Cherche inspiration désespérément – Léane Morton

 

Titre : Cherche inspiration désespérément

Auteur : Léane Morton

Editeur : MxM Bookmark

Collection Infinity

Date de parution : 27 mai 2020

 

 

  • Résumé (éditeur) :
Moi, c’est Zoé Martin. Vingt-six ans tout juste, un boulot chiant et une toute nouvelle carrière d’auteur en auto-édition. Mon problème ? Je n’arrive pas à entamer l’écriture de ma seconde œuvre. C’est la page blanche et je finis par m’enfermer chez moi pour regarder des vidéos de chatons sur YouTube plutôt que d’enchaîner les mots sur Word. C’est quand je repousse un beau mec le soir de mon anniversaire que mes amies décident d’agir en orchestrant le kidnapping de mon ordinateur. Si je veux espérer revoir un jour mon cher et tendre complice technologique et terminer (OK ! entamer…) mon nouveau manuscrit, je vais devoir aller au bout de leurs défis.

 

  • Avis :
Le résumé m’a tout de suite donné envie de découvrir ce roman, notamment pour le côté procrastination (oui je l’avoue, c’est souvent mon cas concernant l’écriture) et je me suis lancée sans attendre dans cette histoire.
Et…J’ai un instant eu peur au début…. Parce que les défis des amies de Zoé, s’ils ne sont pas méchants, ne me paraissent pas très amicaux (en gros, si mes amies faisaient ça, hé bien clairement, pour moi cela voudrait simplement dire que ce ne sont pas mes amies). Mais cela colle au caractère de Zoé, que ses amies connaisse et je suis finalement entrée dans l’histoire assez rapidement.

 

Les défis en eux-mêmes apportent tous quelque chose à l’histoire et permettent à Zoé d’évoluer tout en ajoutant des petits moments drôles ou mignons à l’intrigue. Bien évidemment, il s’agit également d’une histoire d’amour et Xavier prend rapidement une place importante dans le récit. Roh Xavier, je l’ai beaucoup aimé ! Et c’est quelque chose qu’on voit assez peu dans les romans actuels mais Xavier est un homme qu’on a envie de rencontrer et qui prend son temps. Il n’est pas exempt de défauts certes mais j’ai aimé les petits détails qui font que Zoé craque. Quant à Zoé, ses remarques sont un régal et elle est facile à suivre et à comprendre.

 

L’histoire est bien menée et parle aussi bien d’écriture que de passion, de travail et de lâcher prise. Zoé n’arrive pas réellement à se concentrer et se met une pression énorme pour réussir à écrire. Qui n’a jamais mis tout son cœur dans quelque chose et a peur de le foirer ? La procrastination de Zoé m’a clairement parlé, tout comme les heures qui défilent une fois lancée mais également le côté à préférer rester pépère à la maison devant son ordinateur. Zoé est une héroïne facile à comprendre et à apprécier et j’ai passé un très bon moment en sa compagnie.

 

Un petit point aussi sur l’escape game qui nous est présenté dans le roman : j’adore les escape game et celui-ci m’aurait tellement donné envie de le tenter s’il existait !

 

En bref une lecture légère, pleine d’humour et de jolis moments que j’ai beaucoup apprécié !

 

I love you so mochi – Sarah Kuhn

 

Titre : I love you so mochi

Auteur : Sarah Kuhn

Traducteur : Camille Cosson

Editeur : Fleurus

Date de Parution : 10 janvier 2020

 

 

  • Résumé (éditeur) :

Kimiko, jeune Californienne d’origine japonaise, prépare son admission dans une université d’arts réputée. Seulement, voilà : depuis plusieurs mois, elle est incapable de dessiner quoi que ce soit.

Malgré la peur grandissante de décevoir sa mère, qui ignore la crise qu’elle traverse, ses toiles restent désespérément blanches, au profit de créations plus récréatives, comme la robe en emballages de sucreries qu’elle a réalisée pour sa meilleure amie, Bex.

Alors, quand ses grands-parents restés au Japon l’invitent à leur rendre visite, elle saute sur l’occasion pour se libérer de l’atmosphère étouffante qui a envahi la maison.

Arrivée sur place, elle a tôt fait de se perdre dans le dédale des rues de Kyoto. Et c’est au détour d’une boutique de mochis, cette délicieuse pâtisserie aux couleurs du printemps, que Kimi fait la rencontre d’un jeune étudiant pas comme les autres, Akira, qui va se donner pour mission de l’aider à trouver sa voie…

 

  • Avis :

En lisant le résumé, je n’ai pas pu m’empêcher de me lancer dans ce roman. Vous le savez peut-être mais j’adore le Japon et j’ai eu la chance de me rendre deux fois à Tokyo et dans les alentours. Je suis donc souvent très curieuse des romans qui s’y déroule.

L’histoire nous présente Kimiko, elle est en dernière année de lycée et elle doit rendre un travail de peinture pour être accepté dans la fac d’arts à laquelle elle a postulé. Sauf que, depuis quelques temps, Kimi ne peint plus et elle n’ose pas le dire à ses parents de peur de les décevoir. Alors, elle coud et se noie totalement dans le déni.

Ce roman aborde avec douceur le problème de l’incompréhension entre les adolescents et leurs parents. Entre ce que ces derniers peuvent souhaiter de meilleur à leur progéniture mais également les rêves qu’ils placent parfois en eux sans se rendre compte que ceux-ci ne sont pas en adéquation avec les souhaits des concernés.

Les parents de Kimi veulent le bonheur de celle-ci et elle en est consciente mais alors justement… comment leur faire comprendre que ce qu’ils ont prévus n’est pas ce qu’elle, elle veut ? Kimi est un personnage attachant, totalement perdue entre ce qu’elle aime faire, le fait qu’elle veut rendre sa mère heureuse et le fait qu’elle a pris conscience que la peinture ne l’amuse plus. Alors en faire son métier après des études laborieuses ? Encore moins.

Le fil du conducteur du roman parle d’une fuite en avant et c’est l’une des raisons pour lequel ce roman me tentait également de façon très personnelle. Mon second voyage à Tokyo a été similaire à celui de l’héroïne dans la manière dont il s’est déroulé. Ma situation familiale était très complexe et ce voyage a été une fuite autant qu’un moyen de me ressourcer. Être a des milliers de kilomètres pour prendre le temps de souffler, c’est ce que j’ai eu besoin de faire et je ne pouvais donc que totalement comprendre Kimi sur ce point.

Sa fuite à elle lui permet de rencontrer ses grands-parents maternels et donc de mettre les pieds dans les relations conflictuelles entre sa mère et sa grand-mère. On a tous des histoires de familles, qui se finissent plus ou moins mal et où, parfois, on regrette finalement de ne pas avoir creusé avant qu’il ne soit trop tard.

Tout en découvrant ses grands-parents et l’histoire de sa mère, Kimi découvre également le Japon et se découvre elle-même. Grâce à Akira qui l’emmène dans un périple des lieux à découvrir autour de Kyoto. Akira qui a lui aussi des soucis familiaux et qui, s’il sait quel  est son rêve, pose la question de ce qui est le plus important pour chacun d’entre nous.

J’ai adoré les petites interjections en langue japonaise qui parsèment le texte mais je me demande si, pour quelqu’un qui ne les comprends pas, ce n’est pas embêtant de devoir aller à chaque fois en fin de roman (cela aurait peut-être été plus pratique de faire une note de bas de page ? )

Le roman aborde également avec délicatesse les problèmes rencontrés par les japonais immigrés aux Etats-Unis lors de la seconde guerre mondiale et j’ai donc appris beaucoup dans ce roman.

Au final, il s’agit d’un roman qui contient bien plus que ce que son apparence ne suggère. Oui, il est feel-good, mignon et avec des personnages adolescents. Mais ceux-ci sont profond et les histoires que nous content l’auteur le sont également.

En bref un roman que j’ai adoré et que je vous invite à découvrir pour passer un très bon moment tout en réflexion.

 

Romance – Arnaud Cathrine

Titre : Romance

Auteur : Arnaud Cathrine

Editeur : Robert Laffont

Collection R

Date de parution : 2 janvier 2020

 

 

  • Résumé (éditeur) :

C’est le mojito.
C’est un léger accident.
C’est parce qu’il n’a pas rencontré de fille.
C’est parce que je n’ai pas rencontré de garçon.
C’était juste pour essayer.
C’est pour avoir tout fait ensemble.
C’est pour tous les amis pareil.
C’est entre lui et moi.
C’est la première et la dernière fois.
C’est rien.
Ça va passer.

 

  • Avis :

Même si j’ai beaucoup entendu parler du roman A la place du cœur, c’est la première fois que je lisais un roman d’Arnaud Cathrine et j’espère que ce ne sera pas la dernière car j’ai beaucoup aimé sa plume. On est rapidement plongé dans l’histoire et celle-ci est fluide, faisant que les page se tournent très vite.

Ce roman, c’est l’histoire d’un premier amour, avec tout ce qu’il implique de bonheur, d’émotion, de doutes et de peur. Vince est un romantique dans l’âme, il a dix-sept ans et il rêve d’être amoureux. Il veut se lancer dans l’amour tête baissée, aimer à la folie et être aimé en retour. Et, lorsqu’il tombe amoureux, Vince l’est à fond. Il est également comme ça dans la vie finalement, il prend tout à bras le corps, ses émotions sont fortes et le dominent parfois et il ne fait rien à moitié.

Le roman pose aussi la question d’être gay dans un monde qui ne vous accepte pas toujours. Vince revendique un monde où l’amour serait considéré comme de l’amour, point. Un monde qui devrait couler de source qui est considéré comme « idéal ». Il pose également la question d’être soi-même dans ce monde-là et d’assumer d’être qui on est. Pourquoi devrait-il être courageux d’assumer ce qui est normal lorsqu’on est hétérosexuel et devrait l’être également lorsqu’on est homosexuel ?

Si ce roman est donc un roman sur le premier amour, c’est également un roman sur l’adolescence et tout ce qu’elle implique d’émotions contradictoires. Vince n’est clairement pas un personnage tout lisse et ses émotions rythme le texte comme elle rythme l’adolescence.

Ce ne sera pas une surprise si je vous dis que je suis mitigée sur la fin, tout simplement parce qu’il s’agit d’une fin ouverte. Elle est cependant parfaite avec l’histoire que nous découvrons dans le roman même si je n’aime pas laisser les personnages sur quelque chose de « pas terminé ». Mais Vince va continuer sa vie, il a dix-sept ans, de nombreuses possibilités s’ouvrent à lui et c’est très bien comme ça.

En bref un roman que j’aurai lu très vite, plein d’émotions et qui vous entraîne avec Vince sur les hauts et les bas d’un premier amour. Un roman qui m’aura donné envie d’en découvrir d’autres de l’auteur.

 

« Le monde doit être post-gay ![…] Un monde où les homosexuels pourraient se définir par autre chose que leur sexualité. […] Moi, ça me gave, euh, ça m’ennuie d’être différent, d’être un problème. Je ne suis pas un problème. Et vous non plus. Je ne suis pas que gay. »

« Me protéger ? Mais ça ne va pas du tout avec l’amour, Rokia ! Peut-être que ça t’arrange, toi, de te protéger (ce qui expliquerait, au passage, pourquoi tu n’es plus jamais tombée amoureuse depuis Yohann), mais moi, je te dis que c’est le contraire de l’amour. L’amour, c’est danger de mort. Ou rien. »

 

Un Noël Chat-leureux – Mary Ann P. Mikael

badge ZehrinaTitre : Un Noël Chat-leureux

Auteur : Mary Ann P. Mikael

Editeur : MxM Bookmark

Collection : Reines-Beaux

Date de Parution : 20 novembre 2019

  • Résumé (éditeur) :

Mais pourquoi avait-elle dit oui ? Laura accepte d’écrire une chanson pour le calendrier de l’avent du journal pour lequel elle travaille. Mais rien ne vient. Essayant de trouver l’inspiration, elle passe ses journées à fixer son écran d’ordinateur assise à la même table du café où elle vient tous les jours. Quand soudain, elle percute Alice. Un café renversé, un manteau taché et une rencontre qui s’annonce inoubliable.

Les fêtes de fin d’année qui s’annonçaient catastrophiques commencent à prendre un nouveau tournant. Laura découvre Alice et sa passion pour les animaux, son rire merveilleux, ses yeux magnifiques… Serait-ce le coup de foudre digne d’un téléfilm de Noël ?

  • L’avis de Zehrina

« Un Noël Chat-leureux » est un petit livre idéal pour la période des fêtes, rapide et agréable à lire. Même si l’histoire est assez prévisible, les personnages et les événements sont crédibles, j’ai bien aimé suivre leurs péripéties et la romance naissante entre Laura et Alice.  Pour ne rien gâcher, une belle place est laissée aux animaux, bien évidemment aux félins en priorité ! Etant amoureuse des animaux et heureuse propriétaire d’un chat, je me suis sentie touchée par cet axe de l’histoire autour des animaux abonnés et du lien entre Laura et Caféine. Je regrette peut être un peu qu’on ai au final très peu le ressenti d’Alice, ça aurait pu être sympa de développer ce côté là aussi. J’ai aussi un petit bémol sur certaines tournures de phrases peu claires pour moi (et quelques petites fautes d’orthographe qui sont passées entre les mailles du filet de correction), mais l’écriture reste toutefois plaisante à lire et j’aimerais retrouver la plume de l’auteur à l’avenir !


Cette nouvelle est une agréable lecture, sans prise de tête et qui donne le sourire, exactement à la façon d’un téléfilm de Noël. 


Merci aux éditions MxM Bookmark et à Netgalley pour cette découverte ~

Silver Batal & le Dragon d’eau – K. D. Halbrook

Titre : Silver Batal & le Dragon d’eau

V.O. : Silver Batal and the Water Dragon Races

Auteur : Kristin Halbrook

Editeur : Lumen

Date de Parution : 6 Juin 2019

 

 

  • Résumé (éditeur) :

Silver Batal habite une ville fascinante au milieu du désert : perchés à flanc de falaise, des dizaines d’ateliers accueillent les artisans les plus divers – potiers et joailliers, ébénistes et souffleurs de verre. À treize ans, elle est censée travailler dur pour succéder à son père, l’un des bijoutiers les plus renommés de la région. Seul problème ? Son cœur n’appartient pas au désert, mais aux flots de l’océan : elle rêve de participer aux courses de dragons d’eau qui, chaque année, font vibrer le pays tout entier.
Justement, le destin ne tarde pas à frapper à sa porte : Nebekker, vieille tisserande avec laquelle elle s’est liée d’amitié, la mène jusqu’à Hiyyan, un petit dragon capable – ô miracle – non seulement de nager, mais aussi de voler ! Risquant le tout pour le tout, Silver et son cousin Brajon partent pour la cité royale, où doit justement se tenir une grande course. Créatures des cavernes et renards du désert, circuits créés par magie sur l’océan peuplés de tourbillons et de vagues impressionnantes… les pires dangers attendent nos deux héros. À commencer par Sagittaria Prodigo, la dresseuse de dragons d’eau favorite de la reine – la féroce adversaire qui a osé enlever la mère d’Hiyyan !

 

  • Avis :

Le roman nous présente une petite ville en plein milieu du désert où chacun se connaît et où, bien souvent, votre futur métier dépend de vos origines et du métier de vos parents. Ainsi, Silver doit hériter de la joaillerie de son père et se doit donc d’être douée et concentrée. Mais, du haut de ses treize ans, Silver ne rêve que de dragon d’eau et de partir à la ville.

Dès les premières pages, on comprend vite que Silver est une rêveuse, qu’elle sait ce qu’elle veut et qu’elle fera tout pour l’obtenir. Quitte à blesser les gens autour d’elle. Ce côté de sa personnalité m’a parfois gênée au fil du roman mais est parfaitement compréhensible avec son âge et avec ses souhaits. De plus, il permet de voir l’évolution de Silver lorsqu’elle passe du monde qu’elle connait à celui dont elle rêve et qui se trouve être différent de ses envies.

Le roman aborde de nombreuses notions importantes et le fait de façon crédible. On y parle d’amitié, d’ambition, de préjugés, de liens familiaux, de responsabilité… Mais tout se fait au fil du roman, de l’intrigue et des rencontres. J’ai souvent des coups de cœur pour certains personnages lors de ma lecture et, pour cette fois, mes deux coups de cœur vont à deux des personnages masculins : Brajon et Ferdi. Le côté égoïste de Silver me la parfois rendue trop antipathique pour que je l’apprécie réellement.

Au niveau de l’intrigue, on découvre un tout nouvel univers auquel j’ai totalement adhéré. Il est très facile d’entrer dedans et tout y est expliqué tranquillement. Les règles auxquelles devraient se plier Silver, ses envies, ses passions et les attentes des gens autour d’elle se heurtent rapidement et lancent le fil de l’intrigue sans attendre. Beaucoup de péripéties se déroulent et permettent de mettre en place le caractère de chaque personnage. Même si tous les événements ont finalement une utilité au fil du roman, j’ai trouvé le milieu malgré tout un peu long et j’étais contente qu’ils arrivent à la ville, où le roman prend un nouveau souffle.

Et évidemment Hiyyan est un régal et permet de poser la notion des responsabilités qu’on doit avoir lorsqu’on a la charge d’un animal, quel qu’il soit. J’ai beaucoup aimé les légendes qui parsèment le texte et la notion de lien qui se tend entre un dragon et un humain.

En résumé un roman de fantasy entraînant, avec une intrigue bien ficelée qui tient toutes ses promesses.

 

Une nouvelle moisson, T2 Le Sanctuaire – Eli Easton

 

Titre : Le Sanctuaire

V.O. : Tender Mercies

Série : Une nouvelle moisson

V.O. : Men of Lancaster County

Auteur : Eli Easton

Editeur : MxM bookmark

Date de parution : 25 Septembre 2019

 

 

  • Résumé (éditeur) :

Eddie Graber rêvait de bâtir un sanctuaire pour animaux de ferme rescapé, et celui-ci était sur le point de se réaliser avant que son partenaire se retire à la dernière minute. Désormais, Eddie risque de perdre la propriété de dix hectares dans le comté de Lancaster – et tous les espoirs qu’il y avait mis – avant même que le projet ne démarre. Il a besoin d’aide, il a besoin d’argent, mais surtout, il a besoin de retrouver la croyance en un but supérieur qui l’a amené jusque-là avant tout ça.
Samuel Miller a travaillé dur pour s’intégrer dans sa communauté amish malgré son pied bot. Mais quand son père apprend que Samuel est gay, il est fouetté et rejeté. Avec à peine quelques centaines de dollars en poche, il répond à une annonce pour un ouvrier agricole et se retrouve employé par un citadin qui se fait des idées étranges sur les animaux, qui n’a pas la moindre idée de comment diriger sa petite ferme, mais qui a le cœur sur la main.
Samuel n’est pas la seule âme en perdition à avoir trouvé par hasard son chemin jusqu’à Meadow Lake Farm. Il y a aussi Fred et Ginger, deux vaches qui vivaient dans un garage, une bande de moutons et un petit cochon noir nommé Benedict qui pourrait être la clé de la vie, de l’amour, de l’argent et même d’un avenir heureux pour deux reclus de la société.

 

  • Avis :

Je n’ai pas lu le précédent tome donc je peux vous dire que celui-ci est parfaitement compréhensible seul (et il m’a donné envie de découvrir le premier).

Eddie est un jeune homme qui se lance dans la réalisation de son rêve : bâtir un refuse pour les animaux de ferme. Problème : alors qu’il était en couple, son petit ami le quitte la veille du déménagement. Ce qui pose donc le problème de la tristesse et de la trahison d’une part bien évidemment, mais également le soucis économique d’un salaire en moins lorsqu’on a un prêt à assumer et donc des remboursements à assurer. Nous découvrons donc un Eddie plus terrifié par son avenir qu’heureux de réaliser son rêve.

Quant à Samuel, c’est un jeune amish de dix-neuf ans qui, outre son pied bot, est homosexuel. Le fait de trop pour son père qui l’exile donc de la maison, plongeant ce garçon rêveur dans le vaste monde.

Ces deux hommes ne sont donc pas au plus haut de leur forme au début du roman et on plonge vite dans leurs soucis, qu’ils soit personnels ou professionnels. J’ai apprécié le côté très réaliste des soucis d’Eddie qui confronte la réalité au rêve et qui démontre que réussir à atteindre ses rêves demande forcément une implication totale.

Le concept de communauté est aussi intéressant car il comporte le côté positif mais aussi négatif. Une communauté restreinte, aux pensées figées implique souvent un moule duquel il n’est pas possible de dévier. Et amène un rejet lorsque c’est le cas. Mais une communauté ouverte permet au contraire de trouver de la collaboration, de l’aide et des manières d’affronter différemment ses problèmes.

Le roman propose aussi une réflexion sur la maltraitance des animaux de ferme, problème sur lequel nous sommes assez peu informé finalement. Les médias insistent régulièrement sur les animaux de compagnies qui sont sous nos yeux, sur les animaux sauvages en voie d’extinction mais très peu sur les animaux de ferme. Or, ceux-ci méritent également de bonnes conditions de vie. L’histoire ici nous fait nous attacher à ces animaux qu’on voit peut-être moins si on habite en pleine ville. Les manières d’Eddie et de Samuel de voir ces animaux divergent et il est justement intéressant de les confronter.

Les deux personnages évoluent clairement au fil de l’histoire et il est très facile de s’attacher à eux. La gentillesse et la candeur de Samuel, son envie de pouvoir être qui il est et ses réflexions serrent parfois le cœur. Samuel est l’un de ces personnages qu’il est très facile d’aimer tant il a l’impression de ne pas avoir droit d’être lui-même et de devoir s’excuser tout le temps d’être là. On voit bien ici les répercussions de la violence subie dans l’enfance et le fait d’être rabaissé par les autres. Quant à Eddie, son stress est palpable et son envie de bien faire se heurte à ce qu’il pense avoir le droit de réussir. C’est une situation dans laquelle on peut se reconnaître et l’un des possibles blocages à la réussite d’un rêve.

Un mot aussi sur Bennedict qui donne carrément envie d’avoir un cochon !

En bref un ouvrage sur la difficulté de réaliser ses rêves et l’importance d’être soi-même pour être bien dans sa peau. Un roman qui m’aura fait passer un très bon moment.

 

 

Colin & Hunter, T1 Quelques secondes – Séverine Balavoine

 

Titre : Colin & Hunter

Série : Quelques secondes

Auteur : Séverine Balavoine

Editeur : Reines-Beaux

Date de parution : 4 septembre 2019

 

 

  • Résumé (éditeur) :

Colin a cessé de vivre pour lui le jour où un drame est venu bouleverser sa famille. Du jour au lendemain, il abandonne ses études pour s’occuper de sa famille et trouve un travail dans une petite boutique de musique. Mais ce n’est pas une vie pour un jeune de son âge. Ses proches décident de lui faire comprendre qu’il doit penser un peu à lui.
Colin décide de les écouter et de prendre son indépendance. Alors qu’il se reconstruit peu à peu, une rencontre imprévue va changer sa vie en quelques secondes. Hunter, un boulanger bien dans ses baskets, va s’immiscer dans son quotidien et lui montrer que l’amour peut surgir n’importe où et prendre un visage inattendu.
Colin va devoir comprendre et accepter cette nouvelle attirance s’il veut être de nouveau heureux.

 

  • Avis :

Lorsque j’ai terminé ce roman, la première pensée qui m’est venue pour le décrire c’est la douceur. L’histoire n’est pas complexe, elle parle d’un jeune homme qui a abandonné ses rêves pour sa famille et qui, en retrouvant son indépendance, découvre aussi une nouvelle façon d’aimer. Mais la simplicité ne signifie pas qu’il n’y a pas d’émotions, bien au contraire. Colin et Hunter font sourire et serre le cœur.

De nombreux sujets sont abordés dans ce roman et ils le sont avec délicatesse. Qu’il s’agisse de la culpabilité de continuer à vivre après la mort d’un être cher, la peur du rejet familial ou amical ou la découverte de sa sexualité, plusieurs notions sont amenées et on se retrouve totalement plongé dans les doutes et les envies de Colin. On pourrait peut-être penser que tout se passe trop bien mais… après tout, pourquoi faudrait-il toujours que tout se passe mal ? Pourquoi les gens devraient-ils forcément être arriérés ?

L’histoire pose une notion essentielle : on a le droit d’aimer et d’être aimé en retour. Peu importe que la personne dont vous soyez amoureux soit de votre sexe ou non. Une chose importante aussi : il est parfois plus difficile de faire tomber ses propres barrières sur le sujet, d’accepter nos sentiments et de les assumer devant les autres. Parce que c’est parfois notre propre conditionnement qui nous fait avoir peur des réactions d’autrui.

Un mot aussi sur la musique qui est une entité à part entière dans le roman et amène une ambiance particulière. J’ai apprécié tous les petits clins d’œil à certaines musiques de films et certains passages de cinéma. Tout comme j’ai trouvé intéressant de découvrir des musiciens que je ne connaissais pas forcément réellement. Ce thème musical tient sa source dans la passion de Colin tout autant que dans son travail et démontre qu’on peut réussir à rebondir même lorsque l’on doit mettre de côté ce que l’on aime pour quelque chose ou quelqu’un qu’on aime plus encore. Mais que, à un moment, il convient surtout de vivre pour soit. Ce qui ne signifie pas être égoïste car, clairement, ce n’est pas le message que véhicule ce roman. Mais il rappelle qu’on doit tout autant prendre soin de nous-mêmes que des autres car ce n’est pas en s’effaçant qu’on sera ni qu’on rendra les autres heureux.

En bref un roman plein d’émotions sur le fait de se découvrir soi-même et sur l’importance du soutien amical et familial.