I love you so mochi – Sarah Kuhn

 

Titre : I love you so mochi

Auteur : Sarah Kuhn

Traducteur : Camille Cosson

Editeur : Fleurus

Date de Parution : 10 janvier 2020

 

 

  • Résumé (éditeur) :

Kimiko, jeune Californienne d’origine japonaise, prépare son admission dans une université d’arts réputée. Seulement, voilà : depuis plusieurs mois, elle est incapable de dessiner quoi que ce soit.

Malgré la peur grandissante de décevoir sa mère, qui ignore la crise qu’elle traverse, ses toiles restent désespérément blanches, au profit de créations plus récréatives, comme la robe en emballages de sucreries qu’elle a réalisée pour sa meilleure amie, Bex.

Alors, quand ses grands-parents restés au Japon l’invitent à leur rendre visite, elle saute sur l’occasion pour se libérer de l’atmosphère étouffante qui a envahi la maison.

Arrivée sur place, elle a tôt fait de se perdre dans le dédale des rues de Kyoto. Et c’est au détour d’une boutique de mochis, cette délicieuse pâtisserie aux couleurs du printemps, que Kimi fait la rencontre d’un jeune étudiant pas comme les autres, Akira, qui va se donner pour mission de l’aider à trouver sa voie…

 

  • Avis :

En lisant le résumé, je n’ai pas pu m’empêcher de me lancer dans ce roman. Vous le savez peut-être mais j’adore le Japon et j’ai eu la chance de me rendre deux fois à Tokyo et dans les alentours. Je suis donc souvent très curieuse des romans qui s’y déroule.

L’histoire nous présente Kimiko, elle est en dernière année de lycée et elle doit rendre un travail de peinture pour être accepté dans la fac d’arts à laquelle elle a postulé. Sauf que, depuis quelques temps, Kimi ne peint plus et elle n’ose pas le dire à ses parents de peur de les décevoir. Alors, elle coud et se noie totalement dans le déni.

Ce roman aborde avec douceur le problème de l’incompréhension entre les adolescents et leurs parents. Entre ce que ces derniers peuvent souhaiter de meilleur à leur progéniture mais également les rêves qu’ils placent parfois en eux sans se rendre compte que ceux-ci ne sont pas en adéquation avec les souhaits des concernés.

Les parents de Kimi veulent le bonheur de celle-ci et elle en est consciente mais alors justement… comment leur faire comprendre que ce qu’ils ont prévus n’est pas ce qu’elle, elle veut ? Kimi est un personnage attachant, totalement perdue entre ce qu’elle aime faire, le fait qu’elle veut rendre sa mère heureuse et le fait qu’elle a pris conscience que la peinture ne l’amuse plus. Alors en faire son métier après des études laborieuses ? Encore moins.

Le fil du conducteur du roman parle d’une fuite en avant et c’est l’une des raisons pour lequel ce roman me tentait également de façon très personnelle. Mon second voyage à Tokyo a été similaire à celui de l’héroïne dans la manière dont il s’est déroulé. Ma situation familiale était très complexe et ce voyage a été une fuite autant qu’un moyen de me ressourcer. Être a des milliers de kilomètres pour prendre le temps de souffler, c’est ce que j’ai eu besoin de faire et je ne pouvais donc que totalement comprendre Kimi sur ce point.

Sa fuite à elle lui permet de rencontrer ses grands-parents maternels et donc de mettre les pieds dans les relations conflictuelles entre sa mère et sa grand-mère. On a tous des histoires de familles, qui se finissent plus ou moins mal et où, parfois, on regrette finalement de ne pas avoir creusé avant qu’il ne soit trop tard.

Tout en découvrant ses grands-parents et l’histoire de sa mère, Kimi découvre également le Japon et se découvre elle-même. Grâce à Akira qui l’emmène dans un périple des lieux à découvrir autour de Kyoto. Akira qui a lui aussi des soucis familiaux et qui, s’il sait quel  est son rêve, pose la question de ce qui est le plus important pour chacun d’entre nous.

J’ai adoré les petites interjections en langue japonaise qui parsèment le texte mais je me demande si, pour quelqu’un qui ne les comprends pas, ce n’est pas embêtant de devoir aller à chaque fois en fin de roman (cela aurait peut-être été plus pratique de faire une note de bas de page ? )

Le roman aborde également avec délicatesse les problèmes rencontrés par les japonais immigrés aux Etats-Unis lors de la seconde guerre mondiale et j’ai donc appris beaucoup dans ce roman.

Au final, il s’agit d’un roman qui contient bien plus que ce que son apparence ne suggère. Oui, il est feel-good, mignon et avec des personnages adolescents. Mais ceux-ci sont profond et les histoires que nous content l’auteur le sont également.

En bref un roman que j’ai adoré et que je vous invite à découvrir pour passer un très bon moment tout en réflexion.