winter nous fait vivre ici : une guerre pour la liberté et chacun se doit d’y prendre part d’un côté ou de l’autre.

En bref un tome qui clôture magnifiquement la saga et qui fait de cette série une réussite totale.

Les Faucons de Raverra, T1 La sorcière captive – Melissa Caruso

 

Titre : La Sorcière captive

V.O. : The Tethered Mage

Série : Les Faucons de Raverra

V.O. : Swords and Fire

Auteur : Melissa Caruso

Traducteur : Vincet Basset

Editeur : Casterman

Collection : Big Bang

Date de parution : 12 juin 2019

 

 

  • Résumé (éditeur) :

Contrôle la magie, contrôle le monde
La magie est peu fréquente dans l’Empire raverrain. Ceux qui naissent avec ce pouvoir sont étroitement contrôlés : repérés dès l’enfance, ils se retrouvent enrôlés de force dans le régiment des Faucons.
Zaira a évité ce sort ; elle a grandi dans les rues en volant pour survivre et en dissimulant sa nature. Mais elle cache une magie rare et dangereuse, une magie qui pourrait menacer l’Empire tout entier.
Amalia Cornaro n’était pas destinée à devenir Fauconnière. Héritière d’une puissante famille, elle a été élevée dans le monde dangereux des machinations politiques. Mais le sort va réunir l’héritière et la sorcière en une alliance improbable. Alors que la menace de la guerre se profile, il pourrait suffire d’une étincelle pour transformer leur cité en un brasier incandescent…

 

  • Avis :

L’un des gros problèmes des premiers tomes en fantasy, c’est qu’ils prennent parfois le temps de poser le décor et les personnages et que l’intrigue reste donc au second plan. Rassurez-vous ici : ce n’est pas le cas ! Le début du roman nous jette directement dans l’aventure des faucons et nous découvrons rapidement le monde dans lequel évolue les personnages, qui est le pouvoir en place, qui fait quoi et dans quel pétrin Amalia a réussi à se fourrer dès les premières pages. J’ai eu malgré tout un moment où j’ai trouvé que l’action ralentissait un peu et où je me suis demandée si l’auteur allait réussir à réinjecter du suspense mais celui-ci n’a pas duré, bien heureusement.

L’intrigue est prenante et bien menée, elle nous emmène d’un endroit à l’autre au rythme des complots qui se nouent. Ah les complots… J’adore ces discussions pleine de fiel que l’on peut trouver en fantasy, où un seul petit mot d’un personnage peut déclencher une guerre et où chaque intonation se doit d’être choisie avec réflexion. Amalia est encore jeune, elle ne s’est jamais réellement intéressée à tout ça et elle doit apprendre vite si elle veut pouvoir évoluer dans le panier de crabes dans lequel elle a mis les pieds.

Dans ce roman, nous plongeons au cœur d’un empire où les mages, nommés Faucons, sont entravés par un bracelet qui annihile leurs pouvoirs tant que le fauconnier auquel ils sont liés ne prononcent pas le mot de libération. Amalia n’a jamais souhaité devenir fauconnière. Zaira a tout fait pour ne jamais être entravée. Marcello est dévoué aux fauconniers et à leur maître. Ces trois personnages vont se retrouver aux prises avec des enjeux qui les dépassent et qui peuvent mener à la guerre.

Au niveau des personnages, hé bien c’est assez rare pour être signalé mais je les ai tous apprécié ! Même les plus retors le sont pour des raisons plausibles et aucun personnage n’est tout noir ou blanc. Les héros ne sont pas forcément courageux, les protagonistes ne sont pas forcément vils mais les forces en présence ont toutes leurs raisons d’agir comme elles le font. Est-ce qu’il s’agit de bonnes ou de mauvaises raisons ? Tout dépend du point de vue d’où l’on se place finalement. C’est l’une des choses que j’ai beaucoup aimé dans ce roman, la manière dont les personnages sont amenés et le fait qu’on ne sait pas toujours les choix qu’ils vont faire. Concernant les trois principaux, Amalia, Marcello et Zaira, ils évoluent tous les trois au fil du roman, passant de la fin de l’adolescence à l’âge adulte et au fait de devoir prendre leurs décisions par eux-mêmes. Ils se retrouvent au cœur du pouvoir, à choisir leurs positions et à devoir décider de qui ils ont envie d’être.

J’ai vraiment hâte de les retrouver pour la suite de leurs aventures et de découvrir qui ils vont devenir.

En bref un premier tome qui est selon moi une vraie réussite !

Phobie Douce – John Corey Whaley

 

Titre : Phobie Douce

V.O. : Highly Illogical Behaviour

Auteur : John Corey Whaley

Editeur : Casterman

Date de parution : 1er février 2017

 

 

  • Résumé (éditeur) :

De toute façon, Solomon n’avait jamais besoin de sortir de la maison. Il avait de la nourriture. Il avait de l’eau. Il pouvait voir les montagnes depuis la fenêtre de sa chambre. Ses parents étaient si occupés qu’il organisait sa vie à la maison à sa guise. Jason et Valérie Reed n’intervenaient pas, parce que finalement céder à leur fils était la seule solution pour qu’il aille mieux. À L’âge de seize ans, il n’avait pas quitté le domicile familial depuis trois années, deux mois et un jour. Il était pâle, assez souvent pieds nus, et allait plutôt bien.

 

  • Avis :

Sujet à des crises de panique régulières, Solomon a un jour trouvé comment les atténuer de façon radicale : en ne sortant plus de chez lui. Depuis trois ans, il vit donc reclus par choix dans la maison de ses parents et les seules autres personnes qu’ils côtoient sont sa mère, son père et sa grand-mère. Sa scolarité continue par correspondance et il a tout ce qu’il lui faut avec sa passion pour les séries, notamment pour Star Trek.

Pour Solomon, la situation est donc parfaite. Il a trouvé le moyen de juguler sa peur de l’extérieur et tout va bien pour lui. Malgré tout, il est bien conscient que ce qu’il vit rend la vie de ses parents compliquée et que ces derniers souhaiteraient qu’il aille mieux et se construise un avenir ailleurs qu’entre les murs de sa maison d’enfance.  Seulement, rien que l’idée de poser un orteil dehors est impensable pour le jeune homme.

L’agoraphobie est ici clairement désignée et l’auteur nous montre un adolescent qui sait parfaitement ce qu’il a et qui fait finalement de son mieux pour continuer à vivre malgré ses peurs. Ce n’est peut-être pas la meilleure solution mais qui sommes-nous après tout pour en juger ? Pourtant, Lisa décide de lui venir en aide et, par là, d’en faire le sujet de son mémoire pour entrer dans une grande université. Dit comme cela, il est vrai que Lisa parait bien antipathique et arrogante. Et, effectivement elle l’est. Malgré tout, chaque personne a ici un contexte et une personnalité qui permet au lecteur de le comprendre et, sans être forcément d’accord avec les personnages, d’avoir envie que tout finisse par s’arranger pour eux.

C’est en tout cas ce que j’ai ressenti pour Solomon, pour Lisa et pour Clark, le troisième larron de cette petite bande disparate qui se forme au fil des pages. Si Solomon est malade, les deux autres ont également des problèmes à gérer et c’est finalement un groupe d’amis qui appairait sous nos yeux, se découvrent et s’apprécient de plus en plus. Mais l’amitié peut-elle se baser sur un mensonge ?

J’ai passé un très bon moment avec ce roman dont je n’ai pas vu défiler les chapitres. Les émotions et les actions de chaque personnage sont crédibles et poussent le lecteur à mieux les comprendre. Autour de Solomon, il y a également sa famille et cette dernière, si elle ne souhaite que son bonheur, rêve qu’il passe un jour la porte de la maison et retourne dans le vaste monde. Malgré tout, aucun d’entre eux ne lui met la pression et on sent ici tout l’amour qui transparaît pour cet adolescent, qui est différent des autres et tellement aimé des siens.

Le roman aborde d’autres thèmes importants et je pense clairement qu’il s’agit là d’une histoire à mettre entre toutes les mains.

En bref un roman qui aborde le sujet de l’agoraphobie de manière intelligente et accessible, ce qui permet de parler de cette maladie bien rarement abordée dans un ouvrage jeunesse.